16 avril 2026

- Tipaza-Fin du voyage

 

 



     Notre dernière journée à Alger a été belle ! Nous avons visité Tipaza, un site romain à une cinquantaine de km d’Alger. Notre nouveau chauffeur, Aiman, plus jeune et moins prolixe que Faycel, nous y a emmenés dans sa Symbol, une Renault qui ne me semble pas distribuée en France. Nous avons quand même beaucoup échangé avec lui, il nous a parlé des aspirations de sa génération et de ses espoirs quant aux nouvelles politiques qui se mettent en place. Lui espère beaucoup du développement du tourisme, activité qu’il vient d’embrasser après avoir travaillé dans le commerce. Pour lui, il faut d’abord moderniser le système bancaire et financier, archaïque ! Nous approuvons ! Le site de Tipaza est très beau : 

 









Idéalement situé le long d’une petite baie, il aligne ses temples, ruines de villas et emplacements de commerces qui dominent l’eau bleue… Les romains prouvent une fois de plus leur bon goût ! La guide connaît bien son histoire, elle y a joué enfant et grandi dedans. Mais elle nous parle aussi de sa famille, de recettes de cuisine et de ses inquiétudes pour la jeunesse trop rivée à ses écrans plein d’illusions… Que de similitudes !

Nous avons aussi visité un drôle de site, qu’on appelle le tombeau de la Chrétienne, mais qui est en fait celui de la fille de Cléopatre. Son mari, à sa mort lui a fait ériger ce dôme mi-égyptien, mi-romain… Etrange et monumental !

     




Une courte nuit, un petit coup d’avion et nous voilà rentrés ! Il ne fait pas bien chaud, Françoise s’est déclenché une sorte de sciatique, ou douleur aigüe à la hanche en soulevant une dernière fois son sac à la gare de Chalon… De la fatigue accumulée, sans doute ! Il nous faut avouer que plus que les marches dans le sable adaptées à nos capacités, ce sont les modalités pratiques des bivouacs qui nous ont pesé. Couchage à la dure, sous une toute petite tente battue par le vent, dans laquelle nos corps malhabiles ont du mal à entrer, à s’extraire, sanitaires s’étendant à l’infini sous le ciel étoilé, trois nuits étaient largement suffisantes ! Mais quel spectacle !

 







Nous sommes rentrés… Ravis de ce premier contact avec un pays inconnu pour nous, il nous reste à prendre un peu de distance, car les longues discussions avec nos différents interlocuteurs ont infléchi nos points de vue sur nombre de sujets, certains historiques et d’autres d’actualité. Mais ces discussions n’ont eu lieu qu’avec des gens instruits, francophones et souvent francophiles, leurs opinions ne reflètent peut-être pas la majorité… En tout cas, même dans la rue, ce n’était que sourires, mots de bienvenue et même petits cadeaux : Un groupe de jeunes nous ont offert des boissons pour nous les faire goûter ! Le Coca algérien, meilleur que le vrai à notre goût, des sortes d’eau minérales aromatisées… Des gens engageaient la conversation, souvent limitée, car le français commence à se perdre lorsque l’on quitte les grandes villes côtières. Les jeunes passent à l’anglais, LA langue universelle. Ce qui nous a plu aussi c’est qu’ici, contrairement aux autres pays du Maghreb, très peu de mendicité, pas de racolage, pas d’arnaque au touriste, en fait c’est un pays tranquille et agréable à visiter, si l’on occulte la lourde présence policière. Car, sous prétexte d’assurer notre sécurité, et peut-être est-ce vrai, nos déplacements sont signalés, suivis, observés, nos hébergements déclarés… Le jour des grosses intempéries, la police s’est inquiétée à plusieurs reprises de notre retard, de savoir si l’on était bien arrivés… Faycel gérait cela avec bonhomie et répondait gentiment au téléphone qui insistait. Je ne suis pas sûr que seuls, cela soit aussi fluide ! Pour notre sécurité nous aurions été escortés tout au long de la route par des gendarmes rendus maussades par cette corvée inutile !

Nous sommes vraiment tentés par un second voyage, et peut-être irons-nous avec notre voiture, mais si cela se fait, nous prendrons un guide accompagnateur, ne serait-ce que pour nous faciliter le dialogue avec les autorités !

