23 janvier 2014

Projets à Ouaga



Un "6 mètres" de Gounghin
 Lundi… Seulement une semaine que nous avons retrouvé l’Afrique ! Étrangement cette semaine s’est étirée, étirée, il nous semble être là depuis très longtemps. A Doudou, il n’y a rien à faire, rien, à part parler, boire une bière pas très fraîche, parler encore, avec Robert, avec Henri, avec Dieudonné et les autres.  Nous enfourchons les motos et en route pour Koudougou, le car part peu après et nous pose à Gounghin. L’après midi on va chercher nos visas de l’entente, et là, oh, miracle ! Je retrouve dans le passeport mon carnet de vaccination que je croyais avoir perdu ! On croise André, qui vient pour la même raison et qui semble content que l’on aille les rejoindre au Togo.
Activité en centre ville
Le soir on parle beaucoup, très tard, et parmi tous ces palabres on arrive même à projeter ce que l’on va faire ! Allez c’est dit ! On essaie de partir pour le Togo après demain, mercredi, sans Bounty qui remontera sur Gorom Gorom, et à notre retour, on se retrouve pour une petite expédition au Nazinga, une réserve animalière dans le sud du pays, peut-être pourra-t-on refaire les photos d’éléphants que nous avions perdues il y a quelques années ?
Mardi ! Journée de course  à Ouaga, le beau temps est revenu, on cherche un bus pour le Togo. Taxi sur taxi, compagnie après compagnie, la plupart des renseignements obtenus s’avèrent faux, obsolètes, mais on finit bien sûr, par trouver une solution,  on finit toujours par trouver une solution ici !
Grand magasin libanais de tissus
 Un bus de la STAF nous emmènera demain jusqu’à la frontière, que l’on franchira en moto-taxi, avant de terminer notre voyage en car togolais. On restera avec André et Lou jusqu’au mardi suivant, sans possibilité de communication, c’est vraiment la brousse là-bas.

Alors, à notre retour à Ouaga, la clé 3G de Jean Paul nous permettra de publier à nouveau notre blog. Nos premières impressions du Togo…
"Kaiser" la marque point de repère à Gounghin

Bribes: Le temps qu'il fait...


Le temps qu’il fait…
Il va oser dans son blog nous parler du temps, non pas du temps qui passe, celui-là est noble et littéraire, non mais, plus prosaïquement du temps qu’il fait ! Hé bien, oui ! Car le temps qu’il fait au Burkina en ce moment est tout à fait exceptionnel ! Tout le monde en parle, les journaux locaux en ont même fait leurs gros titres : « Pluie des mangues ou pluie des marcheurs ? »
Titre qui laisse, vous en conviendrez, une sourde interrogation au français peu au fait de l’actualité burkinabé, ce qui, d’après mes statistiques personnelles doit représenter environ 99,97% de notre population ! Alors, je vais développer. Mais d’abord, les faits, les faits bruts et étonnants !
Dans la nuit de jeudi, à Doudou, où était-ce celle du vendredi, je ne sais plus, un gros orage a éclaté. Pluie torrentielle, vent violent, éclairs zébrant le ciel. Dans la case, j’avais été éveillé par un sentiment bizarre. Un silence pesant, un calme absolu, l’air immobile et chaud. Le ciel retenait son souffle, le temps s’était suspendu… Et puis un frisson, les feuilles des nébiés frémissent, et d’un coup l’harmattan soulève la poussière, secoue la paille des toits et la pluie arrive à grosses gouttes pressées.
Le lendemain, la pluie continue par intermittence, de grosses averses, qui ravinent les pistes et font brusquement éclore des fleurs de nénuphars au fond des marigots et le samedi encore !
Les villageois sont étonnés, ils n’ont pas souvenir d’une telle pluie en janvier, mais leurs archives météorologiques ne remontent pas très loin !
Maintenant le titre du journal :
La pluie des mangues, est la première pluie de l’année, généralement fin mars, début avril, elle signale le début de la saison des mangues (elle est réputée pour laver les mangues avant leur consommation) et précède la saison des pluies de quelques semaines de sécheresse encore.
Samedi était prévue, et a eu lieu dans toutes les villes du pays, une marche de protestation contre le régime en place, une marche pour le changement… D'où la pluie des marcheurs !

