11 octobre 2026

Boukhara- Khiva

 





Boukhara, un nom qui fait rêver, le cœur battant de la route de la soie, capitale immémoriale de royaumes et de khannat oubliés, rasée, pillée, reconstruite… Boukhara, grande cité marchande, avec  ses magnifiques mosquées aux dômes bleus, ses medersas, son grand minaret phare, ses innombrables caravansérails, qui accueillaient des caravanes venues de tout le monde connu, un centre d’échanges, de commerce, de troc…

Hé bien, Boukhara n’a pas changé ! C’est un magnifique centre commercial, rénové, qui propose aux nouveaux nomades, les touristes, d’échanger leur argent contre des produits artisanaux de toute beauté, et fabriqués en majorité sur place !

Je plaisante… Bien sûr l’exploitation commerciale de la plupart des medersas gêne un peu, mais il faut se dire qu’ici, c’est une continuation de l’histoire. La ville, la partie ancienne est magnifique. Ses nombreux monuments se regroupent en un grand quartier piéton, avec des parcs qui procurent un peu d’ombre et des bassins un zeste de fraicheur. Nous y sommes à la bonne saison, la chaleur agréable y est supportable. Nous y avons passé une journée accompagnés d’un guide francophone qui nous a conté l’histoire de cette ville au passé glorieux, l’histoire de ses principaux monuments souvent classés à l’Unesco et même de certains de ses personnages historiques comme Nasruddin Khodja, un mollah grand auteur de sentences humoristiques. Ses contes et histoires ont traversé les siècles et il reste un personnage connu et respecté, un peu comme notre La Fontaine et ses fables ! Il y a une très belle statue de lui dans le parc Liab-I-Khaouz.



De la citadelle presque rasée en 1920, il ne reste pas grand-chose, si ce n’est un joli panorama sur la ville. Le dernier émir a refusé de se soumettre à la jeune Russie soviétique qui a bombardé sa résidence et un peu autour, les bombes n’étaient pas aussi précises à cette époque que maintenant… Ils se sont un peu rattrapés plus tard en rénovant à peu près correctement la plupart des monuments de la ville !

Nous avons eu une journée complète pour flâner à notre guise dans la ville. Si nous avons retrouvé nos traces de la veille et revu les principaux sites nous en avons profité aussi pour nous écarter un peu des circuits trop bien balisés : Hé bien, il n’y a RIEN à voir ! En dehors du quartier bien léché aux beaux monuments, les rues deviennent d’une banalité affligeante, sans aucune vie… Il faudrait aller plus loin, dans la ville moderne, suivre les grandes avenues…Mais à notre portée, rien ! Alors nous avons consacré une bonne partie de la journée à faire du lèche-étalage, du shopping. Il faut dire que ce pays présente un artisanat de très haut niveau, très beau, relativement accessible pour la qualité, fait main devant nos yeux. Des miniaturistes au trait de pinceau d’une finesse inégalable, des brodeuses, des ciseleurs sur métal et sur bois, des tapis tissés ou noués… Il y a de quoi s’émerveiller de tant d’habileté et c’est vrai que l’on a envie d’acheter … Bon, au bout de quelques heures à contempler encore une fois les mêmes motifs brodés, les mêmes couteaux spéciaux « Boukhara », les gilets, pantalons, et blouses diverses, on finit par se lasser… Alors on va siroter une bière ou un jus d’orange au bord du grand bassin, dans un cadre à faire rêver…

Malgré son caractère outrageusement commercial, nous avons beaucoup aimé Boukhara, pour la richesse et la beauté de ses monuments et aussi, finalement, pour l’attrait des marchandises proposées.

Ensuite, il y a eu la longue route pour Khiva…

 Si longue et si droite, si soporifique que la police oblige les conducteurs à faire une pause tous les cinquante kilomètres ! Un long crochet pour aller voir quelques citadelles du désert de Khorezm. Elles sont anciennes, un peu avant notre ère, faites de briques de terre crue et s’effritent lentement. Je les pensais, un peu comme les ksars d’Algérie, en train de s’engloutir lentement dans le désert, de s’y dissoudre… Erreur ! Pour les trois premières d’entre elle, le désert s’est fait verdoyant, s’est empli de baraques, de maisons disgracieuses, bref, il n’est pas désert mais carrés irrigués déjà avant J.C .! Les ruines sont dans leur contexte et gardent leur charme et leur authenticité. La quatrième, la plus grande, était plantée dans le cadre que l’on avait imaginé c’est-à-dire le désert., ouf !


