LA baie d’Ha Long ! Voilà un
site qui peuple les rêves, qui nourrit
les fantasmes et les espoirs de nombreux voyageurs. On imagine beaucoup
sur Ha Long, on voit les rochers percer
la mer et se planter comme des crocs dans le ciel bleu, on les imagine
aussi enveloppés d’un voile léger de brume se dévoiler au gré
des souffles de vent, se parer ainsi d’irréalité, et bien sûr, on n’échappe pas
à la carte postale des levers ou couchers de soleil sur la baie.
La baie d’Ha Long
ne dément pas ces rêves, c’est vraiment
un endroit grandiose et magnifique, que les mots peinent à décrire. C’est un
paysage immense, qui se renouvelle sans cesse, sans jamais changer vraiment.
Ces îles, îlots qui se dressent comme pour hisser la tête hors de l’eau, faits
de vert et de roche, entaillés, fissurés, couverts de trous et de bosses se
ressemblent en étant tous différents. Nous n’en avons vu qu’une petite partie,
c’est sûr, mais sillonner longuement cet univers n’apporterait sans doute pas
beaucoup de surprises… Quelques points de vue différents, des rochers plus
particuliers, peut-être….
Bon, je vous raconte. Après deux
derniers jours sans grand intérêt dans notre boucle nordique, on plonge sur la
baie. On garde, malgré le temps maussade et froid qui ne nous quitte pas, le
secret espoir de voir la baie sous le soleil et … c’est gagné ! Il fait
beau, le ciel est bleu, même si le pull est toujours de rigueur.
On embarque
vers midi sur notre jonque, un modèle moyen de douze cabines. La
« croisière » de deux jours une nuit s’avère en fait durer vingt
quatre heures seulement, et encore, puisque l’on débarque le lendemain sur le
coup des onze heures. Le temps de navigation lui aussi nous laisse un peu sur
notre faim. Trois heures le premier jour, à peu près autant le lendemain pour
rentrer au port. Pas tout à fait par le même chemin c’est déjà ça !
La
baie d’Ha Long est une grosse entreprise touristique gérée au plus serré. On
libère les cabines à neuf heures trente du matin pour que l’équipage ait le temps
de les préparer pour le tour suivant qui démarre à midi ! Et tous les
bateaux, les plus grands, les plus petits semblent suivre le même modèle
puisque l’on se retrouve tous au port en même temps quelle que soit la
compagnie !
Mais cela, ce sont les petits
tiraillements qui nous agacent lors de la visite de très grands sites, où tout
est organisé, planifié, codifié :
On gère la foule, on l’exploite au
mieux, afin qu’elle soit globalement satisfaite et qu’elle génère des bénéfices
durables… Dans un pays communiste, un des quatre derniers, les compagnies
privées qui gèrent les bateaux ne peuvent rêver mieux !
Mais la baie était magnifique, le
premier jour sous le soleil, le lendemain les nuages ne se sont dégagés que
petit à petit, la jonque de bois était belle bien que vieillissante, l’équipage
aux petits soins, et les repas de premier ordre. Vingt quatre passagers, de sept nationalités
différentes représentant presque tous les continents avec lesquels nous avons
pu échanger de façon fort sympathique. Parmi les « animations »
proposées, Françoise a réussi à pêcher le plus gros calmar du jour, et presque
l’un des seuls, mais nous avons renoncé à la baignade,
comme tout le monde
d’ailleurs et au kayak, devenu un peu trop inconfortable à nos jambes
fatiguées, et un des cuisiniers nous a fait une magnifique démonstration de
présentation de légumes en bouquet de fleurs…
Tout cela reste anecdotique. Je
suis resté longtemps sur le pont, les yeux éperdus devant toute cette beauté,
fixant avec mon appareil des images qui se ressembleront toutes et ne seront
pourtant jamais vraiment les mêmes. Le rêve perdurera….
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