13 mai 2015

Bribes...


 Une journée de voyage…

Ce matin, on quitte Sajama à  6h30. On a sur le dos les quatre couches nécessaires pour se protéger du froid. Les petits sacs à dos sont vides afin de recevoir les pelures au fur et à mesure de l’épluchage de l’oignon. Le mini bus part, fait un détour au village frontière avec le Chili pour essayer de trouver d’autres clients, n’en trouve pas et file vers Patacamaya, où l’on arrive vers  8h30. Pas le temps de déjeuner, on monte dans un «collectivos », un autre petit bus, qui se remplit vite et part sur Oruro. Nous sommes serrés dans le petit véhicule, mais la route est bonne, c’est la toute neuve autopista N°1, lisse et rapide. Oruro, 11h00 du matin, dans la gare routière on cherche un bus qui nous emmènerait directement à Sucre, mais ceux-là ne partent que le soir alors on opte pour scinder le voyage et faire une halte à Potosi. Justement, on nous en propose un qui part dans… 5 minutes !  Vite, vite, on achète de quoi grignoter, on court aux toilettes, on saute dans le bus et en route pour 5 grosses heures de route. Une première partie monotone sur l’altiplano infini, des troupeaux de lamas qui s’égrènent sous le ciel définitivement bleu, et puis on aborde des montagnes, une route en lacets qui s’élève encore, des falaises rouges, des canyons, des petits villages avec leurs incroyables murets de pierres, leurs enclos à lamas et les maisons aux toits de chaume. 17h30. Arrivée à Potosi, le bus nous pose un peu à l’écart du terminal principal, … On s’y précipite, on ne sait jamais, s’il y avait encore un départ pour Sucre ? Hé, bien oui, justement, le dernier bus est en partance… On achète vite des biscuits et des  chips, une bouteille d’eau, et en route pour la dernière partie du trajet. La nuit tombe, on descend de l’altiplano jusqu’à Sucre qui est bien plus bas, (2500m au lieu de 4000). Vers 21h00, on arrive à Sucre, le terminal est fermé, mais un taxi nous prend en charge dès notre descente du bus et nous emmène vers l’hôtel que nous avions repéré sur les guides. Ouf ! Il lui reste deux chambres disponibles, on pose les bagages… et bonne nouvelle, les douches sont chaudes !

Bribes...


Rencontre.

Encore une rencontre dans notre étonnant voyage, une rencontre un peu prévue, pas vraiment fortuite. Cette rencontre nous nous y étions préparés, même si nous ne l’espérions pas, et voilà… C’est fait ! On a rencontré le froid !

On ne peut pas dire qu’il faisait chaud, avant, depuis qu’on s’est élevé. Déjà à Cuzco, les nuits étaient fraîches et humides, et puis au Titicaca aussi, on se couvrait à la fraîche, à La Paz, le soir, on s’habillait carrément, mais là, là, à Sajama… On sort toutes nos couches, on les superpose, on les entasse !

On est haut, c’est vrai, le village est à 4250 mètres d’altitude et ça se sent ! Le jour, tout va bien, le soleil est là, féroce, agressif, on sort la crème solaire, on protège son crane, on a des velléités de bronzage, et puis l’après-midi, le vent de l’altiplano se lève, frais, très frais, on rajoute vite une couche ou deux. Un peu plus tard le soleil bascule derrière les montagnes, d’un coup, la température chute… On rajoute une ou deux couches… Le soir vient lentement, les chambres sont glaciales, la salle de l’hôtel encore pire. On mange, emmitouflés jusqu’aux oreilles… puis on regagne nos chambres sans guère d’alternative possible. On se glisse sous les lourdes couvertures du lit, et on rêve de pays doux, chauds et douillets.

Sajama


 
On a quitté La Paz, la folle ville perchée,
après l’avoir explorée encore un peu, essayé d’autres téléphériques, visité d’autres quartiers… On l’a quitté avec un bus lent, très lent, qui s’escrimait à monter sur l’Alto, comme pour nous laisser des regrets de partir. On avait décidé, bien que le temps nous soit maintenant compté d’aller au parc national de Sajama,  une réserve à l’écart, à la frontière chilienne. On quitte notre bus à Patacamaya, une ville rue, sans aucun charme, pour trouver un mini bus qui doit nous emmener à Sajama. On en trouve un, qui nous avait repérés… Il nous emmène bien à Sajama, rapidement et confortablement, mais à un prix pour touristes ! On s’est fait avoir !



Sajama :
Un petit village, tout petit, au bout de l’altiplano, et tout contre le majestueux mont Sajama, volcan retraité, qui attire en saison beaucoup d’alpinistes qui viennent affronter ses 6500 et quelques mètres. Mais ce n’est pas la saison et le village est désert.
 
Un hôtel subsiste, vivotant avec les quelques égarés comme nous qui viennent se repaître de solitude, de soleil, de désert et …de froid !

L’isolement est total… et la nuit le froid, glacial ! L’hôtel est rustique, sans eau chaude et bien sûr sans chauffage, ici, ils ignorent complètement ce concept pourtant simple et assez répandu dans le monde, le monde où les températures descendent en dessous de zéro !
 
