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12 janvier 2024

Santiago- Lima

 










Hola ! Que tal ? Nous nous allons très bien, merci ! Nos mollets se remettent lentement de notre dernière journée au Chili, avec la visite de Santiago. Une capitale pour laquelle je n’avais aucune attirance, voire des à-priori, si ce n’est des préjugés! Nous n’avions donc prévu qu’une journée et c’était essentiellement pour rendre visite à Enzo, une jeune connaissance rémoise qui y fait une année d’études. 

Avant de rencontrer notre jeune compatriote, nous avons commencé à arpenter la ville, depuis le Barro Italia où nous logions dans un très sympathique Hostal (Une sorte d’auberge de jeunesse…), le Cerro San Cristobal que l’on escalade grâce à un funiculaire et qui offre une vue magnifique sur la ville et enfin le tour de la Plaza de Armas, la grande place, très animée. Les jambes commençaient déjà à se faire lourdes mais nous ne les avons pas écoutées et nous sommes rendus, un peu par nostalgie de convictions, au Palais de la Moneda, le palais présidentiel, où habitent les présidents mais surtout où s’est « suicidé » Allende… On retrouve Enzo au Cerro Santa Lucia, à quelques encablures de là, et, heureux de nous faire découvrir la ville qu’il habite, il nous entraîne jusqu’au Sky Costanera, un immense building, fierté du Chili.

 Le plus haut d’Amérique du Sud, avec le plus grand centre commercial et le plus grand écran interactif 3D ! C’est pas rien ! Heureusement il est aussi pourvu d’ascenseurs qui nous projettent tout en haut sur la plateforme circulaire… d’où on a une magnifique vue sur la ville, la même qu’au Cerro San Cristobal, mais à 360° ! Ensuite on visite divers petits quartiers, Bellavista aux petites maisons colorées, La Chascona, maison de Pablo Neruda, une maison bleue elle aussi, modeste comme celle de San Francisco. Le retour en Uber, n’était pas du luxe !

Finalement Santiago s’est révélée une étape agréable, une ville aérée, pleine d’espaces verts, même si elle n’offre pas de monuments d’exception ou de site rare. J’abandonne mes préjugés, il ne faudrait jamais en avoir, j’espère ne pas en attraper d’autres… Je me demande si le préjugé n’est pas légèrement contagieux ?

Le lendemain, taratata ! On prend l’avion pour Lima, où l’on arrive en début d’après-midi, avec deux heures de décalage par rapport au Chili, donc six maintenant avec la France. Embrouille de taxis à l’aéroport, on ne trouve pas celui que l’on avait réservé et payé, on en prend un autre qui se présente opportunément, c’est, bien sûr, une compagnie VIP, on s’en est rendu compte trop tard… Nous qui voulions commencer à faire des économies au Pérou, c’est raté ! L’hôtel est sympa, un peu bruyant, dans le quartier de Miraflores, plutôt chic et bon genre. ( Comme nous !)

Une fois n’est pas coutume et pour épargner nos jambes, nous avons opté pour un tour, visite du centre historique, en bus. La guide commente, en espagnol et en anglais. On a largement le temps de contempler, le bus avance au ralenti dans la circulation chaotique. Lima est une ville immense, aux centres d’intérêt très dispersés, notre quartier est à environ une heure du centre !

On descend quand même du bus, pour des visites, la Plaza Mayor, ici  elle n’est pas d’armes on n’est plus au Chili, l’hôtel Bolivar, chic art déco, (Françoise hésite, peut-être Art Nouveau Tardif ?) et enfin le couvent San Domingo et Santa Rosa, un bel édifice style andalou, avec deux cloîtres aux azulejos qui rappellent de très, très loin, (plusieurs milliers de km) ceux de Grenade ou de Séville.

Dimanche nous quittons la capitale, avec un bus de la « Cruz del Sur », direction la montagne à Huaraz, à 3000 mètres d’altitude… Peut-être vais-je ressortir quelques lainages du fond de mon sac ? La fraîcheur que la latitude m’a refusée, peut-être que l’altitude me la procurera ? Sinon, il me reste des chemisettes !




















































06 janvier 2024

La ruta 7- Los Lagos-L’Araucani

 


Nous y voilà… Nous approchons du terme de notre périple chilien, mais ne brûlons pas les étapes, il nous reste encore quelques jours à flâner dans le sud.



