Samedi, le 28, pour ceux, nombreux, qui aiment avoir quelques repères
chronologiques, nous partons fièrement serrés tous les quatre dans notre petite
Chevrolet, qui s’avère finalement relativement confortable et spacieuse. Il
faut dire qu’il n’y reste que l’essentiel, sa rusticité s’adapte
assez bien au pays. Nous partons pour les vallées Calchaquies et la Quebrada de
Las Flechas, un petit circuit de trois jours dans un haut lieu touristique de
la région de Salta, qui en compte beaucoup. Passés les faubourgs de la ville,
on entre très vite dans les contreforts de la montagne,
la vallée verdoyante s’étire
entre les falaises rouges, elle fait
place aux étendues arides, minéralité infinie ponctuée de cactus. On prend la
piste 33, on nous l’a conseillée, effectivement elle est déserte et magnifique.
La petite voiture peine parfois, la garde au sol est un peu juste, il faut
négocier certains passages, mais le jeu en vaut la chandelle ! Au km 14,
le spectacle est magnifique, un dégradé de couleurs qui se décline jusqu’à l’horizon…
Demi-tour, on retourne sur la route principale pour ne pas rater Cachi, un des
plus beaux villages de la région. On retrouve la Recta Tin Tin, la ligne droite
d’altitude la plus haute du monde,
qui passe au milieu des vigognes et des lamas…
Puis c’est Cachi, ses maisons blanches, le rio en bas, petit village adossé à
la colline. 
| des lamas mais pas que... |
C’est tranquille et agréable malgré la renommée touristique. La
nationale 40 continue vers le sud, elle se fait piste, sinue par endroit, se
rétrécit jusqu’à ne plus être qu’une mince bande rouge qui se coule entre les
falaises et le rio. A Seclanclas on cherche la finca de Berta,
une auberge
tenue par une amie et protégée de Colette et Luc. Elle se trouve à plusieurs kms
de piste du village, perdue au bout du monde.
Berta nous accueille dans son petit coin de paradis, paradis pour nous,
touristes lointains venus à la recherche de coins magiques. Pour elle, c’est
peut-être plus proche du purgatoire…
Le lendemain, on continue en direction de Cafayate, la petite ville la
plus touristique du coin, connue non seulement pour sa position privilégiée au
carrefour des plus belles quebradas de la région, mais aussi pour sa production
de vin, les « torrontes » blancs qui, ma foi, se laissent déguster !
La route 40, continue ses magnificences, frôle la Quebrada de Las Flechas, s’enfonce
à regret entre des murs rouges, 
rejoint le rio Calchaqui, la plaine et nous amène à
Cafayate. C’est une petite ville agréable, un peu trop touristique à notre
goût. En plus des lamas, ils ont aussi trouvé des pigeons dans le coin !
On dort dans l’hôtel « Asembal », Si ! Si ! On ne rit pas ! Hé bien, on en
a pour son argent ! Excellent rapport qualité- prix !
Lundi, en route pour un site archéologique réputé, Quilmès. C’est un
village reconstitué des indiens Quilmès, qui dans les années 1400, ont résisté
un peu aux Incas qui agrandissaient leur territoire vers le sud, un peu plus
aux espagnols qui agrandissaient le leur vers l’ouest lointain. Du coup ils ont
été déportés et voués à la construction de Buenos-Aires… L’histoire ne se renouvelle pas tellement !
| les ruines arrangées de Quilmes |
C’est intéressant, mais on manque de données archéologiques pour
vraiment se passionner. Le site est beau, aride, échelonné sur une pente avec
deux promontoires qui servaient de forteresses. Faute de guide parlant
français, on se contentera de nos propres
hypothèses sur le ravitaillement en eau de ce gros village… Un peu plus loin on
visite une sorte de musée étrange, œuvre d’un artiste argentin, homme d’affaires
avisé aussi, car il a fait fortune en vendant aux touristes des objets
fabriqués avec les motifs indiens traditionnels. Je m’attendais un peu à une
sorte de galerie Jull’s, comme en Finlande, mais non, le contenu est assez
pauvre, mais l’extérieur mérite le coup d’œil !
Vite on remonte sur Cafayate, pour, en début d’après-midi, profiter
des meilleures lumières sur la Quebradas de Las Conchas.
La route est bonne, le
soleil chaud, le ciel d’un bleu magnifique et les différents points de vue
rivalisent, de surenchères en surenchères pour nous éblouir, nous étonner. Il y
a bien sûr, les « colorados » ces murailles rouges, pitons qui se
dressent, se crénèlent parfois, ou deviennent cheminées de fées, se creusent en
vastes excavations sonores, se plissent et se contorsionnent en d’invraisemblables
circonvolutions…
Bref une féerie, sur une trentaine de kms. La route qui nous
ramène à Salta nous paraît ensuite bien fade, presque monotone…
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