 
Mais on ne se plaint pas, on a choisi et les balades compensent largement ces quelques inconvénients. Un champ de geysers se trouve à une dizaine de kms du village. La propriétaire de l’hôtel, devait nous y emmener, mais finalement nous loue son 4x4 pour y aller. On se promène librement au milieu des petites mares qui bouillonnent,
 riches de tout un dégradé de couleurs, les fumerolles s’échappent de tout un réseau de ruisseaux, et nous sommes seuls, presque seuls au milieu de cette immensité,  car une jeune suisse vient nous demander de la redescendre. La marche ici, est vite fatigante, on s’essouffle rapidement.
 
Une vigogne sauvage
 
 On en aura la démonstration l’après- midi ; on se fait véhiculer vers des sources d’eau chaude, qui forment des piscines naturelles et l’on doit en revenir à pied, « caminando »…  Le bain est merveilleux, chaud, très chaud, avec le Sajama et son front blanc qui nous domine… Le retour l’est moins. Pas de chemin marqué, on coupe à travers l’altiplano, droit sur le village que l’on aperçoit au loin. Et on a la désagréable impression que ce loin reste toujours aussi loin. On progresse dans les touffes d’herbe à lama, piquantes, on contourne des zones de tourbe dans lesquelles inévitablement on finit par mettre le pied, le vent se lève et nous cingle le visage… Finalement, on arrive et quand on regarde l’heure, on a la curieuse sensation que le temps ne s’est pas écoulé normalement, la marche nous a paru bien plus longue qu’elle ne l’a été réellement…
 

Une seule  journée nous aura suffit  pour faire le tour de ce qui nous était accessible à Sajama,  on va s’extraire de ce bout du monde et tenter d’aller à Sucre en une journée…

 Et le miracle fut…
Notre appareil photo avait rendu l’âme, du moins le croyais-je, dans la tourmente de notre arrivée dans la forêt. Françoise, elle, avait gardé espoir d’une résurrection. Hé bien, c’est elle, la mécréante notoire qui avait raison. Notre appareil fonctionne à nouveau ! La convalescence a été assez longue, il y a eu quelques rechutes, les photos étaient noires, ou zébrées de traits de lumière du plus bel effet, mais petit à petit les périodes de   rémission se sont allongées, et depuis quelques jours l’appareil semble complètement rétabli. Résurrection vous dis-je, miracle ! Reste à savoir si la période de résurrection va être un peu plus longue que celle du seul précédent  connu !
 

08 mai 2015

La forêt


 
 Depuis hier nous sommes à bord de la Reina de Enin, notre hôtel flottant… Nous avons mis un peu plus longtemps que prévu pour le rejoindre ! Normalement un petit coup d’aile depuis La Paz et c’était joué, mais c’était sans compter les caprices de la météo. On quitte La Paz sous un grand soleil, moins d’une heure après l’appareil se pose à Cochabamba, une escale non indiquée sur le billet. De là une partie des passagers continue sur Sucre, mais nous, on descend et on nous fait changer d’avion…  Bon, on réinvestit un nouveau Boeing, on attend le décollage mais rien ne se passe… Au bout d’un bon moment on nous annonce que le vol est retardé, l’aéroport de Trinidad étant paralysé par la pluie qui s’abat sur la région. Finalement on décolle vers 15 heures au lieu des 9 heures et quelques annoncées. Quand on se pose, on comprend vite, qu’effectivement il a beaucoup, beaucoup plu ! Malheureusement ce n’est pas fini ! Le taxi qui nous emmène au port louvoie entre d’énormes flaques d’eau, franchit des gués, et ses essuie- glaces et la buée ne laissent qu’une faible visibilité, dans le jour qui décline déjà. Au « port »,
c'est-à-dire l’endroit où les pirogues peuvent accoster, une barque nous attend. On descend avec précaution les berges boueuses, on nous prête, heureusement, des ponchos de toile de plastique et l’on part, moteur ronflant vers l’hôtel qui nous attend. Pour une découverte de l’Amazonie, c’est une vraie immersion ! Le ciel se déverse dans la rivière, ou bien peut-être l’inverse, on ne sait pas trop. De chaque côté une muraille verte cerne vaguement le flot d’eau qui nous entoure.
 
Françoise essaie de faire quelques photos… Mais l’appareil ne se remettra pas de ces tentatives. L’électronique noyée va rendre l’âme… Françoise espère qu’après séchage il y aura une résurrection, mais si elle a lieu, comme toute résurrection, elle tiendra du miracle ! Nous arrivons donc trempés au « flotel ». C’est un très curieux engin. Un catamaran, surmonté de deux ou trois étages, des velum pour protéger du soleil, ou de la pluie, des appendices divers, des barques en remorque… le tout planté dans la forêt infinie, au détour d’une rivière… On se croirait dans un dessin animé de Myazaki, au cœur d’un de ses contes magiques.
 

Pour l’heure, on s’essore, on s’égoutte, on prend pied sur ce qui était quelques jours de luxe coûteux dans notre voyage !

