01 avril 2026

El Meniaa- Ghardaïa

 






    

    Le voyage se poursuit magnifiquement dans le vent et le froid et avec un soleil parcimonieux… En fait, nous traversons un cycle d’intempéries violentes qui balaient l’Algérie et une partie du bassin méditerranéen… C’est bien notre chance ! Ce n’est pas très grave, des sacs, on a sorti pulls et coupe-vent et on fait front ! On a quand même eu un coup de chance en passant en force et en cassant la voiture dans notre descente à Timimoun, notre voyage se poursuit ! On a appris ensuite que la route avait été coupée et que nombre de voyageurs ont été bloqués ou détournés. Après Timimoun, ses murs d’ocre rouge et ses ksars en ruine, nous sommes allés à El Meniia, avec sa magnifique citadelle.


Un ksar en partie rénové, que nous avons visité en compagnie d’un groupe d’italiens recroisé à maintes reprises les jours suivants. Ahmidou, notre guide local et patron de la maison d’hôtes associative dans laquelle nous logeons, nous a fait partager sa connaissance de l’histoire locale puis son œcuménisme dans la visite suivante : la tombe de Charles de Foucaud, décidément une figure dans l’histoire de l’Algérie. La journée s’est terminée par une virée au bord du lac salé, normalement lac aux flamants roses, mais sans flamant ce n’est pas la saison des migrations ! On n’a pas attendu le coucher de soleil, il y avait trop de monde en 4x4 au bord de la falaise, on a repris notre petite Toyota Yaris, qui a cahoté un long moment sur les pistes caillasseuses pour rejoindre la route et notre gîte, qui est un beau lieu.




    Ghardaïa nous attendait au terme d’une longue route sous escorte… Enfin escorte semblant ! La voiture de la gendarmerie rassemble le convoi, c’est-à-dire le bus des italiens et notre petite voiture, nous précède sur quelques kms, se gare et nous laisse continuer sagement jusqu’au prochain relais cent km plus loin ! Personne ne sait pourquoi le chef veut que les étrangers soient escortés ; il n’y a aucun risque, mais personne ne veut en courir chez les militaires ! Nos déplacements sont libres, certes, mais toujours signalés, connus, même notre entrée dans le marché de Ghardaïa a dû être signalé ! Ce flicage est agaçant ! Fayçal nous affirme que l’on pourrait voyager de façon indépendante, mais je ne vois pas bien comment on pourrait se débrouiller dans cette jungle administrative et paperassière ! Il répond sans cesse au téléphone, aux gendarmes qui s’inquiètent de savoir si l’on est bien arrivé au gite, si l’on est sur la bonne route, si… et les intempéries ?


    Ghardaïa est une ville mozabite. Les mozabites sont des musulmans particulièrement conservateurs aux mœurs un peu particulières. Les jeunes doivent se marier entre cousins, les femmes sont entièrement voilées de blanc, sauf un œil si elles sont mariées, les deux avant de l’être ! On croise ainsi ces fantômes cyclopéens dans les ruelles presque désertes de leurs ksars sans commerces. Heureusement la ville arabe est plus vivante et offre des cafés, restaurants, et tout ce qui est nécessaire à une vie normale, fut-elle mozabite ! Car d’après les guides, les mozabites sont surtout de beaux hypocrites ! On fait semblant sur place pour ne pas être exclu du clan et de ses avantages, mais sitôt à l’extérieur, on reprend une vie beaucoup moins rigide ! Les ksars de la vallée du M’zab sont agréables à visiter malgré les contraintes mozabites, le marché de la ville riche en couleurs et en animation, et la palmeraie reste belle, même si elle est un peu envahie par les constructions.



    


    Demain nous attaquons la dernière étape de notre boucle avant le départ pour le grand sud. Là-bas, nous ne pourrons pas poster de blog, il vous faudra donc attendre notre retour, pour connaitre la fin de nos aventures algériennes.















28 mars 2026

Bribes…

 


Intempéries et péripéties !