La visite terminée, il reste encore deux bonnes heures de route pour atteindre Khiva, notre dernière ville sur la route de la soie. La dernière aussi de notre périple !  On en profite pour inaugurer la première autoroute payante du pays, toute neuve, elle est ouverte depuis quinze jours ! Elle permet d’éviter deux heures de bouchons dans Ourgentch ! Adopté !



Khiva, une petite perle, nous a réservé un de ses rares jours de pluie de l’année ! Dommage, car on a passé du temps dans les rues à éviter les profondes flaques d’eau plutôt qu’à vaquer le nez en l’air pour admirer les dômes, les faïences bleues et l’harmonieux ensemble de bâtiments.




 

Les intérieurs ressemblent beaucoup à ce que l’on a déjà vu, les musées et leurs héros nationaux en costume et quelques pièces ou photos sont assez pauvres et ne peuvent intéresser que les passionnés ou la première fois. De façon totalement inespérée, Françoise a quand même déniché ce qu’elle cherchait depuis quelques jours : Une cuillère en bois avec bec verseur perpendiculaire au manche ! Elle avait vu cet objet tant convoité dans un petit musée à G’elon et depuis, en rêvait…A chacun son rêve, n’est-ce pas ? Elle a eu la chance de l’exaucer ! Donc, de Khiva qui a enchanté plus d’un visiteur, nous ne ramènerons que des souvenirs mouillés, de bons rhumes pour les dames et des cuillères parfaites pour verser le potage !



Demain, on quitte l’Ouzbekistan tôt le matin pour un retour en France après un voyage plein de contrastes et de découvertes. Je vous ferai bien un petit blog de retour, mais oui, pour mes fidèles lecteurs.







07 octobre 2026

Tadjikistan et suite…











        Notre incursion au Tadjikistan n’a pas démarré sous les meilleurs auspices…Notre chauffeur ouzbek nous pose à la frontière que nous devons passer à pied. Les formalités sont assez rapides, en une grosse demi-heure nous sommes de l’autre côté. Mais là, pas de chauffeur tadjik, pour poursuivre. Au bout d’une heure d’attente, on commence à essayer de contacter les agences locales, puis la française, tout en refusant les nombreuses offres de transport qui se proposent à nous. C’est l’inconvénient de passer par les agences, en cas de grain de sable l’initiative personnelle n’est pas de mise, nous n’avions pas le droit d’improviser ! Bon, après deux heures un type se présente et veut nous emmener. Il n’a aucune référence, aucun papier mais nous tend un téléphone dans lequel une dame nous assure que l’on peut le suivre… On accepte. Passablement énervé par nos précédents refus, le gars nous emmène à Tendjakent à une vitesse record, là une charmante dame nous accueille dans un hôtel. Elle parle très bien le français et fait le relais avec l’agence. Elle nous dit que notre guide arrive et Bobo apparut ! Un guide francophone, ce qui n’était pas prévu, doté d’un superbe Toyota qui nous a emmenés aux 7 lacs. Après un arrêt au bazar de la ville pour manger





on attaque une longue piste de montagne, mais le temps se gâte, il pleut quand nous atteignons le 4ème lac. Le gîte se trouve au 5ème. Il n’est pas très tard, mais Bobo nous conseille d’attendre le lendemain pour monter plus haut. Nous restons donc dans la maison.