On se remet devant un bon repas,  le charme des cabines et la qualité de l’accueil nous mettent du baume au cœur sans toutefois ôter la chape d’humidité qui nous imprègne.

Le personnel nous propose diverses possibilités d’activités, d’excursions, de découvertes en fonction, bien sûr du temps qu’il va faire. Mais celui-ci s’améliore, indéniablement. La pluie diluvienne de la veille a laissé place à une sorte de crachin breton, qui devant son incapacité à nous mouiller vraiment finit par rendre les armes. Le ciel reste gris, mais nous verrons apparaître, dans l’après-midi de rares rayons de soleil. Le matin une longue balade en pirogue nous fait découvrir faune et flore du coin. Beaucoup d’oiseaux, des hérons et des martin- pêcheurs fréquents au bord du Doubs (Mais à quoi ça sert d’aller si loin pour voir les même bestiaux que chez nous !), mais aussi des cormorans, des rapaces et plein de beaux, grands arbres… L’après-midi on réitère, mais cette fois on s’enfonce dans d’étroits chenaux qui se perdent dans cette terre qui n’est ni terre ni eau.
Des lacs, des lagunes, s’ouvrent, se ferment, on passe d’une rivière à l’autre, d’un bras à l’autre. Parfois, le long d’une berge, un espace découvert, plus ou moins déboisé, avec une petite chaumière, une velléité de culture, de plantation, vient rompre la monotonie de l’immensité verte. On s’enfonce dans un chenal, la petite barque louvoie, effectue des contorsions, elle s’insinue au cœur de la végétation, dans un passage plus bas, plus étroit, on baisse la tête pour éviter d’être giflé par les branches qui essaient de nous barrer le chemin. Françoise pousse un cri, ses lunettes ont disparu, happées par la main malicieuse d’un petit singe jaune, ou plutôt jetées à l’eau par une branche revancharde. On cherche, on fouille, on repasse, on scrute…Sergio, notre jeune guide plonge, fouille à tâtons l’eau boueuse, il faut finalement entendre raison, les lunettes sont bel et bien perdues…
 Françoise n’a plus que ses lunettes de soleil ce qui n’est pas l’idéal pour lire le soir, ni même pour distinguer au loin un dauphin rose émergeant subrepticement de l’eau sous un ciel gris et menaçant… De retour à La Paz nous essaierons de lui trouver une solution provisoire.

Ce matin, mercredi 6 mai, nous partons à la pêche aux  piranhas. En route, nous passons à « l’office » de l’hôtel, ce qu’ils appellent leur bureau. C’est un coin de la grande rivière, encombré de troncs et de branchages, où bizarrement il y a un brin de connexion téléphonique.
Puis on pénètre encore une fois dans le labyrinthe vert, pour lancer nos cannes. Les piranhas voraces dévorent les morceaux de viandes avant qu’on ait le temps de les ferrer. Vu mes talents de pêcheur je n’avais guère d’illusions sur mes chances de réussite, mais seuls nos accompagnateurs réussiront une modeste pêche, que l’on a mangé à midi.  C’est bien bon le piranha, c’est comme de la petite friture, mais en plus gros !

L’après-midi, c’est découverte de la forêt, de ses plantes et de leurs vertus thérapeutiques supposées. Au cours d’une balade boueuse, dont nos vêtements et nos chaussures, nos uniques chaussures, reviendront dans un triste état,  nous nous enfonçons dans la silva. Sergio nous arrange le passage à la machette et commente les plantes, les arbres…Il m’a beaucoup rappelé, en bien plus jeune, les tradipraticiens africains, leur foi dans une phytothérapie ancrée dans la tradition, leur méfiance du modernisme à tout prix, de la société de consommation. Plus éduqué, notre jeune guide se veut écologiste, ouvert au monde, il gagne sa vie avec les voyageurs qui passent, et a des rêves de jeune homme moderne,  mais se sent quand même séduit par des modes de vie autarciques au cœur de cette forêt qu’il aime et qu’il défend.

Le soir, à la brune, on ressort une barque pour tenter de voir des caïmans, ou des alligators on ne sait pas trop… C’est une superbe promenade sous les étoiles qui parsèment les nuages. L’eau est noire, l’eau est partout, des lucioles scintillent parfois, le silence est ponctué par les sauts des poissons qui retombent bruyamment dans l’eau.
 
 Des yeux brillent sous le feu de la torche, ce sont de petits caïmans, qu’Ariel qui nous guide ce soir, attrape d’un geste vif derrière la tête pour nous les montrer de près. Les grands caïmans qui laissent de profondes traces sur les rives sont restés invisibles…
Le paysage est immensément calme. On rentre à La Reina, amarrée au confluent des deux rivières, seules quelques lampes la signalent et lorsque le générateur sera éteint tôt dans la soirée, la nuit régnera entièrement.

Bribes...


 Les lunettes de Françoise.