Taghit, pour nous, marque le début des péripéties qui font suite aux intempéries ! Le soir, on mange au fond de la palmeraie, chez un copain de Faycel qui y tient une maison d’hôtes. Notre premier orage y éclate, violent, qui transforme le petit chemin en ruisseau de boue. On s’en extrait légèrement crottés, ce n’est pas grave ! Le lendemain, départ sous un ciel très noir qui ne tarde pas à déverser des trombes d’eau. Le désert se fait marécage, les ondulations de terrain ruissellent en cataractes, les moindres filets d’eau se font ruisseaux puis torrents, la route est traversée d’eaux boueuses. Dans une petite côte s’est produit un léger éboulement. Des gens dégagent les plus grosses pierres. Faycel passe un peu en force. Un peu plus loin, la voiture émet un bruit bizarre, une sorte de claquement, on ouvre le capot, rien d’évident. Puis la voiture chauffe et là, constat, la courroie d’entrainement pendouille lamentablement, sans être cassée. On gagne Beni Abbes au ralenti, halte chez un premier « garagiste ». Au bout d’un bon moment à tourner en rond dans la petite ville, heureusement l’orage a cessé ne laissant que des grosses flaques, c’est un aveu d’échec. Il n’arrive pas à remettre la courroie en place ! Faycel fait appel à des « cousins », l’un d’eux nous véhicule, l’autre nous escorte à l’Hermitage du Père Foucaud, LA chose à voir à Beni Abbes, enfin le 2ème mécano, déniché un vendredi de grande prière, rend son verdict : C’est la poulie de l’alternateur qui a du jeu, la courroie ne tient plus. Pas de pièce sur place, bien sûr, il y a une pénurie générale, mais à Timimoun on trouvera ! Ça tombe bien, c’est là que l’on devait aller ! On embarque dans la vénérable 406, du début des années 2000, donc encore une jeune dame au regard de nombre de Peugeot qui roulent encore ici, pour avaler les 350 ou 400 km, estimation variable suivant les personnes, (moi, mon appli donne 370 !). En route l’orage reprend. Les passages bas se remplissent d’eau, à perte de vue le désert redevient presque une mer, et puis, soudain, de la grêle ! De gros grêlons qui rebondissent sur la voiture, sur la route, dans un vacarme étourdissant. Le pare-brise gèle, le système de dégivrage de la voiture n’a jamais été préparé à une telle épreuve ! Tout autour les dunes ont blanchi. Les voitures, rares, se sont arrêtées et leurs passagers filment cet évènement. Notre vieux chauffeur a déjà vécu une fois ce phénomène… Dans les années 80 ? Il ne sait plus bien ! Dans la dernière partie du trajet, le vent de sable qui suit traditionnellement les pluies s’est levé, une dune a bavé sur la route, on passe au ralenti sur une file, car maintenant la circulation s’est densifiée, les camions, qui roulent de nuit, se sont mis en route pour le grand sud.  On arrive enfin à destination, tardivement, attendu dans la maison d’hôtes qui nous héberge pour deux nuits. Finalement Faycel, raisonnablement, attend le lendemain pour acheter la pièce, repartir à Beni-Abbes, effectuer la réparation et revenir à Timimoun… On l’attend pour ce soir !







Taghit-Timimoun

 





    Taghit est un coin magnifique. Nous y sommes arrivés en passant pas Béchar, anciennement Colomb Béchar, une ville de casernes et de casernements, grande et laide dans laquelle on a tourné plus d’une demi-heure avant de trouver un restaurant. L’Aïd se prolonge encore et encore ! La route traverse des hauts plateaux désertiques, des plaines désertiques, des collines qui le sont tout autant… Mais pourtant le paysage change, ses couleurs varient, parfois il se fait morne pendant des kms et s’illumine d’une dune dorée qui surgit à l’horizon, parfois il se strie ou se pare de roches qui brillent au soleil…



    Taghit c’est LA grande dune qui commence le grand erg occidental, elle domine le paysage et se décline ensuite en un paysage doré sur des centaines de km. Taghit c’est une palmeraie magnifique encore préservée, avec un bel oued et même un petit lac. Taghit enfin c’est un ksar bien rénové où nous avons visité deux maisons d’hôtes dans lesquelles il doit faire bon résider. C’est surtout l’endroit à la mode !

On y retrouve du monde : Des algériens en vacances et des franco-algériens, des « wesh -wesh» comme les appelle Faycel qui leur trouve beaucoup de défauts ! Leur tort à Taghit c’est surtout d’avoir transformé la grande dune en parc d’attraction. Elle se ride, s’affaisse sous les attaques répétées des dizaines de quads, de buggys, de 4x4, qui dans un vrombissement assourdissant jouent à l’escalader, à se hisser au sommet avec des cris de joie et à redescendre ensuite dans une glissade vertigineuse qui arrache aux occupants des gloussements d’appréhension. Cela gâche beaucoup la beauté et la sérénité du lieu !






    On quitte Taghit pour Timimoun. Un trajet compliqué et riche en péripéties. Le temps orageux a tourné au phénomène météorologique rare ! Faycel estime que nous avons de la chance, peu de voyageurs ont pu voir le désert tel que nous l’avons vu : tout blanc, recouvert de grêlons !










    Timimoun, était une « jolie petite cité de caractère », elle a encore de beaux restes, mais comme partout, les constructions hideuses en parpaings mal jointoyés, jamais terminées, ont envahi la ville, les alentours et même empiété sur la palmeraie. Avec le guide remplaçant « Mondela » et dans sa Dacia déjà fatiguée bien que presque neuve, 2018, l’immatriculation est celle d’une voiture juvénile, nous avons visité les environs de la ville. Les ksar et ksour en ruine, d’Ighzer et des villages voisins, sont magnifiques. Vieux de presque un millénaire pour certains, ils sont construits d’adobe rouge et leurs murs se confondent avec le socle de roche sur lequel ils s’appuient. Ces ruines fantomatiques qui surgissent du désert s’y dissolvent lentement maintenant. Certaines ont disparu, ensevelies, d’autres persistent à émerger, pointant des flèches de mur, au gré des vents de sables qui les voilent ou les découvrent.




    Nous sommes rentrés dans l’après-midi de notre balade en « stepway » et comptions partir nous promener en ville, tranquilles… Mais, il paraît, suivant notre hôte, un mozabite intraitable sur la réglementation, que tous les étrangers doivent être accompagnés !!  Je ne sais pas si c’est une interprétation trop stricte, ou réservée à Timimoun, mais le fait est que nous sommes restés dans la maison et que j’ai donc eu le temps d’écrire…




    Alors à bientôt pour nos prochaines étapes !