30 septembre 2026

Ouzbekistan- Chapitre1- Tachkent-Samarcande

     D’un petit coup d’avion entre Bichkek et Tachkent, nous avons franchi la frontière. Je regrette un peu ce choix induit par l’agence pour gagner du temps, (ou de l’argent) car il aurait été tout à fait possible avec un jour ou deux de plus de passer par la frontière terrestre du sud du Kirghizistan. Cela nous aurait fait découvrir une autre région du pays… Mais pas de lamentations !





     Tachkent : Une ville moderne, agréable avec de très larges avenues ombragées, de la place pour les voitures avec de très nombreuses voies très encombrées, pour les piétons avec de larges allées bordant les avenues et pour les deux roues électriques qui zigzaguent entre les piétons.








    Tachkent ce fut pour nous aussi le plaisir de retrouver notre amie Joe qui nous y a rejoint pour terminer le voyage avec nous, c’était prévu ainsi. Ce qui n’était pas prévu c’était la rencontre plus ou moins fortuite avec Louis et Lucile, un jeune couple amis de Louis, notre jeune globe-trotter, fils de nos amis Visseyrias. 

Lui est actuellement en Chine et ils vont le retrouver et poursuivre plus loin… Il nous a mis en contact via les messageries… On a passé une grande demi-journée ensemble à parler voyages tout en découvrant la ville. Nous avions déjà exploré le métro, remarquable avec ses stations décorées dans des styles différents. Avec eux qui connaissaient déjà, on a eu un aperçu de ce que l’on verrait plus en détail le lendemain.

    Notre guide Javlon est enthousiaste pour nous présenter sa cité. On y découvre de grands monuments à la gloire de la mégalomanie présente et passée. Mosquée et centre culturel musulman érigés par les présidents de la jeune république témoignent de leur attachement à faire revivre en leur nom la gloire et la splendeur de Tamerlan et de son petit-fils héros du pays.






     Ensuite direction Samarcande, en train. 

Train que l’on a failli rater d’ailleurs, le chauffeur devant nous emmener à la gare avait oublié de venir nous chercher à l’hôtel! Course en voiture, course dans la gare bondée, on monte dans le train qui partira finalement avec un bon quart d’heure de retard. Il est très lent et traverse tranquillement les plaines sans charme qui nous séparent de la ville phare du pays, celle dont le nom exalte l’imaginaire.






    Samarcande… En un jour et demi, à pied et en voiture, nous en avons vu les principaux sites, de pures merveilles ! Des joyaux, qui avalés en si peu de temps, laissent un grand flou quant à leur nom, leurs positions. La place du Registan emblématique, le Gour -e-Amir, la mosquée Bibi-Khanoun qui, ici, s’appelle plus simplement la mosquée du vendredi, et pour finir la fantastique allée de mausolées Chah-i-Zinda. Des coupoles bleues qui scintillent au soleil, une profusion de façades en mosaïques, majoliques, terra-cotta richement décorées, nous sommes dans les mille et une nuit un vrai conte de fées… A condition d’oublier, et ce n’est pas facile, les milliers de visiteurs asiatiques, surtout chinois, qui multiplient les selfies devant les portes les plus connues!











De Samarcande nous avons vu aussi le bazar Siob. Les fruits secs que l’on y vend sont si délicieux que l’on n’a pu résister au plaisir de s’en offrir. Nos sacs s’alourdissent et s’arrondissent ! Un peu comme nous, pour ceux qui n’y prennent pas assez garde, surtout celui qui n’y prend garde ! Les plov et les lagman sont goûteux, mais à consommer avec modération ! On mange bien dans ce pays et pour peu cher. Un peu moins de viande qu’au Kirghizistan, le tourisme y est plus développé, mais les quelques plats proposés nourrissent bien leur homme et il y a beaucoup de salades aussi pour celles qui se laissent tenter …à leurs risques et périls ! Joe en a déjà fait les frais…



Demain, nous partons pour une courte incursion au Tadjikistan, deux jours de nature et de montagne avant de revenir ici et de continuer notre pèlerinage de rêve sur la route de la soie.