 Un hébergement très inconfortable, glacial, pas de quoi se laver, heureusement tempéré par un groupe suisse blagueur ! Le lendemain, le soleil était revenu, Bobo nous a montés en 4x4 presque au 7ème lac, que nous avons pu admirer après une courte grimpette. Avec Françoise nous avons prolongé la balade jusqu’au bout du lac par un petit sentier qui le longeait.
Ensuite retour à Tendjikent, avec la visite d’un petit musée historique à la place du site archéologique qui n’offre que peu d’intérêt. Le musée par lui-même non plus, sauf que la dame qui nous avait accueillis la veille pour nous expliquer et débrouiller la situation, y travaille et s’est montrée une guide admirable et passionnante sur l’histoire du pays. Retour à Samarcande en fin d’après- midi… Du coup, pour effacer nos déboires Tadjiks, on s’est offert un repas avec vin ET dessert ! Le Luxe ! Le vin rouge ouzbek a des progrès à faire pour se hisser au niveau de nos petites côtes chalonnaise, mais il a quand même été bien apprécié ! Une bonne nuit à l’hôtel Zarina, avec une douche a fini de nous réconforter. Ces petits incidents ont déprécié notre court séjour dans ce pays, c’est dommage car il ne le mérite certainement pas. Je crois qu’il peut-être un paradis pour les amateurs de treks et randonneurs aguerris. Bobo qui est aussi guide de montagne en organise pour tous les goûts et niveaux. Les montagnes y sont magnifiques et encore très sauvages.


Des coins sauvages, il en existe encore en Ouzbékistan. Nous sommes à G’elon, un village de montagne à la frontière tadjik, à trois heures de route de Samarcande. Après avoir visité Shahrisabz, la ville natale de Tamerlan, 

avec ses impressionnants vestiges, ses coupoles bleues, nous avons grimpé une fois encore dans la montagne. La belle route ouzbek de départ s’est vite dégradée. De nombreux travaux en cours pour l’élargir, la rectifier l’ont transformée pour l’instant en piste chaotique. Mais elle est belle et suit le cours d’un torrent tumultueux, avec des gorges, des défilés étroits. De très nombreux petits barrages, dérivations, canaux, exploitent le courant de la rivière.  En haut il y a le village, G’elon… A moitié ouzbek, au trois quarts tadjiks, il a gardé son mode de vie traditionnel de par son isolement et maintenant une certaine volonté de résister à la commercialisation et à l’exploitation de son très beau site.  Nous y avons été reçus dans une maison d’hôtes, dans une famille très accueillante, très serviable. Et oui, on peut s’y laver à l’eau chaude ! 



Les couettes sont suffisantes pour y avoir chaud la nuit et les repas plantureux et savoureux. Seul inconvénient pour nous, on y mange assis par terre sur de minces coussins, on y dort sur des futons, tout est à ras le sol, ce qui met à mal nos articulations et nos vieilles jambes raides. Aujourd’hui nous avons fait une longue balade avec Ahad, un guide local. Joe était restée à la maison le dénivelé prévu ne lui convenant pas car son genou la taquine de nouveau.





Le deuxième jour, découverte du village, accueil chaleureux et anecdotes sur le village, sa vie au cours du temps et son évolution actuelle.




 Kimyo nous gâte et nous chouchoute, excellente cuisinière elle partage ses recettes nous invite à la cuisine et au four à pain. 



Elle est aussi craquante que son pain ! Le dernier soir, on fait la fête. Suite à la proposition d’Ahad on invite deux musiciens traditionnels au gîte. L’un d’eux nous est connu, c’est le peintre dont on a visité l’expo dans l’après-midi ! un peintre réaliste et talentueux. Pour l’occasion on a essayé d’acheter une bouteille de vin dans LE magasin d’alcool du village. La seule bouteille de la boutique qui correspondait au terme « vin » était un vin de fruit, qui à l’usage, s’est révélé une sorte de porto plutôt agréable.  La musique était bonne, ce fut une jolie soirée…  trop courte, car on se couche tôt dans ces pays! Ce séjour dans cette famille restera un de nos beaux souvenirs du pays, doux, reposant et chaleureux, dans un cadre magnifique de nature et d’authenticité.



Aujourd’hui, retour à Samarcande. Le trajet devait passer par un village de fabricants de kilim. A l’aller le chauffeur avait éludé, au retour Françoise et Jo ont insisté. Gros détour par des routes défoncées. Le trajet a été long et éprouvant. Nous avons acheté un kilim, pour que le chauffeur n’ait pas l’impression d’avoir conduit des heures pour rien !











Retour à l’hôtel Zarina. Kimyo nous a gavé, on n’a pas faim, par contre on va s’acheter une bouteille de Chardonnay local avec quelques baklavas que l’on a siroté en évoquant le programme de demain… C’est Boukhara, avec des visites en chemin, mais… C’est pour le prochain article !