Alors ? Pluie des mangues ou pluie des marcheurs ?
Trop tôt, beaucoup trop tôt pour les mangues, alors pour les marcheurs, est-ce un signe funeste ou au contraire la marque du destin ?

 Les palabres vont bon train…

20 janvier 2014

Arrivés à Doudou, on retrouve nos amis de Kankele, André et Lou. André a convoyé, depuis la France, l’ambulance qu’ils vont livrer à Guié, un petit village du centre du Burkina. Retrouvailles joyeuses et chaleureuses avec beaucoup à raconter et à dire. Retrouvailles aussi avec le village, Robert et Henri qui nous accueillent et tous les autres… Un absent, notre ami Zakaria, des réponses évasives à son sujet, il faudra des conversations lentes et plus intimes pour creuser le sujet !
Le lendemain avec André, on fait le tour du dispensaire, maternité, on distribue 

ce que l’on a apporté. Le nouveau major semble moins impliqué, il nous quitte pour une réunion, autrement plus importante, semble-t-il ! 
On va voir aussi le nouveau barrage, à demi rempli, il n’y a pas eu beaucoup de pluie cette année, mais plein de promesses pour l’avenir. Des projets de rizières, de nouvelles parcelles à exploiter en cultures vivrières, Doudou ne devrait plus avoir faim dans les années à venir !
La retenue d'eau, encore maigre, du nouveau barrage
Vendredi matin, Kankele nous quitte pour Guié. Une journée de quasi farniente s’offre à nous. Il fait chaud, on visite une fois encore les écoles qui poussent comme des champignons. Le collège s’érige en lycée l’année prochaine, il faudra pousser les murs pour loger quelques centaines d’élèves supplémentaires !
On passe voir Zakaria, qui finalement est chez lui, il nous raconte dans le détail et avec pas mal d’amertume son éviction du village d’accueil et du « cvd » (Comité villageois de développement, une sorte de conseil Municipal), à la suite d’un conflit avec les chefferies traditionnelles qui se sont attribuées la gestion et les retombées économiques de la structure. Nous sortons nous aussi un peu amers et déçus de cette conversation. Nous avons pas mal travaillé à l’autonomie du village après le retrait progressif de TDS, l’association qui l’avait crée, et avions gardé l’illusion d’une gestion solidaire au profit du collectif villageois. Illusion perdue…

Mais finalement Doudou se développe, l’électricité a apporté son lot de bienfaits (télé pour le foot, radios hurlant à tue-tête, et même, même un peu de lumière !), la  scolarisation atteint les 100%, tous les enfants naissent à la maternité et grandissent avec des ventres de moins en moins gonflés par les parasitoses, alors le devenir d’une structure touristique dans ce pays qui de toute façon ne l’est pas, est accessoire. Elle a joué son rôle de déclencheur, de point de départ d’un processus, espérons que celui-ci se perpétue même s’il ne suit pas les voies que nous aurions aimé le voir suivre !