Il y a lunettes et lunettes… Certaines ont de la chance d’autres pas. Celles de Françoise entrent délibérément dans la seconde catégorie. Il n’y  a pas pire destinée, pour une paire de lunettes normales, bien élevées, que d’échoir à Françoise au détour d’une échoppe d’opticien. Il leur faut s’attendre alors à en voir de toutes les couleurs, même des vertes et des pas mûres ! Pour elles, foin des boîtes douillettes, de la vision  tranquille d’un livre sur le coin du canapé, ou de la télévision qui ronronne, non, elles sont posées sur le nez, oubliées et pourtant indispensables, livrées à toutes les vicissitudes des multiples activités de leur propriétaire.  Certaines ont ainsi servi  de protection lors de travaux de meulage, de sablage, prouvant ainsi que les verres antireflets modernes s’opacifient aussi vite que les anciens sous l’impact d’abrasifs puissants, d’autres ont vu leur résistance mécanique testée lors d’un impact violent avec le gentil chien lancé à pleine vitesse. Il s’avère que plus la monture est légère, moins elle résiste… Étonnant, non ? La plupart ont été égarées momentanément, Françoise ayant l’habitude de les poser n’importe où, sans y prêter attention, et bien sûr étant incapable de les retrouver ensuite puisqu’elle ne les a plus sur le nez !

Une paire, a eu la chance d’être retrouvée alors qu’elle avait été perdue, dans la brousse, à la frontière du Bénin et du Burkina, lors d’un arrêt pipi à la tombée du jour. Heureusement, Françoise lorsqu’elle marque son territoire prend des repères ! Le bus arrêté sitôt le constat de perte effectué, c'est-à-dire un ou deux kilomètres plus loin, un élan de solidarité a poussé beaucoup de passagers à venir participer aux recherches. Les repères retrouvés, les lunettes l’ont été aussi !

Cette fois, les lunettes perdues en Amazonie ne seront pas retrouvées, du moins pas par nous, car qui sait… on peut tout imaginer !

02 mai 2015

Entrée en Bolivie

 



Nous sommes à La Paz depuis quelques heures. C’est une grande ville grouillante, animée, bruyante que nous commençons tout juste à explorer. Nous y sommes arrivés depuis Copacabana par l’altiplano. Là-haut s’étend une banlieue, l’Alto, plus peuplée que la ville et encore plus étendue, et d’une aussi désolante laideur que les villes dont je parlais au Pérou. On peut donc étendre ma triste réflexion à la Bolivie aussi. Pourtant, les premiers jours à Copacabana nous avaient rassérénés. C’est une jolie petite bourgade campée au bord du lac entre ses deux collines. Calme et sereine dès la nuit tombée, peu de véhicules, on s’en est vu pour trouver des taxis, c’est dire ! De là on est parti visiter l’Isla del Sol, à trois heures de bateau environ,
 
le  pendant bolivien des îles péruviennes, en face. On débarque au port nord dans la matinée et on nous récupère dans l’après-midi au port sud, la majorité des gens faisant la balade dite des crêtes, recommandée par les guides. Le chemin, soi-disant inca, monte en pente assez douce, passe par des ruines incas que l’on n’a pas visitées, trop pauvres après ce que l’on a eu la chance de voir, et suit la crête de l’île, offrant des paysages magnifiques sur le lac. L’île est plus aride que Taquilé, bien moins verdoyante et on y remarque moins le travail de l’homme.


Jacques et Jo ont choisi une autre balade, en principe plus courte, mais dont les grimpées étaient finalement plus rudes ! Contrairement à nous, eux ont préféré cette île à Taquilé …

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vendredi 1er mai.

Depuis hier on se balade dans La Paz… Ce matin on a affrété un taxi pour se rendre à « Valle della Luna »  encore une autre vallée de la Lune, un site étrange de cheminées de fées près de La Paz. C’était beau, dans un grandiose cadre de montagne…
 
 
Mais nous avons la chance de connaître la Cappadoce, en Turquie, et Bryce Canyon aux USA, qui sont bien plus beaux et grands… On commence à devenir difficile, on a trop de points de référence, de comparaisons possibles, alors on fait la fine bouche.
 
 Mais La Paz, elle, est une ville étonnante et nous n’en avons encore pas vu de comparable !

Elle est bâtie dans un immense amphithéâtre montagneux que l’on découvre brutalement quand on arrive de l’altiplano. Elle se décline en strates sociales, les plus pauvres en haut, les plus riches en bas. Tout en bas, il y a les gratte-ciel du quartier financier, des affaires. Au milieu, là où nous logeons, le quartier historique, et aussi le centre gouvernemental et administratif, avec  les plus belles bâtisses, de style colonial. En fait, c’est une ville récente, peu de constructions datent d’avant le XIXème siècle.
 
Mais ce qui en fait son charme, c’est l’immense animation qui y règne. Les rues sont transformées en un immense étal, de petits stands qui vendent tout et n’importe quoi.
 