Je vous ai quittés à Chaiten, une ville où nous avons bien dormi, nous en avions besoin et c’était la seule chose possible : tout était fermé, pas un restau, un café… Rien ! D’ailleurs, entre Noël et le jour de l’an, il fallait souvent faire avec…rien ! Mais en janvier, c’est les vacances au Chili, l’activité reprend et les prix se font une nouvelle jeunesse ! Donc, la route 7, la Carretara Australe, dont nous n’avons emprunté que le petit tronçon nord. Pour la partie route, c’est une piste, délicate par endroit pour notre petite voiture, qui s’insinue dans la forêt et offre par instant de sublimes aperçus sur les lacs et les torrents bondissants qu’elle longe. Pour les parties ferries, ce sont pour une part des bras de mer, des fjords profonds, étroits et sinueux, aux  rives peuplées d’élevages de saumons en dehors des zones de parcs naturels et pour une autre part, des lacs, toujours magnifiques, aux eaux turquoises, avec les forêts qui semblent plonger directement dedans.

C’est d’ailleurs ce que nous retiendrons le plus de la Patagonie : ses eaux parcourant toute la gamme des bleus et ses forêts aux arbres immenses, à la végétation dense, foisonnante, que l’on n’imaginait pas ici, plutôt sous les tropiques !

Au sortir du dernier ferry, à Hornopirèn, une petite cabanas a accueilli notre réveillon et notre jour de l’an assez peu festifs car réalisés avec les maigres moyens du seul mini-market ouvert ! Le jour de l’an, nous sommes allés faire un tour, le long du lac et voir des cascades… Oh ! Ce ne sont ni Niagara, ni Iguaçu, mais de jolies petites cascades locales ! La première, la plus belle, était fermée ! Hé oui, jour de l’an oblige ! Car comme on s’en est aperçus, ici, l’accès aux sites, aux berges des lacs, aux torrents et même aux points de vue s’est largement privatisé. Droit de passage sur des terrains privés où pour des petits commerces qui se sont appropriés les lieux. Donc pour les deux autres cascades, nous nous sommes acquittés de notre taxe. Par contre pour les rives des lacs, c’est comme au Canada, l’accès n’y est pas possible, les propriétés, parfois de belles résidences d’été, sont bien closes et se touchent… Je suis toujours gêné, voire énervé par cette omniprésence de la propriété privée qui s’arroge le droit de confisquer les plus beaux endroits aux autres !


Nous avons poursuivi notre périple en remontant plus au nord, dans la région des lacs, avec un paysage de campagne vallonnée, riche en cultures diverses, en plus des lacs et forêts, et enfin celle d’où j’écris l’Araucanie. Ici l’arbre symbole est bien sûr l’araucaria, un drôle d’arbre qui lorsqu’il s’aventure chez nous, dans un parc d’ornement, solitaire et désœuvré, donne l’impression d’être artificiel… Ici, non ! Il est en forêt, immense et magnifique, mêlé à d’autres géants , mais les dominant souvent de sa tignasse hirsute. Nous logeons à côté du parc Conguillio, dominé par le volcan Llaima dont la dernière éruption date de 2008. Bien sûr nous voulions aller voir ces fameuses forêts et le lac Conguillio, qui parait-il est si beau… Il suffit de se munir au préalable de l’indispensable sésame, LE ticket acheté sur internet. Problème, il n’y a pas internet ici, pas un soupçon d’onde porteuse de données. Renseignés par notre sympathique logeur presque mapuche (C’est l’ami d’un mapuche authentique qui par cooptation lui a donné le droit d’intégrer la communauté, celle qui a construit les cabanas qui nous accueillent !), donc bien renseignés, nous filons à Curacautin, la ville la plus proche une vingtaine de km et qui, elle, bénéficie d’une liaison téléphonique. Avant de fermer, l’office de tourisme nous indique le site sur lequel s’inscrire… Ensuite d’une terrasse, nous nous escrimons… Françoise, patiente, ou entêtée selon le point de vue, arrive presque au bout du processus ! Presque, mais pas tout à fait. On renonce provisoirement, on profite de la connexion pour organiser les prochains jours et même notre envol du Chili vers le Pérou. Et on s’achète du vin et de quoi se faire un vrai repas ce soir, non mais !

Aujourd’hui, nous nous arrêtons à un superbe et étrange café, halte-repos, perdu dans le bois presque à l’entrée du parc où Carol, une copine de notre logeur nous fait bénéficier de son WiFi, et oui, elle l’a, et nous aide à avancer dans les méandres de l’internet chilien. Après plusieurs tentatives et refus de la banque d’accéder à notre demande de paiement depuis un endroit visiblement suspect, nous y arrivons enfin. Dotés de nos précieux QR codes nous nous présentons quelques kms plus loin aux trois gardes qui, après vérifications, nous ouvrent la barrière ! Eux n’ont pas internet ! 