Ouagadougou

Lundi 13


 Bonne arrivée ! Et la traversée ? Et la famille ? ça va ? ça va !
Nous voilà à Ouaga… Bounty nous attend dans l’aéroport rénové et nous embarque chez les amis Bambara, Jean-Paul, Paulin, qui nous avaient déjà hébergés un peu à Ouaga, leur soeur Sabine, rencontrée au Mali et qui maintenant fait du théâtre à Ouaga… On découvre leur nouvelle maison d’hôtes, dans le quartier de Goughin, près de celle que nous avions louée lors de notre premier séjour ici. Nous sommes en terrain connu !
Le lendemain devrait être destiné aux formalités diverses, visa de l’entente pour le Togo, téléphones locaux, retrait de liquide, repérages de bus… Seulement pas de chance, c’est un jour férié !  Une fête musulmane, à date flottante, mais suivie par tous ! On ne règle que notre départ pour Doudou, le lendemain et les histoires d’argent.
Mercredi matin, on se remet en quête de nos visas. Police des passeports, une queue énorme nous inquiète, mais non, une petite pancarte indique un bâtiment à l’écart pour les visas de l’entente. (C’est un visa, qui donne libre circulation dans les pays de l’entente (Burkina, Côte d’Ivoire, Niger, Mali, Togo, Bénin…) On remplit vite un formulaire, on paie, et on reviendra chercher… la semaine prochaine, parce qu’il y a le week-end qui va arriver ! Mais il nous manque une photo, pas de chance ! Il faut aller au centre ville, dont nous sommes assez loin, et l’on revient muni de la précieuse vignette ornée du portrait de Françoise !
Les arbres à Manon de Ouaga
L’après midi, après un rapide repas au sénégalais du coin, départ pour Doudou, à bord d’une nouvelle compagnie, la seule dont les horaires nous conviennent. Nouvelle compagnie, certes, mais dont l’unique bus à déjà dû vivre les faillites d’une dizaine précédentes ! Chargement habituel qui double environ la hauteur du car, embarquement des quelques passagers osant braver la chaleur de l’après-midi et en route ! Maintenant il y a le goudron sur tout le trajet, tout neuf, surmonté d’un léger nuage de gaz d’échappement. Le stratus se fait cumulus après le passage de certains camions chargés à outrance. 
Vous croyez imaginer ce qu’est l’outrance ? Hé bien, prenez vos estimations les plus délirantes et multipliez les par deux et vous approcherez de la réalité ! Les énormes bahuts bâchés  dodelinent pesamment vers des ports lointains pilotés par des chauffeurs gavés d’excitants pour tenir le coup. A coups de klaxon impérieux ils se fraient un passage parmi la menue circulation qui s’écarte précipitamment. Piétons, charrettes à ânes, vélos, motos, tout ce petit monde chargé de ballots, de sacs, de grandes bassines portées sur la tête se précipite sur les bas côtés pour éviter d’être happé par les mastodontes indifférents.
Descente à Koukouldi… On appelle Doudou, ils vont venir, venir tout de suite nous chercher !

Attente à Koukouldi… Le soleil descend sur l’horizon et nimbe les grands kaïcedras d’une lumière ocre… Les trois motos se dessinent dans le crépuscule ! Magnifique !

08 janvier 2014

Retour en Afrique...

Voilàààà... Nous repartons! En Afrique! Mais pourquoi, pourquoi donc, l'Afrique! Un peu, beaucoup, passionnément, on y a goûté, on y revient. C'est comme le chocolat, quand on y met son nez dedans, plus moyen de s'en sortir! Alors, oui, on ne se retient pas, pas assez et l'on y retourne...  On retourne là où on connaît déjà, là où l'on est un peu connu, on retourne se réchauffer, au soleil, aux hommes, on retourne oublier nos conforts civilisés, nos faux problèmes, nos soucis mesquins.
Dans quelques jours le Burkina... C'est une destination de rêve, que l'on atteint, dans notre cas, tout à fait normalement par avion. On prend l'avion à Lyon et on atterrit à Ouaga 12 heures plus tard. Douze heures? Oui, ce n'est par Air France en vol direct ou 4 petites heures suffisent, nous on commence à prendre notre temps, on passe par Alger d'abord, où l'on se réhabitue à attendre... Et puis ce sera l'aéroport de Ouagadougou. On descend de l'avion et l'on est assailli par une bouffée d'air chaud, et l'on attend... Les contrôles, les bagages, les tampons. Ensuite, c'est dehors, le pote Bounty qui descend du Sahel où nous ne pourrons pas aller cette année, et qui vient nous accueillir, nous souhaiter la bonne arrivée, heureux, chaleureux et en même temps plein d'espoir, d'attentes. La joie des retrouvailles restera, même si certaines attentes seront déçues. Notre magie, notre capacité à accomplir des miracles reste trop limitée, à notre grand regret! Ensuite il y aura Doudou, bien évidemment, via Koudougou où les motos taxis (les copains en mob de Doudou!) viendront nous chercher. Nous espérons y retrouver André et Lou de l'association Kankele. Sur notre recommandation l'association y a livré une ambulance, il y a deux ans. Pour Kankele, il faut, bien sûr, effectuer un suivi, contrôler un peu, montrer que l'on est là!
Ensuite, ils partent pour le Togo, on les suivra peut-être... Ou bien on ira ailleurs! On verra, rien n'est encore fixé. Mais il y aura, il y aura, des bus bondés se frayant à grand  coups de klaxon un passage au milieu du bétail, des enfants qui encombrent les villages, des taxis-brousse surchargés, surchauffés, roulant dans la poussière rouge qui vous encroûte le visage et les bras, les douches au seau pour tenter de se décrasser, des attentes interminables sur les troncs à palabres polis par des décennies de bavardages inconfortables, des nuits sans sommeil sous des moustiquaires sales, des bières tièdes sous la nuit étoilée, des discussions à n'en plus finir sur l'avenir du pays, le devenir de ce coin d'Afrique, la fin du syncrétisme religieux à l'africaine et la montée de l'islamisation, la place des hommes, des femmes dans ce monde qui se dessine... des questions sans réponse, bien sûr, il y aura tout cela et cette question, mais pourquoi, pourquoi y retourne-t-on?