Ce marché se construit dans la matinée, où les vendeurs arrivent portant d’énormes sacs, où poussant dans les rues pentues des diables lourdement chargés, s’installent jusqu’au soir et remballent leur marchandise vers neuf ou dix heures. Entre ces stands louvoie une foule immense, bon enfant, qui s’arrête pour grignoter une douceur, boire un jugo ou une sucrerie, manger une comida debout dans la rue, chez une bonne indienne campée en costume traditionnel devant ses marmites fumantes et qui propose du poulet, bien sûr, des truites, mais aussi des chicharrons ( confit de porc, d’agneau ou …de poulet !) accompagnés de papas (pommes de terre ) sous différentes formes et de l’inévitable riz blanc. L’Amérique du Sud n’est pourtant pas productrice de riz, c’est bizarre cette prédominance du riz dans l’alimentation, non ? Ne serait-ce pas encore une stratégie subtile des chinois pour s’implanter dans ce continent où pour le moment ils n’ont que peu d’emprise ? En tout cas il est difficile d’éviter dans les menus ce fameux petit grain qui nourrit le monde !

Certains s’attroupent devant les écrans télé qui retransmettent des matches de foot aux commentateurs hystériques, ou des novellas débiles, mal jouées mais qui passionnent pourtant. D’innombrables stands proposent aussi des disques, tous les disques et les passent le plus fort possible sur un matériel pour le moins hétéroclite dans une cacophonie assourdissante. Ajoutez-y la ronde incessante des collectivos, petits bus de ville qui vous ramassent n’importe où pour vous amener à la destination indiquée sur leur pare-brise surchargé d’inscriptions et de décorations. Beaucoup sont des petits Toyota, mais il circule encore pas mal de vétérans des US, de vieux Dodge repeints et couverts de gadgets, des Ford, des Chevrolet, j’ai même vu un Fargo qui grimpait vaillamment une forte pente avec un bruit de moteur depuis longtemps oublié. Il devait avoir pas loin de mon âge…

L’air de La Paz, malgré l’altitude n’est donc pas si pur que ça. On  y respire, comme dans beaucoup de grandes villes du monde, beaucoup de vapeurs d’essence, d’effluves diverses ; la différence c’est que l’on y respire souvent par la bouche, nos nez d’européens ne suffisant pas à assurer une ventilation suffisante à cette altitude et que l’on se retrouve vite avec gorge irritée, pharynx enflammé, bronches encrassées… On se nettoiera dans le sud Lipez, c’est encore plus haut mais il n’y a pas de circulation !

 


 Nous avons eu quelques difficultés de connexion à La Paz, ce qui nous a mis un peu en retard. La publication depuis un café est laborieuse!

30 avril 2015

Bribes...


Pérou chantier…

Au Pérou, nous avons vu des merveilles du passé, enchâssées  dans des merveilles naturelles, des ruines aux pierres ajustées, rigoureusement alignées, taillées, préparées, des constructions soigneusement adaptées à leur environnement, qui épousent les montagnes… Il y avait un souci évident d’esthétisme en plus de l’aspect pratique, fonctionnel, et même antisismique grâce à l’architecture trapézoïdale de ces bâtiments.

Au Pérou, nous avons aussi vu les horreurs de présent, toutes les banlieues, quartiers extérieurs et toutes ces villes qui semblent pousser comme des champignons, des champignons vénéneux ! Aguas Calientes, au pied des ruines les plus célèbres, Juliaca, près du lac Titikaka,  Ilave, près de la frontière bolivienne, capitale du pays Aymara, sont toutes d’immenses chantiers habités. La technique de construction est simple : Sur une dalle de béton on élève des piliers, on coule une nouvelle dalle, puis on remplit les murs avec un briquetage léger, on laisse des ouvertures fermées avec des portes en tôle, une sorte de plexiglas fumé ou peut être du verre très fin pour les fenêtres et hop ! Le rez-de- chaussée est habitable ! Bien sûr on prévoit des fers à béton pour les étages futurs : Ils dépassent de plusieurs mètres des piliers existants, on les réunit en bouquet et on plante un joli seau en plastique dessus pour les protéger. Jamais de crépi, de toiture terminée, tout est toujours inachevé et néanmoins habité. Les antennes de télévision qui hérissent ce qu’il faut bien appeler les toits, sont là pour le prouver, ainsi que les étendages qui mettent la seule note de couleur gaie. A Juliaca, une grosse ville, autour de trois cent mille habitants le plan d’urbanisation est ahurissant. De grandes avenues traversent la ville, elles sont larges et ont en leur milieu une allée piétonne qui serpente, avec des abribus, de jolis luminaires et même je crois des panneaux décoratifs ; c’est bien n’est ce pas ? Mais voilà, de chaque côté c’est un chantier ! Les voies ne sont que partiellement goudronnées, les véhicules circulent dans une anarchie complète dans la boue en zigzaguant pour éviter les nids de poule qui jalonnent leur trajectoire… L’allée piétonne est vide, inutile, inaccessible…En bus, nous avons mis une grosse demi-heure pour traverser la ville. Je crois que je n’y ai pas vu une seule maison terminée… Chaque rue, chaque aspect de la ville est le même, une perspective de briquetage mal finis, des terrasses encombrées de tôles, d’étendages, hérissées de fers à béton, des escaliers sans rampe, qui débouchent sur rien, des rues, ruelles, non revêtues, sales, dignes des villes africaines, la chaleur en moins . C’est une vision d’une tristesse infinie, que cette attente indéfinie d’un futur meilleur, que cette absence définitive de beauté, du moindre élément destiné à rendre joli, propre, agréable à voir… Que sont devenus les incas ? Leur rigueur, leur sens de l’organisation ?

