

Notre incursion au Tadjikistan n’a pas démarré sous les
meilleurs auspices…Notre chauffeur ouzbek nous pose à la frontière que nous
devons passer à pied. Les formalités sont assez rapides, en une grosse
demi-heure nous sommes de l’autre côté. Mais là, pas de chauffeur tadjik, pour
poursuivre. Au bout d’une heure d’attente, on commence à essayer de contacter
les agences locales, puis la française, tout en refusant les nombreuses offres
de transport qui se proposent à nous. C’est l’inconvénient de passer par les
agences, en cas de grain de sable l’initiative personnelle n’est pas de mise,
nous n’avions pas le droit d’improviser ! Bon, après deux heures un type
se présente et veut nous emmener. Il n’a aucune référence, aucun papier mais
nous tend un téléphone dans lequel une dame nous assure que l’on peut le
suivre… On accepte. Passablement énervé par nos précédents refus, le gars nous
emmène à Tendjakent à une vitesse record, là une charmante dame nous accueille
dans un hôtel. Elle parle très bien le français et fait le relais avec
l’agence. Elle nous dit que notre guide arrive et Bobo apparut ! Un guide
francophone, ce qui n’était pas prévu, doté d’un superbe Toyota qui nous a
emmenés aux 7 lacs. Après un arrêt au bazar de la ville pour manger
on attaque
une longue piste de montagne, mais le temps se gâte, il pleut quand nous
atteignons le 4ème lac. Le gîte se trouve au 5ème. Il
n’est pas très tard, mais Bobo nous conseille d’attendre le lendemain pour
monter plus haut. Nous restons donc dans la maison.
Un hébergement très
inconfortable, glacial, pas de quoi se laver, heureusement tempéré par un
groupe suisse blagueur ! Le lendemain, le soleil était revenu, Bobo nous a
montés en 4x4 presque au 7ème lac, que nous avons pu admirer après
une courte grimpette. Avec Françoise nous avons prolongé la balade jusqu’au
bout du lac par un petit sentier qui le longeait.
Ensuite retour à Tendjikent,
avec la visite d’un petit musée historique à la place du site archéologique qui
n’offre que peu d’intérêt. Le musée par lui-même non plus, sauf que la dame qui
nous avait accueillis la veille pour nous expliquer et débrouiller la
situation, y travaille et s’est montrée une guide admirable et passionnante sur
l’histoire du pays. Retour à Samarcande en fin d’après- midi… Du coup, pour
effacer nos déboires Tadjiks, on s’est offert un repas avec vin ET
dessert ! Le Luxe ! Le vin rouge ouzbek a des progrès à faire pour se
hisser au niveau de nos petites côtes chalonnaise, mais il a quand même été
bien apprécié ! Une bonne nuit à l’hôtel Zarina, avec une douche a fini de
nous réconforter. Ces petits incidents ont déprécié notre court séjour dans ce
pays, c’est dommage car il ne le mérite certainement pas. Je crois qu’il
peut-être un paradis pour les amateurs de treks et randonneurs aguerris. Bobo
qui est aussi guide de montagne en organise pour tous les goûts et niveaux. Les
montagnes y sont magnifiques et encore très sauvages.
Des coins sauvages, il en existe encore en Ouzbékistan.
Nous sommes à G’elon, un village de montagne à la frontière tadjik, à trois
heures de route de Samarcande. Après avoir visité Shahrisabz, la ville natale
de Tamerlan,

avec ses impressionnants vestiges, ses coupoles bleues, nous avons
grimpé une fois encore dans la montagne. La belle route ouzbek de départ s’est
vite dégradée. De nombreux travaux en cours pour l’élargir, la rectifier l’ont
transformée pour l’instant en piste chaotique. Mais elle est belle et suit le
cours d’un torrent tumultueux, avec des gorges, des défilés étroits. De très
nombreux petits barrages, dérivations, canaux, exploitent le courant de la
rivière. En haut il y a le village, G’elon…
A moitié ouzbek, au trois quarts tadjiks, il a gardé son mode de vie
traditionnel de par son isolement et maintenant une certaine volonté de résister
à la commercialisation et à l’exploitation de son très beau site. Nous y avons été reçus dans une maison
d’hôtes, dans une famille très accueillante, très serviable. Et oui, on peut
s’y laver à l’eau chaude !

Les couettes sont suffisantes pour y avoir
chaud la nuit et les repas plantureux et savoureux. Seul inconvénient pour
nous, on y mange assis par terre sur de minces coussins, on y dort sur des
futons, tout est à ras le sol, ce qui met à mal nos articulations et nos
vieilles jambes raides. Aujourd’hui nous avons fait une longue balade avec
Ahad, un guide local. Joe était restée à la maison le dénivelé prévu ne lui
convenant pas car son genou la taquine de nouveau.
Le deuxième jour, découverte
du village, accueil chaleureux et anecdotes sur le village, sa vie au cours du
temps et son évolution actuelle.
Kimyo nous gâte et nous chouchoute, excellente
cuisinière elle partage ses recettes nous invite à la cuisine et au four à
pain.
Elle est aussi craquante que son pain ! Le dernier soir, on fait la
fête. Suite à la proposition d’Ahad on invite deux musiciens traditionnels au
gîte. L’un d’eux nous est connu, c’est le peintre dont on a visité l’expo dans
l’après-midi ! un peintre réaliste et talentueux. Pour l’occasion on a
essayé d’acheter une bouteille de vin dans LE magasin d’alcool du village. La
seule bouteille de la boutique qui correspondait au terme « vin »
était un vin de fruit, qui à l’usage, s’est révélé une sorte de porto plutôt agréable.
La musique était bonne, ce fut une jolie
soirée… trop courte, car on se couche
tôt dans ces pays! Ce séjour dans cette famille restera un de nos beaux
souvenirs du pays, doux, reposant et chaleureux, dans un cadre magnifique de
nature et d’authenticité.
Aujourd’hui, retour à Samarcande. Le trajet devait passer
par un village de fabricants de kilim. A l’aller le chauffeur avait éludé, au
retour Françoise et Jo ont insisté. Gros détour par des routes défoncées. Le
trajet a été long et éprouvant. Nous avons acheté un kilim, pour que le
chauffeur n’ait pas l’impression d’avoir conduit des heures pour rien !
Retour à l’hôtel Zarina. Kimyo nous a gavé, on n’a pas
faim, par contre on va s’acheter une bouteille de Chardonnay local avec
quelques baklavas que l’on a siroté en évoquant le programme de demain… C’est
Boukhara, avec des visites en chemin, mais… C’est pour le prochain article !