Nous partons trois semaines, trois semaines seulement, c'est court... Peut-être n'aurons nous pas le temps, ni l'opportunité de nourrir notre blog... A Doudou, il paraît que l'électricité est arrivée, on pourra au moins recharger nos appareils, mais pas de connexion! Et ailleurs, sauf dans les grandes villes, c'est pareil! alors peut-être publierai-je seulement à notre retour?
Il vous faudra attendre, et rappelez-vous, savoir attendre est le début de la sagesse africaine...

27 juin 2013

Dernier message...





En Suède, des îles sur la Baltique
 
 Voilà, nous sommes rentrés… On a retrouvé Pontoux, Jack& Jo sont repartis sur Reims. On est rentrés à temps, pour assister les parents de Françoise, soutenir son père dans son dernier bout de vie.

On a rendu Beau Bill, après lui avoir fait une belle toilette, il va retrouver son anonymat, camping-car parmi les autres, au carter de tendue éraflé, dernier souvenir des rochers de Norvège. Ce fut un beau voyage, plein de magnifiques images, des paysages surtout, des paysages à couper le souffle. 
 
 


Quatre grosses semaines de routes, 5 pays traversés, un peu plus de10 000 km parcourus, 14 ferries empruntés (mais on les a tous rendus, n’ayez crainte, vous pourrez les emprunter à votre tour si le cœur vous en dit !) et d’innombrables tunnels, ce fut un voyage sans pause, plein, riche… et Beau Bill une bonne solution, bien adaptée à la visite en toute liberté des pays scandinaves.

Ce blog se clôt sur ces ultimes images de Suède et du Danemark, un voyage se termine, d’autres mûrissent déjà, se préparent lentement, en attente de réalisation, toujours dans l’espoir et la joie de découvrir  de nouveaux horizons. Alors à plus tard, nous vous préviendrons bien sûr !

