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19 janvier 2024

Huaraz-


 Entre Cordillère Blanche et Cordillère Noire




Huaraz est la ville principale d’une vallée fertile nichée entre les deux cordillères, une ville sans cachet particulier, récente, car détruite par le tremblement de terre de 1970 et qui ressemble à toutes les villes et villages du Pérou, une suite de bâtiments jamais terminés, aux tristes façades de briques. Mais elle est animée, vivante, bienveillante et le point de départ d’innombrables treks, randonnées, excursions. Nous avons choisi de faire trois excursions à notre portée, car le point de départ, Huaraz est déjà à 3100 mètres d’altitude. D’ailleurs la première journée d’organisation a été bien utile et à peine suffisante pour s’acclimater.



Le but de la première, lundi était la laguna Llanganuco Chinancocha, mais aussi, et nous ne l’avions pas bien compris une visite mémorielle à la ville de Yungay, rayée de la carte en 70, par le tremblement de terre et l’avalanche qui l’a suivi. 90 survivants seulement !



    Bon, on a compati, et grimpé en minibus, (toutes nos excursions se font dans ce type de véhicule avec des groupes hétérogènes et une guide) jusqu’à la lagune. Un lac de montagne, joli certes, aux eaux glaciaires d’un bleu laiteux, mais on a déjà vu beaucoup. Nos compagnons de route tous péruviens et souvent en famille, achètent toutes les bricoles et grignotages que proposent les vendeuses à la sauvette, font un tour en barque sur le lac, ils sont en vacances ! Nous préférons suivre un joli sentier qui longe une rive du lac au milieu d’une forêt de queñales. Le retour, très long avec des arrêts commerciaux vraiment superflus et inintéressants, nous a déçus. C’était une journée de mise en train !

La deuxième visite avait elle pour but le site archéologique de Chavin, à environ deux heures et demie de route d’Huaraz. La route pour y aller est très belle, avec un court arrêt pour contempler le lac de Querococha, puis la grimpette reprend jusqu’à 4500 m d’altitude au tunnel qui franchit la dernière crête et permet de redescendre sur la vallée de Chavin. Des longues explications de la guide sur la culture Chavin, la première des cultures amérindienne, presque 2000 ans avant les incas et la conquête espagnole, on a surtout retenu que l’on n’en savait pas grand-chose, à part le nom des découvreurs et leur histoire… Mais j’ai sans doute pas tout compris ! Les guides sont locaux bien sûr et parlent espagnol, mais souvent mettent en avant leur culture andine et la persistance du quechua. Cela ne nous facilite pas forcément la compréhension ! Le site par lui-même est intéressant, du moins pour ceux qui aiment ce genre de chose, car infiniment moins spectaculaire que ses homologues incas, mayas, ou, pour être dans la même époque, égyptiens. Mais nous voulions connaître d’autres cultures préhispaniques, que les trop célèbres incas, c’est un début. Pendant la visite de belles averses orageuses nous ont copieusement douchés et le retour sur la longue route s’est effectué sous un déluge.




La troisième excursion, celle d’aujourd’hui, nous semblait compromise par le temps annoncé. Mais non, le bus est arrivé avec seulement une demi-heure de retard et en route pour Pastoruri où nous aurons beau temps toute la journée. Là, pas d’arrêt, juste une petite pause technique et on grimpe. 



D’abord par la route, puis une fois dans le parc, par une longue piste. On traverse ainsi des paysages magnifiques, on s’arrête pour voir une résurgence d’eau gazeuse, mais comme on n’a pas le droit d’y goûter je ne peux la situer entre la Perrier et la Saint Yorre ! 


Un peu plus loin on traverse un paysage peuplé d’étranges plantes des Puyas raimondii, qui poussent leurs fleurs au bout d’un mat de plusieurs mètres et meurent ensuite épuisées par l’effort. 

Enfin, on arrive à 4800 mètres d’altitude point d’arrêt des bus et de départ de la balade. Pas très longue, 2,5 km, avec à peine 200m  de dénivelée, de quoi atteindre le glacier et dépasser de peu les 5000 mètres ! 



