02 novembre 2025

La boucle est bouclée...

 


Nous sommes revenus ! Un peu déconnectés par ce beau circuit, les yeux et l’esprit encore occupés par toutes ces villes villages et paysages traversés, nous avons vite été happés par nos activités… une résidence théâtre nous attendait tous les trois, quatre jours pleins à répéter, régler et peaufiner notre pièce que nous jouons très bientôt !

Le temps était automnal comme en Istrie, une jolie région que nous avons aperçue entre les averses, avec, encore, des villages perchés et de jolies villes comme Rovinj, avec, encore, un cœur médiéval …

Nous ne sommes pas blasés, nous découvrons avec toujours autant de plaisir ces cités typiques des côtes adriatiques, tellement marquées par les vénitiens qui avaient très bon goût ! Mais tous ces cœurs finissent par fusionner un peu dans nos têtes et battent à l’unisson : pavés luisants, cathédrale, palais vénitiens, ruelles étroites et escaliers… 



Mais le merveilleux site de Plitvice nous a rappelé que la nature garde aussi un attrait inégalable.


 

Au cours de ce périple nous nous sommes frottés à des régions hautement touristiques, les Pouilles et la Croatie, des régions aménagées pour accueillir des foules en haute saison. En septembre et octobre nous avons pu éviter les plus forts afflux, même s’il y avait encore pas mal de monde surtout dans les sites emblématiques. L’Albanie nous a surpris. C’est un joli pays … pour le moment ! Car son ambition est de devenir très vite une fourmilière géante. Le pays des pelleteuses va ravir les tours operators qui pourront y faire circuler leurs bus sur de belles routes toutes neuves, tracées à travers les montagnes et aller droit et sans encombre aux quelques points d’intérêt majeurs.  Bref, c’est un pays à découvrir très vite et c’est déjà trop tard pour la côte sud … Mais quel accueil ! Vraiment charmant et sincère ; on y trouve en plus du fromage excellent (pour les amatrices !) de la charcuterie fumée à l’ancienne (pour l’amateur) et des vins rouges qui accompagnent à des prix encore plus que raisonnables !  Et pour ceux qui sortent de l’asphalte, il reste quelques jolies pistes pas trop fréquentées.

En 45 jours nous avons parcouru 7215 km avec la voiture, 320 km sur nos jambes, un certain nombre en bateaux et ferries. Nous avons dormi dans 21 chambres différentes, situées dans 5 pays, consommé pas mal de chocolat avec nos cafés et goûté des vins rouges et blancs de chacun, sans discrimination, mais le Bourgogne du retour garde tout son attrait et facilite la réadaptation !

 

20 octobre 2025

Mostar- Split- Sibenik-Krka-Trogir- Plitvice

 


Nous poursuivons notre voyage dans cette si belle Croatie, belle mais peu avenante. Le sourire y est chiche comparé aux prix ! Après l’Albanie, son accueil chaleureux et ses tarifs avantageux, la Croatie fait chauffer la carte bleue et l’attitude « professionnelle commerciale » ! On était prévenus, la surprise n’est donc que de forme. Pour le plaisir des yeux par contre, le pays est resté égal à lui-même ! Nous sommes passés par Mostar en Bosnie-Herzégovine, petite ville presque entièrement reconstruite par l’Unesco après sa destruction par les forces croates pendant la guerre.

Le fameux pont, un peu trop neuf est toujours très beau. Ce qui gâche tout ce sont les ribambelles d’échoppes de souvenirs qui jalonnent les deux rues historiques. On ne voit même plus les murs, ce n’est qu’une succession de stands présentant à l’infini les mêmes articles made in China et de restaurants qui s’intercalent et utilisent tous les passages, les terrasses.
Bref, la vue sur le pont et la rivière est privatisée. Dommage !

Dans notre remontée nous nous arrêtons à Split. Une ville étrange où les siècles se superposent, s’intercalent., se mélangent.

 On est très loin de l’homogénéité de Dubrovnik de sa pureté de style.  Le palais de Doclétien, immense, dont il ne reste que quelques ruines éparses et les murs a servi d’enceinte et de mine aux époques suivantes. Le mausolée est devenu cathédrale, des maisons se sont érigées au milieu des colonnes romaines, les palais vénitiens se sont fièrement implantés là au milieu…Bref, une visite très agréable, un peu déconcertante.

Notre étape s’est arrêtée à Brodarica une petite station à quelques pas de Sibenik et des cascades de la Krka.




Sibenik, comme Trogir sont deux jolies ville bijoux, aux pavés polis, aux ruelles accueillantes, aux places chargées d’églises et de demeures vénitiennes. C’est beau, plutôt touristique, surtout Trogir, car Sibenik est restée une ville vivante aux commerces qui ne vivent pas que du tourisme.