22 juin 2013

Retour

Nous flânions en Suède, essayant de musarder un peu avant  de rentrer, nous flânions le long de la Baltique, une mer si peu salée que l’on croirait un lac, une mer si découpée que l’on croirait une multitude de lacs, enchâssée au milieu des forêts… Mais voilà, un coup de fil, un petit coup de fil très alarmant nous a relancés à l’assaut des routes. Le père de Françoise tisse les derniers fils de sa vie, si ténus que la trame est à nu. Il a perdu l’envie d’aller plus loin dans sa longue vie, il n’en a plus la force…
Alors Beau Bill déroule de la route, avale de l’asphalte, franchit allègrement les parallèles, nous ramène à la maison. Annulées, la rencontre tant attendue avec l’ami Hubert qui nous attendait dans sa belle ville d’Odense, la visite de Copenhague avec un coucou à Marion, le temps nous presse.
Beau Bill franchit les espaces sans plus s’arrêter en chemin. A peine le temps, tard dans la nuit (qui tombe enfin, on l’avait presque oublié !) d’écrire ce petit mot, depuis un camping dans le sud de la Suède où nous nous sommes arrêtés pour trouver des douches, une connexion internet, mais, curieusement et pour la première fois, pas le calme : Vendredi soir, le camping est plein, les suédois font la fête et cela s’entend de loin !
Le voyage était presque terminé, nous étions dans le superflu, dans le temps qui fait prendre conscience de ce que l’on a vu, ressenti.
Le voyage se termine ainsi, un peu tristement, il fut long et beau et nous en aurons d’autres.
Son voyage dans la vie se termine aussi, elle fut longue et souvent belle…
Le blog ne s’arrête pas, pas encore, pas tout à fait…

A bientôt !

18 juin 2013

Kirkenes…et la Finlande!


Donc, pour satisfaire notre insatiable envie d’explorer les confins, de voir les frontières, les limites, on prend la route de Kirkenes… Kirkenes c’est une ville, une petite ville, tout au bout de la Norvège, à l’est, à la frontière russe. On y arrive par une route, la petite route du nord, qui longe longuement l’océan arctique, avec des fjords, de minuscules villages à deux ou trois maisons, et de longs moments de solitude.

 Elle s’étire lentement vers l’est, bosselée, chaotique. Beau Bill tangue de bosse en bosse, louvoie entre les fissures et les déformations du goudron, il déroule ses roues avec précaution et atteint enfin le but ultime : Kirkenes !
Elle a voulu voir Vierzon, on a vu Vierzon
On a voulu voir Kirkenes, on a vu Kirkenes…
  Circulez, il n’y a rien, rien à voir ! Kirkenes, c’est une ville triste, ce genre de ville que l’on voit dans les zones frontières troubles, des gens qui passent, qui attendent on ne sait quoi, des gens affairés à ne rien faire. 

Un port aux cargos rouillés qui patientent indéfiniment pour un dernier appareillage, Kirkenes, ce n’est déjà plus la Norvège, c’est l’antichambre d’ailleurs, du grand est. On quitte vite la ville.

La Finlande nous attend !
La Finlande ! Bien sûr on n’en connaîtra que le grand nord que l’on traverse en biais pour rejoindre le pays sami  en Norvège et puis que l’on retrouve pour notre première étape vers le sud. On est en pleine Laponie… 
1ère étape : Une bonne route droite, ou presque, qui passe entre des lacs et les murailles vertes de forêts qui s’étendent à l’infini. 
Parfois, rarement, une, voire deux maisons forment un village au nom imprononçable dont le nombre de lettres est certainement beaucoup plus grand que le nombre d’habitants ! Arrêt dans un petit renfoncement le long de la route, sale et infesté de moustiques, moucherons et autres bestioles indésirables. Il commence à pleuvoir…

2ème étape : idem la première, avec en plus une route de nouveau chaotique en Norvège, mais on visite le musée sami à  Karasjok et une superbe et insolite galerie d’art à Kautokeino. On repasse en Finlande. La route est de nouveau bonne, mais le parking étape est encore plus sale que le premier, avec autant de bestioles, mais une vue imprenable sur un lac et la forêt … Il continue de pleuvoir…

3ème étape : idem la première et la deuxième, mais on cherche un camping équipé d’internet pour pouvoir publier le blog et communiquer avec le monde. On ne le trouve qu’après être passé en Suède. Les deux que l’on a essayés, au bord de la Baltique en Finlande, semblaient d’un autre temps… Journée de pluie.




Bribes- Bonjour les samis !