Il nous a fallu 45 mn et de nombreuses haltes pour arriver au bout de ce chemin bétonné et contempler depuis le mirador le Pastoruri, un glacier bien malade, qui recule, recule. 2023 et ses records de chaleur, lui a creusé une énorme cavité dans laquelle il s’épanche et se perd. Essoufflés et fiers de l’être nous avons pour une fois pris la pose et avons immortalisé notre record d’altitude. Les péruviens du minibus nous ont gentiment mis la pression et à leur demande instante nous avons échangé notre premier baiser à plus de 5000 ! Il sera sans doute le dernier et pour le plus de 6000, prière d’attendre une autre vie !


Nous sommes redescendus sans la pluie annoncée et plus facilement. Malgré un changement de roue, le retour s’est fait un peu plus tôt que les précédentes sorties. Nous sommes très contents de ces excursions, malgré certains aspects qui nous déplaisent mais qui, visiblement, satisfont tous nos co-excursionnistes. La qualité des paysages et des sites vaut largement quelques menus aménagements à notre conception très personnelle du voyage.

Demain départ pour Trujillo, avec un bus de jour. On vous en reparlera !










16 janvier 2024

Lima-Huaraz

 





Nous voilà à pied d’œuvre pour notre deuxième destination péruvienne, la Cordillère Blanche, à Huaraz. Nos avons quitté notre beau quartier propre de Lima, pris un bus de la Cruz del Sur, un bus tout propre, presque vide, d’un confort remarquable – les sièges valent presque mon fauteuil de salon, c’est dire !-  et nous sommes extirpés lentement, laborieusement de l’immensité poisseuse de Lima.


Banlieues interminables de maisons toujours inachevées et pourtant habitées, dont les toits s’ornent de fers à béton pointés vers le ciel, comme promesse d’un étage supplémentaires et les façades de fils à linge, de tôles, de tout un bric à brac à l’utilité indéfinissable. Des rues chaotiques, emplies de klaxons et d’ordures. Et puis le désert, la Panaméricaine longe la côte désertique du Pérou… Le désert sec, sans végétation aucune, mais non pas sans humain ! Des villages poussent dans le désert, bien ordonnés, de minuscules maisons, sur de minuscules parcelles, dans d’immenses lotissements, clos, bien protégés de barbelés ou de palissades. Parfois un enclos, vide, avec la mention « Propriété privée ». Je n’ai pas eu d’explications, je ne sais de quoi ni comment vivent les gens qui résident ici, ni quel est l’intérêt de devenir propriétaire d’un morceau de désert…

Encore un mystère qui me démange le cervelet, car nous avons vu la même chose au Maroc, et en Egypte. Tous des pays avec une démographie galopante et une urbanisation anarchique. La clé du mystère ?

Nous avons quitté la côte et escaladé la montagne. Le temps a changé, la pluie s’est invitée, nous sommes montés à la rencontre des nuages. Dans notre cocon voilé, (les bus de la Cruz ont des tentures devant les vitres, pour séparer les passagers entre les sièges, et si nous les ouvrons beaucoup ne le font pas, préférant voyager  et dormir dans un linceul anonyme), aux vitres couvertes de pleurs, le paysage est devenu flou, incertain.


Sans perdre son souffle, en silence, le bus s’est hissé à plus de 4000 mètres, les cols sont hauts ici, et nous a redescendus jusqu’à Huaraz, à 3100 mètres d’altitude. J’avoue que nous avions le souffle un peu court et que nous n’étions pas au mieux de notre forme, quand nous sommes remontés à l’hôtel, bien sûr il se trouve en haut de la ville, après un repas du soir, très économique à défaut d’être délicieux.

hôtel Tamia

Ici, nous avons retrouvé le vrai Pérou, celui des paysannes en costumes andins, des gargotes où l’on mange pour presque rien, des maisons et des hôtels sans grille, ni gardien, des visages tannés et ridés, un Pérou de vieilles voitures cabossées, dont la moitié klaxonnent sans cesse en quête d’un éventuel client, un Pérou bruyant, car les minces cloisons de briques nues n’isolent ni du froid ni du bruit, un Pérou où il faut sortir lainages et imperméables du fond de son sac, où la Patagonie les avait relégués, un Pérou aux hôtels qui ignorent la notion même de chauffage et à l’eau chaude si parcimonieuse que l’on retrouve des reflexes de toilette de chat.

Aujourd’hui, c’était relâche, adaptation et organisation. Nous avons trois jours pleins pour nos excursions. Nous allons passer par des agences locales, c’est plus facile, plus confortable et finalement peu coûteux. On vous racontera, depuis notre prochaine étape qui sera Trujillo, une grosse ville de la côte, si on a encore du souffle !