Les lunettes de Françoise.
Il y a lunettes et lunettes… Certaines ont de la chance d’autres pas.
Celles de Françoise entrent délibérément dans la seconde catégorie. Il n’y a pas pire destinée, pour une paire de
lunettes normales, bien élevées, que d’échoir à Françoise au détour d’une
échoppe d’opticien. Il leur faut s’attendre alors à en voir de toutes les
couleurs, même des vertes et des pas mûres ! Pour elles, foin des boîtes
douillettes, de la vision tranquille
d’un livre sur le coin du canapé, ou de la télévision qui ronronne, non, elles
sont posées sur le nez, oubliées et pourtant indispensables, livrées à toutes
les vicissitudes des multiples activités de leur propriétaire. Certaines ont ainsi servi de protection lors de travaux de meulage, de
sablage, prouvant ainsi que les verres antireflets modernes s’opacifient aussi
vite que les anciens sous l’impact d’abrasifs puissants, d’autres ont vu leur
résistance mécanique testée lors d’un impact violent avec le gentil chien lancé à
pleine vitesse. Il s’avère que plus la monture est légère, moins elle résiste…
Étonnant, non ? La plupart ont été égarées momentanément, Françoise ayant
l’habitude de les poser n’importe où, sans y prêter attention, et bien sûr
étant incapable de les retrouver ensuite puisqu’elle ne les a plus sur le
nez !
Une paire, a eu la chance d’être retrouvée alors qu’elle avait été
perdue, dans la brousse, à la frontière du Bénin et du Burkina, lors d’un arrêt
pipi à la tombée du jour. Heureusement, Françoise lorsqu’elle marque son
territoire prend des repères ! Le bus arrêté sitôt le constat de perte
effectué, c'est-à-dire un ou deux kilomètres plus loin, un élan de solidarité a
poussé beaucoup de passagers à venir participer aux recherches. Les repères
retrouvés, les lunettes l’ont été aussi !
Cette fois, les lunettes perdues en Amazonie ne seront pas retrouvées,
du moins pas par nous, car qui sait… on peut tout imaginer !
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