Karasjok, capitale officielle du pays sami, Kautokeino, grand lieu de rassemblement et de passage des troupeaux… Des bourgades, enfouies au milieu des forêts, des lacs, et des moustiques. D’un côté la Norvège et ses hauteurs, où sont les pâturages d’été, de l’autre la Finlande, ses plaines et ses lacs et ses  immenses forêts où paissent les rennes l’hiver. Mais où sont nos samis ?
Que sont nos samis devenus,
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés,
Ils ont été trop clairsemés,
Je crois le vent, les a ôtés…

Pas de sami en vue, en tout cas pas ceux des contes et légendes, avec rennes et costume, il y a même eu discussion pour savoir, à quoi ressemblait un sami! A-t-il un type plutôt asiate, mongol, indien ou tout simplement nordique ? On n’en sait rien ! Les photos du musée nous montrent tantôt l’un tantôt l’autre, c’est un vrai salmigondis de samis !

En fait des s’amis, il y en a partout, il suffit d’avoir les yeux et le cœur ouverts…

Bribes- Les reines des rennes

Les reines des rennes
Certains voulaient voir le cap nord, certaines voulaient, en plus,  voir des rennes… 



Peut-être une nostalgie du Père Noël et de certaines images d’enfant, sans doute une curiosité envers les plus nombreux habitants de ces contrées sauvages… Des rennes nous en avons vu, seuls, en petits groupes, en grands troupeaux, des jeunes flanqués de leurs mères, des rennes femelles, des rennes mâles, des rennes indéterminés;  (C'est-à-dire que NOUS ne savions pas, vus de si loin, dans quelle catégorie les ranger !).
 des rennes sans bois, des rennes aux bois naissants, quelques uns, beaucoup plus rares, aux bois imposants…
Les voir ne suffisait pas, il fallait aussi les photographier ! Beau Bill, arrête ! Il y a un renne ! Là ! On freine, on s’immobilise au milieu de la route, on prend une photo en vitesse… Oh ! Non ! Elle est ratée… Je descends, je remonte, avance un peu… Enfin, le renne est immortalisé ! Et celui-là, il est beau ! On recommence… Je me souviens de touristes étrangers photographiant, à notre grand étonnement, des vaches dans les prés de la région. Les rennes étant le bétail d’ici, les gens du pays doivent bien se demander pourquoi, pourquoi donc, prendre en photo ce qui leur semble si naturel !





Cap Nord

Le Cap Nord… Il y a longtemps, quand c’était encore compliqué d’y arriver, presqu’une aventure, j’en rêvais déjà.

 Cela faisait partie de mes destinations de rêves, de rêves d’aventure. Maintenant, nous y sommes ! Il n’y a plus d’aventure, mais le mythe perdure !
Les guides nous avaient mis en garde, mais nous étions décidés à sacrifier au mythe et même pour cela prêts à en passer sous les fourches caudines d’une commercialisation abusive. L’approche par la route empêche d’ailleurs toute alternative, sauf à chausser ses bottes de sept lieues, parcourir de longues distances à pied dans la steppe et parvenir au Cap Nord alternatif…

Beau Bill a donc suivi la route jusqu’au parking final, est passé fièrement devant les postes de péage, où l’on doit normalement acquitter la taxe exorbitante qui accorde le privilège de contempler le bout du monde… Personne au péage, barrière ouverte, ce n’était pas l’heure, ou notre heure de chance. On est passé.  Et on a contemplé…

En fait, il n’y a pas grand-chose à voir ! Devant l’océan vide, derrière le paysage vallonné, érodé,  lissé par le vent, une terre d’ardoise et de plantes rases, à gauche le cap alternatif, et, sous nos pieds, la dernière falaise, au bord soigneusement balisé par une barrière de sécurité à toute épreuve. (On est quand même en Norvège, non !). Le vent est froid, le temps couvert mais la visibilité est bonne…

Il n’y a pas grand-chose à voir mais c’est grand et c’est le bout de l’Europe. On essaie de voir le pôle Nord, on caresse l’idée de la banquise, on imagine l’hiver ici, quand la nuit règne, on est content, on a accompli un vieux rêve…
Un chauffeur de bus danois, rencontré sur le parking du musée viking, nous a demandé pourquoi il y avait tant de français qui montaient au cap nord, plus que d’autres… La question était étrange et difficile… Peut-être sommes nous, plus que d’autres tentés d’aller au bout, même si c’est inutile, même si, au fond cela n’apporte rien, ou pas grand-chose, juste arriver au bord du monde et contempler l’infini…
On repart. Les guichets de péage sont ouverts pour ceux qui arrivent maintenant. Nous avons par hasard évité l’arnaque la plus septentrionale d’Europe comme le dit un de nos guides… et cela renforce notre sentiment de contentement !

