Depuis trois
jours on longe la rive sud du grand lac Issyk Kul . Si la rive nord est un
grand chantier de construction d’immeubles et d’hébergements, la rive sud est
un immense chantier de construction d’autoroute. L’état, largement mégalo, veut
absolument une 2x2 voies tout le tour du lac ! Pour quels besoins ?
Nul ne le sait… Peut-être la mine d’or que les canadiens ont cédé au frère du
président et qui nécessite de grands transports ? Pour nous cela gâche le
trajet, le paysage et compromet un avenir équilibré du pays. A travers la
poussière on aperçoit à gauche des pics majestueux, à droite l’immense lac aux
reflets irisés.
« Les sept taureaux » est un site connu, une formation géologique curieuse, au bout de la paisible vallée de Jeti Oguz. La petite route qui y menait s’est muée en un chantier compliqué, où l’on zigzague entre les engins, entre des voies provisoires, et des signalisations hermétiques.
Tout au bout une petite route, en travaux d’élargissement elle aussi, mène à un belvédère d’où l’on peut admirer les fameux rochers et boire un café. L’occasion d’un joli coup de sang : Ma carte Visa a disparu de mon portefeuille dans lequel elle devrait se nicher profondément ! Après réflexion et recherches une évidence s’impose : Je l’ai oubliée dans le distributeur, juste après notre arrivée, quand j’ai voulu posséder quelques Som Kirghizes. L’énorme avantage d’avoir un guide local devient évident dans ce genre de situation ! Un quart d’heure au téléphone, il a localisé ma carte, récupérée par l’agence bancaire. Nous passerons la chercher lors de notre départ de Bishkek. Ouf ! Mais quand même, oublier sa carte, c’est lourdement significatif… Du coup le café avait eu un goût amer, normal pour un expresso serré, et les « sept taureaux » perdu un peu de leur attrait.
Le canyon de Skazka est un autre très joli site. La piste est restée piste, cahoteuse, caillouteuse et poussiéreuse. En fait comme les travaux ailleurs… Le site se contemple du haut d’une éminence que l’on atteint par un court et très raide sentier, puis se parcourt par de petits sentiers. C’est un labyrinthe de roches de toutes les nuances d’ocres, de failles, de formes sculptées par l’eau et le vent. Le site nous rappelle un peu ce que l’on a vu aux Etats Unis, à Bryce Canyon… en plus petit quand même ! Mais c’est très beau, on s’amuse un bon moment à parcourir ce lieu un peu magique.
Spécialité kirghize : La fauconnerie ! On a assisté à une démonstration qui nous a beaucoup plu. Les aigles dressés revenaient se poser sur le poing du fauconnier, ou se livraient à des simulacres de chasse sur une peau de renard. Les jeunes fauconniers, yeux bleus largement bridés, en costume kirghize avaient l’air tout droit sortis d’une légende. Bon, on a quand même posé avec les aigles sur le poing et tenté de toucher la cible avec l’arc local, l’autre arme de chasse, la légende s’efface devant le tourisme. Mais c’était intéressant et instructif.
Encore un
canyon : Celui-là, le canyon d’Ak Saï descend en pente douce vers le lac
Issyk Kul . Il sinue à travers les roches rouges, une belle piste, assez
large, que nous avons fait en grande partie à pied, à l’étonnement des 4x4 que
l’on croisait. C’est vrai, la balade commence réellement après, quand depuis le
rivage, on suit le sentier abrupt qui mène au sommet d’une petite éminence. De
là, le panorama est superbe : d’un côté le lac bleu, au fond duquel, très
loin on distingue les montagnes blanches des Monts Célestes et de l’autre un
paysage étrange et lunaire de roches presque sableuses, sillonnées de longues
cicatrices que sont les failles ou mini canyons…
Dans ce pays il n’y a que très peu de monuments à voir, alors on fait dans l’instructif et la pédagogie : dans le village de Kyzil Tuul on nous a montré comment fabriquer sa yourte. C’est pas si compliqué que ça, mais il me faudrait encore un peu d’entraînement. Façonnage et courbure des bois, montage de la structure, pose des lais de feutre…
Demain, on essaie en vrai de dormir dessous, au bord
du lac Song Kul à 3000 mètres. On a rencontré des gens qui en venaient, ils en
étaient encore tout frigorifiés !
