A bientôt …

25 septembre 2026

Yourtes de montagne

 



Nous devions passer quatre nuits sous yourtes dans deux campements distincts, mais le séjour s’est écourté. Nous avons d’abord atteint le campement de Tash Rabat, c’est un joli site, en haut d’une vallée, à 3200m d’altitude. Il y a là, les restes restaurés d’un vieux caravansérail,


 légèrement à l’écart de la route de la soie, on ne sait pas vraiment pourquoi. Il est fermé pour des réparations qui s’éternisent, on ne voit que la vieille bâtisse de pierre. Autour s’égaient les yourtes des différents campements. Il y en a trois. Le nôtre est le dernier, le plus haut. Quand on arrive, le temps est nuageux, la pluie menace, le temps d’une petite balade, elle met la menace à exécution. On a eu le temps d’admirer le site, les troupeaux qui sentant arriver la fin de saison descendent vers des lieux plus cléments, guidés par leurs bergers à cheval. 

Notre yourte est chauffée le soir par un antique poêle bourré de gros morceaux de charbon. Le temps de se coucher il fait chaud, très chaud même, mais le feu s’essouffle vite, comme nous à cette altitude, et dans la nuit, le froid s’installe. La bonne couette de nos petits lits ne suffit pas, il faut se vêtir chaudement. Aller aux toilettes extérieures au petit matin nécessite une bonne préparation physique et mentale!


Mais la salle commune où l’on mange le soir propose une ambiance sympa où les groupes échangent. Beaucoup sont des voyageurs aguerris et l’échange d’expériences est toujours riche. C’est là que l’on peut bavarder avec un jeune couple de brésiliens, installés en Turquie qui visitent le Kirghizstan et l’Ouzbékistan par exemple. 






La deuxième nuit, sur la demande de Talant notre guide, quelqu’un est venu recharger le poêle vers 5 heures du matin. Mais le vent était tombé, il faisait un peu moins froid et notre yourte est devenue sauna. Sauna que l’on a d’ailleurs découvert avec joie et surprise dans notre campement, l’après-midi. Se laver à l’eau chaude, quel plaisir !




Ensuite nous sommes partis pour le Son Kol, un lac de haute montagne, lui aussi perché à plus de 3000 mètres. C’est un grand lac, une trentaine de km de long qui est une zone de grands pâturages d’été. Entouré de montagnes, il se découvre quand on franchit le col, au bout de la longue piste en lacets qui y mène côté sud. Notre campement lui, se trouve sur la rive nord, plus difficile d’accès. La piste franchit de nombreux gués, est bosselée à souhait, il nous faut une bonne heure pour arriver au campement. En route on a eu de la pluie et quelques averses de grésil. 





    Le temps se dégrade, c’est sûr ! Ce campement est plus rustique. La grande yourte commune est le seul endroit où il fait bon être. Avec nous, il y a une dizaine de touristes venus d’un peu partout, mais arrivés ici à cheval. Ils font des treks de deux ou trois jours. On bavarde beaucoup. C’est sympa et chaleureux. On échange nos WhatsApp, nos mails, on se dit que l’on va se revoir, en France, en Islande, en Allemagne… Bon, on verra ! Le soir la yourte est surchauffée, elle aussi, mais elle restera tiède toute la nuit, et là aussi, au matin, un employé vient remettre du charbon ! Par contre, dehors, il gèle et il a neigé toute la nuit.





 Au petit déjeuner, grand conciliabule. Je plains les cavaliers qui doivent redescendre aujourd’hui, ils sont loin d’être tous bien équipés ! Nous décidons de repartir et de modifier le circuit prévu. En voiture, une seule des cinq pistes d’accès est encore praticable. Talant, notre chauffeur-guide, fait preuve de talent au volant, la piste boueuse, détrempée et enneigée, doit se négocier avec habileté. On franchit un autre col et on redescend dans la vallée. Du coup on a exploré une autre vallée, magnifique, et comme on avait du temps, Talant nous a emmenés voir un petit lac, Ak Kol, superbe.

 















Discret, peu fréquenté, il se niche au creux des montagnes. On fait le tour à pied de ce petit bijou et dans l’après-midi on atteint notre dernier gîte du pays à Kyzyl Oï. C’est une jolie maison d’hôtes, au bord de la rivière, confortable, nous avons des toilettes intérieures et une douche ! On va être propre pour prendre l’avion demain !

Cette dernière partie du voyage, malgré sa rusticité, nous a beaucoup plu. La beauté des paysages et cette sensation d’immensité, les grands troupeaux en transhumance qui traversent nonchalamment pistes et routes, des chevaux de partout et des cavaliers, tout cela nous transporte ailleurs, dans un autre temps rêvé ou imaginé. Car oui, c’est beau, il faut faire abstraction de certains détails, bien sûr. Les camions chinois qui eux aussi font transhumance, les carrières et les mines de charbon qui laissent des traces et de la poussière noire un peu partout…