Leurs descendants qui portent aux nues leurs soi-disant ancêtres feraient bien de s’en inspirer un peu, pour rendre avec les techniques actuelles leurs villes plus confortables, plus agréables à voir.

28 avril 2015

Lac Titikaka



 
Encore un nom magique ! Lac Titikaka… Depuis l’école  primaire, où le nom prête à rire, il figure en bonne place dans le bestiaire des lieux lointains, exotiques, presque inaccessible comme situés dans un autre monde… Et voilà qu’on y est !

Depuis Cuzco on a pris un beau bus, touristique, qui s’arrêtait dans des lieux à visiter… C’était un luxe un peu inutile, après le Machu Picchu,  difficile d’exciter l’intérêt… On attend le lac !

Avant d’y arriver, on traverse Juliaca et puis on arrive à Puno, LE point d’accès au lac. Puno est une ville sans aucun intérêt touristique mis à part le lac. On s’y arrête, on y dort, on y mange et on y prend le bateau. Cette fois on a décidé d’éviter toutes les agences, toutes les propositions commerciales trop tentantes pour être honnêtes… Il nous faudra faire quelques impasses, mais on part sur les barques publiques de l’île  de Taquilé, où l’on passera une nuit, encore une excursion avec petit sac à dos, une nuit chez l’habitant.

Le matin, on quitte l’hôtel après une nuit diluvienne, toute la ville est privée d’électricité, pour rejoindre le port où nous attend le bateau. Le lever du soleil a balayé les nuages, il fait beau, le ciel est d’un bleu profond. Le lac se présente d’abord sous la forme d’une mer de roseau dans laquelle sont tracés des chenaux, une mer à l’horizon fermé par des îles, ou des presqu’îles, on ne sait pas bien. Mais c’est là que se situent les fameuses îles Uros, ces îles flottantes artificielles sur lesquelles vivaient des tribus de pêcheurs. Il y a maintenant  des tribus de touristes de différentes origines, aux idiomes variés qui y déambulent et empruntent, moyennant une « participation » à la tête du client, les fameuses barques d’osier. Ne reculant devant aucun sacrifice pour satisfaire notre curiosité, nous nous sommes mêlés sans hésitation à ces néo-autochtones et les avons accompagnés dans leurs rituels : Passage attendri devant les vendeuses d’objets artisanaux, écoute attentive du chef de l’île qui nous raconte un mode de vie ancestral maintenant entièrement dédié au tourisme, petit tour, pour finir dans les barques de roseau. Les îles Uros font maintenant partie du folklore, du passé, elles sont une sorte de musée historique dont la visite reste très intéressante, il ne faudrait pas que cela tourne au parc d’attraction !
 
 

On reprend notre barque et cap sur l’île de Taquilé, encore loin. Les roseaux disparaissent, le lac s’ouvre. On passe un dernier promontoire et… la mer ! Immense et bleue ! Au loin, très loin, du côté bolivien, on aperçoit les sommets enneigés de la Cordillère Royale. On aborde l’île et on accède au village par un joli chemin empierré qui longe un petit ruisseau. La montée se fait lentement, au milieu d’une riche végétation.
 De temps  en temps on se retourne, pour souffler et admirer le superbe lac bleu.
 On nous montre notre logement, très rustique, mais avec une magnifique vue sur le lac. On pourra admirer le lever du soleil depuis la fenêtre de la chambre !



La petite île est superbe à parcourir, par ses chemins pavés, bordés de murs de pierre, souvent entrecoupés de marches d’escalier, ses quartiers bornés par des portes en arc, ses terrasses cultivées et ses multiples enclos à bétail tous soigneusement entretenus et surtout par les vues superbes qu’elle offre sur le lac.


La nuit n’est pas très confortable, coupée par un bel orage dont les gouttes crépitent longuement sur les toits de tôle, mais au moins on est pleinement éveillé pour le lever du soleil, magnifique !

Notre hôte nous fait essayer les superbes costumes locaux, je ne suis pas sûrs qu’ils soient très seyants sur nos silhouettes d’européens retraités… et nous propose, bien sûr d’acheter quelques articles de sa production…

 Normalement l’île est entièrement gérée sous forme coopérative, la production mutualisée et les bénéfices répartis… Mais, il faut bien vivre, n’est ce pas ?

En début d’après midi on descend vers un autre petit port où l’on doit embarquer pour repartir vers Puno. Un long et abrupt escalier qui sinue jusqu’à une minuscule crique abritée où dansent sur l’eau claire quelques barques vides.
 
