Notre dernière journée à Alger a été belle ! Nous avons visité
Tipaza, un site romain à une cinquantaine de km d’Alger. Notre nouveau
chauffeur, Aiman, plus jeune et moins prolixe que Faycel, nous y a emmenés dans
sa Symbol, une Renault qui ne me semble pas distribuée en France. Nous avons
quand même beaucoup échangé avec lui, il nous a parlé des aspirations de sa
génération et de ses espoirs quant aux nouvelles politiques qui se mettent en
place. Lui espère beaucoup du développement du tourisme, activité qu’il vient
d’embrasser après avoir travaillé dans le commerce. Pour lui, il faut d’abord
moderniser le système bancaire et financier, archaïque ! Nous
approuvons ! Le site de Tipaza est très beau :






Idéalement situé le
long d’une petite baie, il aligne ses temples, ruines de villas et emplacements
de commerces qui dominent l’eau bleue… Les romains prouvent une fois de plus
leur bon goût ! La guide connaît bien son histoire, elle y a joué enfant
et grandi dedans. Mais elle nous parle aussi de sa famille, de recettes de
cuisine et de ses inquiétudes pour la jeunesse trop rivée à ses écrans plein
d’illusions… Que de similitudes !
Nous avons aussi visité un drôle de site, qu’on appelle le
tombeau de la Chrétienne, mais qui est en fait celui de la fille de Cléopatre.
Son mari, à sa mort lui a fait ériger ce dôme mi-égyptien, mi-romain… Etrange
et monumental !
Une courte nuit, un petit coup d’avion et nous voilà rentrés !
Il ne fait pas bien chaud, Françoise s’est déclenché une sorte de sciatique, ou
douleur aigüe à la hanche en soulevant une dernière fois son sac à la gare de
Chalon… De la fatigue accumulée, sans doute ! Il nous faut avouer que plus
que les marches dans le sable adaptées à nos capacités, ce sont les modalités
pratiques des bivouacs qui nous ont pesé. Couchage à la dure, sous une toute
petite tente battue par le vent, dans laquelle nos corps malhabiles ont du mal
à entrer, à s’extraire, sanitaires s’étendant à l’infini sous le ciel étoilé, trois
nuits étaient largement suffisantes ! Mais quel spectacle !






Nous sommes rentrés… Ravis de ce premier contact avec un pays
inconnu pour nous, il nous reste à prendre un peu de distance, car les longues
discussions avec nos différents interlocuteurs ont infléchi nos points de vue
sur nombre de sujets, certains historiques et d’autres d’actualité. Mais ces
discussions n’ont eu lieu qu’avec des gens instruits, francophones et souvent
francophiles, leurs opinions ne reflètent peut-être pas la majorité… En tout
cas, même dans la rue, ce n’était que sourires, mots de bienvenue et même
petits cadeaux : Un groupe de jeunes nous ont offert des boissons pour
nous les faire goûter ! Le Coca algérien, meilleur que le vrai à notre
goût, des sortes d’eau minérales aromatisées… Des gens engageaient la
conversation, souvent limitée, car le français commence à se perdre lorsque
l’on quitte les grandes villes côtières. Les jeunes passent à l’anglais, LA
langue universelle. Ce qui nous a plu aussi c’est qu’ici, contrairement aux
autres pays du Maghreb, très peu de mendicité, pas de racolage, pas d’arnaque
au touriste, en fait c’est un pays tranquille et agréable à visiter, si l’on
occulte la lourde présence policière. Car, sous prétexte d’assurer notre
sécurité, et peut-être est-ce vrai, nos déplacements sont signalés, suivis,
observés, nos hébergements déclarés… Le jour des grosses intempéries, la police
s’est inquiétée à plusieurs reprises de notre retard, de savoir si l’on était
bien arrivés… Faycel gérait cela avec bonhomie et répondait gentiment au
téléphone qui insistait. Je ne suis pas sûr que seuls, cela soit aussi
fluide ! Pour notre sécurité nous aurions été escortés tout au long de la
route par des gendarmes rendus maussades par cette corvée inutile !
Nous sommes vraiment tentés par un second voyage, et peut-être
irons-nous avec notre voiture, mais si cela se fait, nous prendrons un guide
accompagnateur, ne serait-ce que pour nous faciliter le dialogue avec les
autorités !