Trogir




    


Sibenik


  

    Toutes ces villes méritent la visite, leurs vieilles pierres patinées luisent au soleil d’automne, à chaque détour de rue on s’étonne encore de la façade d’un palais ou du portail d’une église, mais il faut avouer que beaucoup de leurs rues se ressemblent et qu’il nous serait difficile sans les dates et les localisations d’attribuer certaines photos à telle ou telle cité ! Donc on arrête les vieilles villes, place aux parcs nationaux et à la nature !

Le parc des cascades de la Krka, (j’aime encore mieux l’écrire que le prononcer !) était à quelques kilomètres de notre gîte. Nous avions découvert cet endroit lors de notre deuxième voyage dans la région, au début des années 80. C’était un lieu sauvage, libre, déjà connu des locaux qui venaient s’y baigner et pique-niquer en famille. C’est devenu un respectable parc national, très protégé, ce qui est bien, et donc très balisé, organisé… et promu auprès des organismes de tourisme ! Donc beaucoup de monde s’y presse ! Mais nous y sommes arrivés tôt, et la magie des lieux opère toujours. Les lacs, les multiples filets d’eaux qui sourdent de partout, et bien sûr, la puissante cascade inférieure, nimbée d’écume qui scintille dans le soleil.  Cette redécouverte n’était que le prélude de notre visite aux lacs Plitvice, eux aussi visités il y a longtemps dans des conditions totalement dépassées.

Le parc des lacs ne se laisse pas découvrir au hasard. Il faut s’y préparer, savoir l’itinéraire que l’on choisit et opérer des choix stratégiques car une fois embarqué, difficile de changer d’avis ! Mais une fois accepté ce manque de liberté, il faut reconnaitre que l’infrastructure est très performante. Elle permet de canaliser des milliers de touristes en fonction de leurs choix en temps et performances physiques !

Nous avions choisi un parcours long, qui permet de découvrir la plupart des points essentiels du parc. Il commence par un parcours en bus navette qui permet d’éviter un tronçon sans grand intérêt. Ensuite commence l’émerveillement. L’enchaînement des lacs supérieurs, reliés entre eux par des myriades de cascades, de ruissellements, ponctué par des vasques d’eau claire dans lesquelles se reflètent les couleurs de l’automne est un pur enchantement. On déambule sur les passerelles sans plus se préoccuper des distances, des directions, seulement captivés par les couleurs, les reflets, la pureté irréelle de l’eau. L’eau qui épuise la palette des verts du peintre et la gamme des mots, des verts anis, lagon, turquoise, émeraude, Véronèse, des verts profonds, laiteux, des verts clairs, foncés, tendres, des verts wagon ou olive, des verts céladon, des verts à en perdre ses mots, j’allais oublier le vert mi fuge mi raisin! Toutes ces couleurs muent au fil des courants se mêlent, changent, sous le froid soleil d’automne. Leur beauté nous transperce autant que le froid de l’ombre. On suit sans se presser les passerelles du parcours « H » qui se peuplent petit à petit des premiers groupes. Un bateau navette nous amène au deuxième tronçon de notre périple. Pique-nique géant et bien emmitouflé ! Cette fois les bus sont arrivés ! Il y en a des langues parlées dans le monde !

La seconde partie est tout aussi enchanteresse : Les lacs y sont un peu plus grands reliés par des cascades en principes plus importantes. En principe, car si l’automne est une féerie de couleurs, l’eau s’y fait un peu plus chiche … On ne peut pas tout avoir ! Pour notre deuxième jour aux Plitvice  nous avons choisi un circuit plus court et comme nous connaissions le système nous avons terminé par une redite raccourcie du circuit de la veille. Le temps était plus couvert, nous étions un peu plus pressés, c’était toujours aussi beau mais nous avons fait beaucoup moins de photos. Quoiqu’il en soit le choix va être difficile ! Des Nymphéas multipliée à l’infini, des cartes postales sublimes à chaque détour du chemin ce que capte l’appareil n’est qu’une fraction du plaisir de l’œil… Mais c’est ce que l’on peut transmettre !

Notre voyage touche à sa fin. Cela se sent au temps qui change, à l’automne qui s’installe, au calendrier qui file ses jours. Les quelques jours qui restent, je pensais les passer dans une île, un peu sauvage, un peu déserte, l’île de Cres… Mais la pluie y est prévue, nous allons changer nos plans, chercher d’autres lieux à visiter. Je vous raconterai … au retour ! Nous allons terminer notre blog en mouvement sur le feu d’artifice, le bouquet final des lacs Plitvice !

La conclusion attendra … quelques jours ! A bientôt quand même à Chalon!











Et quelques vieilles photos souvenirs
Les cascades de la Krka dans lesquelles on pouvait encore se baigner!












Et Trogir...