Nous
poursuivons notre voyage dans cette si belle Croatie, belle mais peu avenante.
Le sourire y est chiche comparé aux prix ! Après l’Albanie, son accueil
chaleureux et ses tarifs avantageux, la Croatie fait chauffer la carte bleue et
l’attitude « professionnelle commerciale » ! On était prévenus,
la surprise n’est donc que de forme. Pour le plaisir des yeux par contre, le
pays est resté égal à lui-même ! Nous sommes passés par Mostar en Bosnie-Herzégovine,
petite ville presque entièrement reconstruite par l’Unesco après sa destruction
par les forces croates pendant la guerre.
Le fameux pont, un peu trop neuf est
toujours très beau. Ce qui gâche tout ce sont les ribambelles d’échoppes de
souvenirs qui jalonnent les deux rues historiques. On ne voit même plus les
murs, ce n’est qu’une succession de stands présentant à l’infini les mêmes
articles made in China et de restaurants qui s’intercalent et utilisent tous
les passages, les terrasses.
Bref, la vue sur le pont et la rivière est
privatisée. Dommage !
Dans notre
remontée nous nous arrêtons à Split. Une ville étrange où les siècles se
superposent, s’intercalent., se mélangent.
On est très loin de l’homogénéité de
Dubrovnik de sa pureté de style. Le
palais de Doclétien, immense, dont il ne reste que quelques ruines éparses et
les murs a servi d’enceinte et de mine aux époques suivantes. Le mausolée est
devenu cathédrale, des maisons se sont érigées au milieu des colonnes romaines,
les palais vénitiens se sont fièrement implantés là au milieu…Bref, une visite
très agréable, un peu déconcertante.
Notre étape
s’est arrêtée à Brodarica une petite station à quelques pas de Sibenik et des
cascades de la Krka.
Sibenik, comme Trogir sont deux jolies ville bijoux, aux
pavés polis, aux ruelles accueillantes, aux places chargées d’églises et de
demeures vénitiennes. C’est beau, plutôt touristique, surtout Trogir, car
Sibenik est restée une ville vivante aux commerces qui ne vivent pas que du
tourisme.
Trogir
Toutes ces
villes méritent la visite, leurs vieilles pierres patinées luisent au soleil
d’automne, à chaque détour de rue on s’étonne encore de la façade d’un palais
ou du portail d’une église, mais il faut avouer que beaucoup de leurs rues se
ressemblent et qu’il nous serait difficile sans les dates et les localisations
d’attribuer certaines photos à telle ou telle cité ! Donc on arrête les
vieilles villes, place aux parcs nationaux et à la nature !
Le parc des
cascades de la Krka, (j’aime encore mieux l’écrire que le prononcer !) était
à quelques kilomètres de notre gîte. Nous avions découvert cet endroit lors de
notre deuxième voyage dans la région, au début des années 80. C’était un lieu
sauvage, libre, déjà connu des locaux qui venaient s’y baigner et pique-niquer
en famille. C’est devenu un respectable parc national, très protégé, ce qui est
bien, et donc très balisé, organisé… et promu auprès des organismes de
tourisme ! Donc beaucoup de monde s’y presse ! Mais nous y sommes
arrivés tôt, et la magie des lieux opère toujours. Les lacs, les multiples
filets d’eaux qui sourdent de partout, et bien sûr, la puissante cascade
inférieure, nimbée d’écume qui scintille dans le soleil. Cette redécouverte n’était que le prélude de
notre visite aux lacs Plitvice, eux aussi visités il y a longtemps dans des
conditions totalement dépassées.
Le parc des
lacs ne se laisse pas découvrir au hasard. Il faut s’y préparer, savoir
l’itinéraire que l’on choisit et opérer des choix stratégiques car une fois
embarqué, difficile de changer d’avis ! Mais une fois accepté ce manque de
liberté, il faut reconnaitre que l’infrastructure est très performante. Elle
permet de canaliser des milliers de touristes en fonction de leurs choix en
temps et performances physiques !
Nous avions
choisi un parcours long, qui permet de découvrir la plupart des points
essentiels du parc. Il commence par un parcours en bus navette qui permet
d’éviter un tronçon sans grand intérêt. Ensuite commence l’émerveillement.
L’enchaînement des lacs supérieurs, reliés entre eux par des myriades de
cascades, de ruissellements, ponctué par des vasques d’eau claire dans
lesquelles se reflètent les couleurs de l’automne est un pur enchantement. On
déambule sur les passerelles sans plus se préoccuper des distances, des
directions, seulement captivés par les couleurs, les reflets, la pureté
irréelle de l’eau. L’eau qui épuise la palette des verts du peintre et la gamme
des mots, des verts anis, lagon, turquoise, émeraude, Véronèse, des verts
profonds, laiteux, des verts clairs, foncés, tendres, des verts wagon ou olive,
des verts céladon, des verts à en perdre ses mots, j’allais oublier le vert mi fuge mi
raisin! Toutes ces couleurs muent au fil des courants se mêlent, changent, sous
le froid soleil d’automne. Leur beauté nous transperce autant que le froid de
l’ombre. On suit sans se presser les passerelles du parcours « H »
qui se peuplent petit à petit des premiers groupes. Un bateau navette nous
amène au deuxième tronçon de notre périple. Pique-nique géant et bien
emmitouflé ! Cette fois les bus sont arrivés ! Il y en a des langues
parlées dans le monde !
La seconde
partie est tout aussi enchanteresse : Les lacs y sont un peu plus grands
reliés par des cascades en principes plus importantes. En principe, car si
l’automne est une féerie de couleurs, l’eau s’y fait un peu plus chiche … On ne
peut pas tout avoir ! Pour notre deuxième jour aux Plitvice nous avons choisi un circuit plus court et
comme nous connaissions le système nous avons terminé par une redite raccourcie
du circuit de la veille. Le temps était plus couvert, nous étions un peu plus
pressés, c’était toujours aussi beau mais nous avons fait beaucoup moins de
photos. Quoiqu’il en soit le choix va être difficile ! Des Nymphéas
multipliée à l’infini, des cartes postales sublimes à chaque détour du chemin
ce que capte l’appareil n’est qu’une fraction du plaisir de l’œil… Mais c’est
ce que l’on peut transmettre !
Notre voyage
touche à sa fin. Cela se sent au temps qui change, à l’automne qui s’installe,
au calendrier qui file ses jours. Les quelques jours qui restent, je pensais
les passer dans une île, un peu sauvage, un peu déserte, l’île de Cres… Mais la
pluie y est prévue, nous allons changer nos plans, chercher d’autres lieux à
visiter. Je vous raconterai … au retour ! Nous allons terminer notre blog
en mouvement sur le feu d’artifice, le bouquet final des lacs Plitvice !
La conclusion
attendra … quelques jours ! A bientôt quand même à Chalon!
Et quelques vieilles photos souvenirs
Les cascades de la Krka dans lesquelles on pouvait encore se baigner!