 
 
 
 Le soleil darde et nos petits sacs sont rebondis des multiples couches que l’on a enlevées. Vers 5h00 de l’après midi, on approche de Puno, le ciel s’est noirci de gros nuages, on remet avec un brin de nostalgie les pulls et les anoraks et on regagne notre hôtel pour une ultime nuit au Pérou. Demain, mercredi 28, on passe en Bolivie !

 

 

Machu Picchu


Mon blog a du retard ! J’écris le très nécessaire article du Machu Picchu alors que nous venons de terminer notre petit séjour à Puno au bord du lac Titikaka et que nous nous apprêtons à quitter le Pérou pour la Bolivie. Il faut dire que le voyage est tellement riche, tellement dense que je ne trouve pas toujours le temps d’écrire… Et puis il y a le côté aléatoire des connexions internet, des jours avec des jours sans, les excursions de  deux jours où nous abandonnons l’ordi à l’hôtel pour n’avoir avec nous que les petits sacs à dos avec le strict nécessaire, c'est-à-dire la brosse à dents et des vêtements chauds !

Justement, Machu Picchu était de celle-là !
 
La fameuse excursion achetée à une agence, un pack de trois jours qui nous est resté un peu en travers du portefeuille. Donc le matin on visite la vallée sacrée, des sites magnifiques et l’après-midi, à la gare d’Ollantaytambo on prend le petit train qui nous emmène à Aguas Calientes, au pied du mythe. Le trajet dure près de deux heures, dans un super wagon genre Orient Express (Enfin, j’imagine, je n’ai jamais pris l’Orient Express) avec service stylé à bord, profonds fauteuils en cuir, au point qu’on en oublierait presque le paysage ! Ce serait dommage, il est magnifique : Le train s’enfonce dans le fond de la vallée sacrée, au bord du tumultueux torrent. La nature est sauvage, les montagnes s’élèvent de chaque côté, pas de village, pas de route, seulement ce train qui cahote lentement dans ce profond sillon. La nuit tombe, les formes s’estompent, les montagnes s’éteignent dans la brume du soir… On arrive à Aguas Calientes.

Finie la poésie ! Brutalement le monde mercantile bruyant reprend le dessus. Aguas Calientes est une ville en train de se construire, rien n’est fini, les immeubles poussent, se serrent dans un imbroglio infernal, les enseignes sont posées avant les vitrages, les fers à béton hérissent les étages, on est sollicité à chaque mètre pour manger, boire, se faire masser, dormir… On nous attendait et on nous accompagne dans l’hôtel réservé par l’agence…  Bizarre, il a changé de nom et sans doute de … catégorie ! C’est un chantier dans lequel on nous ouvre des chambres au deuxième étage auxquelles on accède par un escalier sans rampe, tout est neuf et déjà déglingué, plomberie aléatoire, une odeur d’égout dans la chambre… Mais ce n’est que pour une nuit, et le lendemain on se lève tôt pour accéder au Machu.


Machu Picchu, un nom qui fait rêver, on l’a vu et revu en photo, j’ai un peu peur d’être déçu comme à Nazca, je crains qu’escalader un mythe ne le désacralise… Mais non ! Cette fois le mythe perdurera ! La navette nous dépose au pied du site, que l’on commence à explorer seuls, le guide de l’agence devant nous rejoindre plus tard avec un groupe. Le ciel est bleu pur, quelques écharpes de brume s’accrochent encore aux flancs des montagnes voisines et les ruines grandioses se dévoilent

Au fur et à mesure de notre lente montée.(Les marches sont nombreuses et hautes !) En haut du site la vue est vraiment extraordinaire avec la montagne du Wayne Picchu en face, on flâne, on prend beaucoup de photos.
 Il y a plusieurs balades possibles à faire autour du site, on décide d’aller voir le pont inca. La première grimpée est rude, mais ensuite le sentier serpente à flanc de montagne offrant une superbe vue sur la vallée. Quand on redescend le guide nous attend et on le suit pour visiter le site avec explications en anglais. L’anglais parlé avec l’accent quechua sonne bizarrement à nos oreilles et j’ai mis longtemps à comprendre que « warrior » était en fait « water », mais je ne suis pas un élève très attentif ! Cependant la visite guidée est utile vu  l’immensité du site pour aller aux endroits essentiels et mieux comprendre l’organisation de la ville, mais davantage que l’histoire, davantage que la mythologie inca c’est la beauté du site qui étonne. Ces montagnes en pain de sucre et cette ville aux ruines majestueuses blottie entre deux, ces terrasses qui les escaladent et s’y lovent…
 
Non, décidément on n’est pas déçu, seulement émerveillé. On voulait se lancer dans l’ascension de La Montana, la hauteur en face de Wayne Picchu , mais plus facile à grimper…
 
 
 Seulement voilà, l’agence ne nous avait pas réservé les billets que l’on avait demandés (et payés) et donc on a dû se contenter d’aller à la Porte du Soleil, une balade libre. Finalement, on n’a pas regretté, le ciel s’est brutalement couvert, la pluie a commencé à tomber, quelques gouttes d’abord, juste de quoi nimber le paysage d’un halo de grisaille, puis de plus en plus drue et le paysage a disparu !
 