30 septembre 2026

Ouzbekistan- Chapitre1- Tachkent-Samarcande

     D’un petit coup d’avion entre Bichkek et Tachkent, nous avons franchi la frontière. Je regrette un peu ce choix induit par l’agence pour gagner du temps, (ou de l’argent) car il aurait été tout à fait possible avec un jour ou deux de plus de passer par la frontière terrestre du sud du Kirghizistan. Cela nous aurait fait découvrir une autre région du pays… Mais pas de lamentations !





     Tachkent : Une ville moderne, agréable avec de très larges avenues ombragées, de la place pour les voitures avec de très nombreuses voies très encombrées, pour les piétons avec de larges allées bordant les avenues et pour les deux roues électriques qui zigzaguent entre les piétons.








    Tachkent ce fut pour nous aussi le plaisir de retrouver notre amie Joe qui nous y a rejoint pour terminer le voyage avec nous, c’était prévu ainsi. Ce qui n’était pas prévu c’était la rencontre plus ou moins fortuite avec Louis et Lucile, un jeune couple amis de Louis, notre jeune globe-trotter, fils de nos amis Visseyrias. 

Lui est actuellement en Chine et ils vont le retrouver et poursuivre plus loin… Il nous a mis en contact via les messageries… On a passé une grande demi-journée ensemble à parler voyages tout en découvrant la ville. Nous avions déjà exploré le métro, remarquable avec ses stations décorées dans des styles différents. Avec eux qui connaissaient déjà, on a eu un aperçu de ce que l’on verrait plus en détail le lendemain.

    Notre guide Javlon est enthousiaste pour nous présenter sa cité. On y découvre de grands monuments à la gloire de la mégalomanie présente et passée. Mosquée et centre culturel musulman érigés par les présidents de la jeune république témoignent de leur attachement à faire revivre en leur nom la gloire et la splendeur de Tamerlan et de son petit-fils héros du pays.






     Ensuite direction Samarcande, en train. 

Train que l’on a failli rater d’ailleurs, le chauffeur devant nous emmener à la gare avait oublié de venir nous chercher à l’hôtel! Course en voiture, course dans la gare bondée, on monte dans le train qui partira finalement avec un bon quart d’heure de retard. Il est très lent et traverse tranquillement les plaines sans charme qui nous séparent de la ville phare du pays, celle dont le nom exalte l’imaginaire.






    Samarcande… En un jour et demi, à pied et en voiture, nous en avons vu les principaux sites, de pures merveilles ! Des joyaux, qui avalés en si peu de temps, laissent un grand flou quant à leur nom, leurs positions. La place du Registan emblématique, le Gour -e-Amir, la mosquée Bibi-Khanoun qui, ici, s’appelle plus simplement la mosquée du vendredi, et pour finir la fantastique allée de mausolées Chah-i-Zinda. Des coupoles bleues qui scintillent au soleil, une profusion de façades en mosaïques, majoliques, terra-cotta richement décorées, nous sommes dans les mille et une nuit un vrai conte de fées… A condition d’oublier, et ce n’est pas facile, les milliers de visiteurs asiatiques, surtout chinois, qui multiplient les selfies devant les portes les plus connues!











De Samarcande nous avons vu aussi le bazar Siob. Les fruits secs que l’on y vend sont si délicieux que l’on n’a pu résister au plaisir de s’en offrir. Nos sacs s’alourdissent et s’arrondissent ! Un peu comme nous, pour ceux qui n’y prennent pas assez garde, surtout celui qui n’y prend garde ! Les plov et les lagman sont goûteux, mais à consommer avec modération ! On mange bien dans ce pays et pour peu cher. Un peu moins de viande qu’au Kirghizistan, le tourisme y est plus développé, mais les quelques plats proposés nourrissent bien leur homme et il y a beaucoup de salades aussi pour celles qui se laissent tenter …à leurs risques et périls ! Joe en a déjà fait les frais…



Demain, nous partons pour une courte incursion au Tadjikistan, deux jours de nature et de montagne avant de revenir ici et de continuer notre pèlerinage de rêve sur la route de la soie.

A bientôt …