Bribes…

 


    Je vous avais promis de raconter une des anecdotes de notre guide préféré, la voilà. Faycel travaille souvent avec des « pieds noirs » ou maintenant leurs descendants. Un jour, une dame d’une soixantaine d’année l’a contacté pour l’emmener à la recherche de ses racines, son père étant né à Ain Sefra, où son grand-père était chef de gare. La dame visite la gare, retrouve le logement de ses ancêtres et visite aussi les environs : Il y a de belles peintures rupestres à quelques encablures.  En approchant de la falaise aux gravures, elle s’offusque de voir nombre de graffitis, plus ou moins récents parader autour des traces préhistoriques. Elle n’admet pas ce manque de respect, cette inculture et voue leurs auteurs aux gémonies. Mais en avançant un peu Faycel lui fait remarquer un magnifique graffiti, consciencieusement gravé : C’est le nom de son grand-père, avec la date de sa visite ! Il a accompli sons forfait il y a juste 100 ans à un jour près !

La dame a été choquée, je ne sais si elle s’en remettra…

 


06 avril 2026

Djanet

 








Le grand sud ! Nous sommes en Afrique ! Car tout sent l’Afrique ici. Les couleurs, les odeurs, le vent du désert semblable à l’harmattan, et même la peau des gens, sombre, ou noire. Djanet est un îlot dans ce désert sans fin, un îlot aux confins de la Lybie et du Niger, à plus de 2000 km d’Alger. On y arrive et on en repart par vol de nuit, pour quelques jours comme nous ou un peu plus pour les courageux qui font des treks accompagnés de chameaux.


Notre guide Houcine, nous a choisi des itinéraires complètement différents de ceux proposés par l’agence. Ils lui ont semblé mieux adaptés…Et, c’est vrai qu’ils ne nous ont pas épuisés, on aurait pu marcher un peu plus dans ces paysages merveilleux. Car Djanet offre une variété de déserts, dans un espace relativement restreint. Il y a des dunes, bien sûr, de sable clair qui se découpent sur le ciel bleu, les cartes postales, il y a des roches sculptées par le vent et l’érosion qui jaillissent du sable, coiffées parfois d’un chapeau de pierre, comme pour se protéger du soleil brûlant. Il y a des canyons, des forêts de rocs noirs, il y a aussi des peintures rupestres qui témoignent d’une autre réalité, à une autre époque.









Ces quatre journées vont vraiment rester parmi nos beaux souvenirs, c’est vraiment un beau désert et visité dans des conditions immersives. Très peu de monde, on a l’impression grâce aux bivouacs d’être loin de tout. Malgré l’inconfort et les incommodités du campement il procure une sensation d’isolement qui devient rare. Mais que la terre est basse, les tentes minuscules et les habitudes d’hygiène tenaces ! Là, la vie redevient minimaliste, le feu de camp, les thés du soir et les étoiles… Il y a quand même un cuistot qui s’est débrouillé comme un chef pour nous fournir des repas variés, un chauffeur qui tire le meilleur de son Toy de 92, la voiture est plus vieille que lui, plutôt déglinguée, mais nous a promenés à travers les paysages grandioses choisis par le guide.




Lui, avance de son pas glissé de touareg, nonchalant, négligemment et nous faisons de notre mieux pour le suivre, ne pas se laisser perdre dans cet inextricable écheveau de roches perchées, de sable et de traces qui se croisent ou se perdent. Nous avons marché sur ses pas dans la vallée perdue d’Essendilène chère à Frison-Roche, pour ceux qui s’en souviennent, dans la forêt de pierre, grimpé jusqu’à l’arche au scorpion, glissé sur les dunes jusqu’au très beau site de la « vache qui pleure », voilà nous avons visité les plus beaux coins du  parc du Tassili N’azjjer.













    Cette nuit, nous reprenons l'avion pour Alger, où nous aurons une journée pour visiter ce que nous n'avons pas encore vu et surtout le site romain de Tipaza que nous ne voudrions pas rater. Oui, la vie de voyageur n'est pas de tout repos! Et après demain, le retour...