 
Et nous, on a fait demi-tour un peu avant d’atteindre la Porte du Soleil, la mal-nommée.

Lente redescente sur les pavés glissants, en bas, évidemment la pluie cesse, mais c’est trop tard, le train nous reprend, puis un bus jusqu’à Cuzco où nous passons une dernière nuit.

Autour de Cuzco


Pour visiter les environs de Cuzco, qui regorge de sites plus ou moins intéressants, nous avions décidé d’embaucher un taxi local et de nous faire conduire aux sites accessibles avec le fameux « boleto touristico ».  Serrés dans la petite Yaris, on part visiter d’abord Chinchero,
 
des terrasses incas au bord d’un magnifique vallon. Tout en haut les espagnols ont édifié une jolie petite église à l’intérieur entièrement peint.
 
C’est notre premier site, on l’apprécie beaucoup. On s’aperçoit aussi que visiter des sites incas c’est essentiellement monter et descendre d’interminables séries de marches abruptes. On visite aussi des salines en terrasse,
 
des milliers de petits bassins encore exploités, accrochés au flanc d’une montagne, les premiers sont pré-incas ! C’est assez étrange, inattendu et puis au terme de cette première journée on visite des jardins incas, terrasses concentriques. (Certains pensent que c’est l’INRA, Inca National Recherche Agricola, qui a construit ces jardins bizarres pour faire des recherches, des essais.)
Le chauffeur, qui est resté mutique la plus grande partie de la matinée, semble pressé de nous faire rentrer au bercail, le retour se fait cramponnés aux poignées de maintien. On est déposé place des Armes encore à temps pour manger !

Le lendemain commence le pack  d’excursions que nous avions acheté à une agence d’Arequipa. Hé, oui ! Nous avons fait cela… Pour être sûrs que tout soit organisé pour le retour de J&J dans le voyage, parce qu’il n’est pas facile d’aller au Machu Picchu sans avoir planifié un minimum… Bon, on s’était donc laissé tenter, on avait sombré dans la facilité. Finalement, de Cuzco, on aurait eu le temps d’organiser les mêmes tours, en économisant sans doute un certain nombre de dollars !

Donc, le mardi 21, on a rendez vous avec l’agence relais de Cuzco, on finit de payer notre dû, et on attend le bus… Il finit par arriver avec une guide volubile qui parle l’espagnol et l’anglais avec un accent quechua qui rend l’un et l’autre incompréhensible pour nous. On visite d’abord un monastère à Cuzco même, établi sur un ancien temple inca.
 
Il en reste quelques murs aux énormes blocs de pierre impeccablement jointoyés, puis on part dans les abords de la ville visiter quatre sites incas. Petit à petit on s’initie à la mythologie inca, à leurs rites, à leur histoire en essayant de comprendre le langage effréné de notre charmante guide. Saqsaywaman nous offre de grandes terrasses et de grands murs en blocs cyclopéens,
 
Q’enqo un lieu de culte dans des roches naturelles avec une table sacrificielle,  Tambomachay un lieu dédié à l’eau et Puka Pukara une forteresse aux pierres rouges… A la fin de la journée, saoûlés d’explications que l’on peine à comprendre, les sites ont une fâcheuse tendance à se superposer dans nos têtes. Voilà que l’on ajoute des terrasses aux terrasses ! Et l’on se dit, que finalement ils se ressemblent un peu tous. Prenez des terrasses soutenues par de beaux murs, des escaliers, quelques restes de portes ou d’habitations, et voilà un site inca ! C’était sans compter avec la journée du lendemain qui allait nous réserver de belles surprises !

Le lendemain en effet on visite Pisac et Ollantaytambo deux sites majeurs de la vallée sacrée, sur la route du Machu Picchu.
 

 Les emplacements sont magnifiques au cœur de cette vallée fertile et les vestiges impressionnants. Des terrasses,
bien sûr mais aussi des restes de temples, de greniers, des murs d’enceinte, des portes monumentales en trapèze, des fontaines. C’est magnifique et comme on a changé de guide on comprend presque tout dans les deux langues !
 L’architecture inca est simple, c’est sa technique qui impressionne. Des blocs de plusieurs tonnes, amenés, découpés, façonnés, ajustés, mis en place au millimètre près ! C’est aussi la quantité de travail qui étonne : Des milliers et milliers de terrasses qui s’étagent à perte de vue sur les montagnes,
 
celles bien nettoyées des sites, mais aussi toutes celles encore utilisées, où pousse du maïs, du quinoa, où paissent des animaux, et d’autres, énormément d’autres  qui ont laissé leurs traces dans la montagne en griffant leurs flancs de milliers de lignes parallèles,
 
 comme si les hommes avaient voulu redessiner le paysage aux prix d’un labeur acharné. Les villes et l’agriculture incas avaient réussi à s’intégrer au sein de ces paysages magnifiques en  une parfaite harmonie. Nous quittons le site d’Ollantaytambo émus et nous dirigeons vers la gare, la gare ferroviaire pour une fois, où nous allons prendre le train pour Aguas Calientes, la dernière étape avant le Machu Picchu !