Et visiblement, ils n’ont pas le droit de vendre des billets tout simples, à l’ancienne… On est moderne ou on ne l’est pas ! Donc on a le droit d’entrer dans le parc, mais pas d’aller bien loin : Après le premier parking, il faut un 4x4, o-bli-ga-toi-re-ment ! Une côte pleine de bosses et de trous, rédhibitoire pour notre voiture que l’on regarde avec une certaine commisération. Après la ruta 7, où une certaine côte du même acabit mais bien plus courte avait montré les limites de notre citadine, je fais preuve de compréhension. Nous nous posons au premier parking, en compagnie de quelques autres voitures inaptes à franchir la montée et nous faisons une très jolie balade dans la forêt d’araucarias et d’un autre géant vert,  le Fagus Coigüe, l’hêtre patagon . On pousse jusqu’à la Madre des Araucarias, un arbre immensément vieux et démesurément géant, et puis on rebrousse chemin. Les quelques kms qui nous séparent encore du lac, risqueraient d’être de trop ce soir ! Retour à la jolie cabanas pour préparer ce blog, qui partira… Bientôt !





01 janvier 2024

Bribes ;;;

 

Le temps patagon

Il est temps, grand temps, que je me livre à un billet d’humeur ! C’est vrai quoi, je produis un blog lissé, où tout est magnifique, ce qui est vrai, où tout va bien dans le meilleur des mondes. Hé bien non ! Il y a un hic !

Comme tout voyageur responsable je m’étais renseigné sur le climat patagon avant de venir. Choisir l’été austral pour ne pas être frigorifié, c’était évident, se munir de vêtements adaptés contre la pluie, un froid modéré certes mais bien présent, et des vents frisquets… En conséquence nos sacs recèlent un trésor inexploité de pulls, de polaires, de chaussettes en laine, de bonnets et de gants, de slips thermolactyl à défaut d’être tricotés main ! Bien rangés au fond des sacs ! Car, vous avez pu le constater sur les photos, c’est faux et archifaux ! On se retrouve comme d’habitude en tenue estivale que l’on mouille de transpiration au moindre effort !

Où sont les grisailles promises, les pluies fraîches que j’espérais enfin, les nuages bas et le vent qui gonfle les kways ? Où est le temps patagon ? Un temps variable, changeant sans cesse, parcimonieux dans ses éclaircies, pire que l’Irlande et la Bretagne enfin réunies, un vrai temps de chien quoi, auquel j’aspirais après des mois et des mois de soleil et de chaleur. Un temps à préserver les glaciers et les neiges des sommets, à gonfler les torrents et les cascades, un temps à reverdir le Sahel, à se blottir auprès du poêle, à faire sécher ses vêtements trempés sur le fil tendu au dessus, avec la bonne odeur de laine mouillée en train de sécher trop vite. (Vieux souvenirs d’hivers jurassiens qui sentent eux aussi,  comme une odeur de nostalgie)

Depuis que nous sommes entrés en Patagonie, le temps est au beau fixe, le ciel d’un bleu presque immuable, pas une goutte d’eau et, il est vrai, souffle une brise qui rafraîchit nos coups de soleil. Le temps patagon n’est plus au rendez-vous, les gens regardent le ciel inhabituel en hochant la tête, pas vraiment inquiets et constatent que même chez eux, dans cette Patagonie préservée, aux eaux pures et aux forêts florissantes, le climat change. Il change vite…

Mais où, où se réfugier ? Comment enfin échapper à ce bleu ardent, aux peaux qui se dessèchent, aux cheveux qui tombent ? (Sur ce dernier point il y a une controverse, certains émettent l’idée qu’il n’y a pas lien de causalité entre le réchauffement climatique et la perte de cheveux. Pour moi, il n’y a pas de doute j’ai commencé à les perdre vraiment en 2003 ! Alors ?)

J’ai réfléchi. Nulle part. Nulle part dans ce monde. Alors en attendant que l’on ait inversé la tendance et ça risque d’être long, une seule solution, se réfugier en dehors de la réalité, dans les mondes imaginaires où le climat s’incurve au gré des désirs de chacun… C’est ce que je vous souhaite, en plus de plein d'autres choses agréables pour cette nouvelle année : Avoir le temps de vos désirs…


31 décembre 2023

Chiloé

 


Décidément, ce voyage ne cesse de mettre à mal nos représentations, nos préjugés : Chiloé, on ne la voyait pas comme cela ! Je ne sais comment vous l’imaginez, mais en fait elle ressemble à l’Irlande, avec  un ciel bleu en plus et des ruines en moins. C’est un paysage vert et calme, de collines couvertes de champs, de pâturages, de bosquets d’arbres. 

La mer n’est jamais très loin, la côte est très découpée et s’éparpille en petites îles satellites. La principale richesse touristique de l’île est ses églises. De nombreuses églises, dont une bonne partie est classée au patrimoine mondial de l’Unesco ! La puissance du lobbying mapuche m’était inconnue ! Ce sont des églises en bois, simples, claires, fonctionnelles, à l’architecture probablement héritée de la construction navale. Nous en avons vu une dizaine… Hé bien, je serais bien incapable de les replacer dans leur village d’origine, je les trouve étrangement semblables.

Entrer dans l’île fut facile, les ferries font des navettes incessantes et ensuite, on suit la Ruta 5, la colonne vertébrale de l’île. Une route à deux voies, surchargée, dont le tracé ne s’encombre pas de finesse : Elle suit les courbes naturelles de front ! Les côtes sont raides et les nombreux camions s’époumonent à les escalader, formant de longs ralentissements derrière eux. Le trafic est dense, encore ralenti par les nombreuses zones de travaux, hélas bien nécessaires. Les routes secondaires, en arêtes suivent le même principe. Elles se ramifient parfois en pistes très mal indiquées, mais c’est facile : Quand on arrive à la mer, le demi-tour s’impose !




Nous avons passé deux nuits, à Ancud, tout au nord de l’île, une ville sans vraiment d’intérêt sinon celui de rayonner dans la région, en visitant des églises, naturellement ! Nous devions en passer trois au centre de l’île, dans la région de Castro, mais c’était sans compter les facéties du calendrier et des horaires des bateaux pour quitter Chiloé par le sud ! En fait une seule nuit suffira, et une autre passée dans le bateau qui nous emmènera à Chaiten… Donc Chiloé sera un peu bâclée, faute d’information fiable, sur les horaires des bateaux et leur fréquence. Notre guide préféré a inversé les horaires des ports de départ, sur internet, les infos, différentes, étaient fausses elles aussi…



Nous avons profité au maximum de notre dernière journée : Visite de Castro, la petite capitale encombrée de l’île, avec une jolie place et des maisons de pêcheurs sur pilotis de toutes les couleurs, les palafitos. Nous avons dû aussi retirer beaucoup d’espèces et changer des euros, car, ici, tout se paie en efectivo, y compris le gîte et les billets de bateau! Nous avons aussi visité l’île de Lemuy, avec non moins de trois églises classées, la dernière, tout au bout de l’île, à Détif, avec une route très jolie ressemblant à une succession de toboggans qui nous a offert l’occasion de superbes paysages glanés au fil de nos hauts et bas !

lever de soleil sur les Andes . Arrivée à Chaitèn

Je termine le blog à Chaiten, où nous sommes finalement arrivés… Le départ du ferry, prévu autour de minuit s’est finalement produit à 2h 30, après une longue attente dans notre petite WV qui est loin d’être un nid douillet où il fait bon dormir, arrivée à 7h30, dans une petite ville toute endormie au pied de ses montagnes. Un peu dans le gaz, mais la suite du programme étant vraiment dans le flou, nous avons pris la piste jusqu’à Calita Gonzalo, une heure environ, pour tenter de prendre un billet pour la ruta 7 le lendemain. La ruta 7, est un concept chilien, route bi-modale, moitié route ou piste, moitié ferry… Mais il faut, bien sûr, un billet pour le ferry, évident ! Le site internet de réservation, ne fonctionne pas, alors en route ! Sur place, à l’endroit de l’embarquement, rien. Le serveur du café /renseignements/cabanas nous dit d’aller sur le site…Découragés et fatigués on revient à Chaiten, bien secoués par la piste, en plus nous avons pris des stoppeurs allemands, la WV était chargée à bloc ! Et à Chaiten, miracle, on tombe par hasard sur le bureau de la Somarco, juste en train de fermer, hé oui, le samedi il ferme à 13 heures ! La dame, gentille,  nous trouve une place sur le ferry de demain… Chic ! On va refaire la piste, mais le futur s’éclaire… Il nous reste juste à trouver un hébergement à l’arrivée, ça c’est plus facile en général ! Nous rejoignons le nôtre, d’hébergement, à Chaiten, pour un temps de repos ! Voyager forme la jeunesse dit-on, mais à notre âge il déforme plutôt, voire réforme ! Enfin, demain devrait nous offrir encore de belles choses à voir, on vous en parlera !

Et maintenant choisissez vos couleurs!!!