Finalement, on a changé encore d’avis et on a décidé d’aller à Kirkenes, vers la frontière russe ET au centre du pays sami. Cela ne fait que 500 km de plus, on n’est plus à ça près ! La route est belle, elle longe l’océan Arctique, enlace des fjords, encore des fjords, traverse des étendues de steppes où paissent paisiblement des troupeaux de rennes, des forêts rabougries d’arbres tordus par le vent dans lesquels se nichent, à l’affut du touriste innocent, des myriades de moustiques affamés.


13 juin 2013

Aujourd'hui...

Voilà...Je viens enfin de publier les messages que j'avais préparés... Nous nous sommes arrêtés dans un camping bien équipé, dont la connexion wifi fonctionne et c'était un des principaux critères. 
Le voyage vers le nord continue, malgré de lourdes inquiétudes du côté des parents de Françoise... On croise les doigts!
Après demain Cap Nord en vue et puis ensuite, on commence la descente tout doucement, tout doucement..
A bientôt, pour la prochaine connexion, enfin j'espère!

Les Lofoten

Avec un jour d’avance sur nos prévisions, nous avons débarqué sur les Lofoten, noyées dans la brume.  Les dents de scie se laissent deviner parmi les écharpes de nuages qui en cachent le sommet.
Beaucoup de Bobils, s’échappent du grand ferry et viennent s’agglutiner à la horde déjà présente. Nous en faisons malheureusement partie et suivons docilement le troupeau jusqu’à la pointe sud de l’île, le petit village de Å. Il est au bout de l’île, une sorte de bout du monde, où les montagnes viennent se jeter dans la mer, juste un petit village de quelques dizaines de maisons rouges, niché dans un creux.
 Un grand, un très grand parking accueille les Bobils qui viennent sagement s’agglutiner, décidés coûte que coûte à s’endormir ensemble, côte à côte, après avoir communié dans une ferveur commune à la beauté du lieu. Les effluves des séchoirs à morue qui bordent le parking doivent aider à l’assoupissement général, voire à l’asphyxie collective. Secouant la torpeur qui nous gagne, nous décidons de faire bande à part et de chercher un coin plus conforme à notre exigence d’individualité. Nous le trouvons quelques kilomètres  plus loin, sous la forme d’un petit parking, quasi désert et face à la mer…
Dans le jour qui ne cesse plus, nous nous endormons pour la première nuit aux Lofoten.
 Lofoten, un nom à faire rêver, qui rappelle Loti, la vie rude des pêcheurs qui affrontaient la mer froide, les morutiers secoués par les flots en quête de la précieuse manne… La morue se fait rare, ce sont maintenant des bancs de touristes qui sont ramenés dans les chaluts, vont-ils aussi nous fumer? Nous faire sécher ? Un filet de touriste fumé, la technique est risquée, mais mettre un touriste à sec, je crois qu’ils s’y entendent déjà !

Et puis, le lendemain, on est conquis par les Lofoten, on quitte la grand route, l’épine dorsale de ce chapelet d’îles, pour explorer des chemins plus étroits, qui nous emmènent dans des paysages hors du commun.
 Des villages minuscules, quelques maisons, égarées au bout du monde, la mer qui joue avec la côte, une côte essaimée dans la mer, des montagnes, aux formes acérées, portant encore des traces de neige, qui viennent s’effondrer dans la mer, et, parfois, étrangement des petites plages de sable qui viennent déchirer le gris des roches d’un trait de blanc inattendu. Là, l’eau devient aussi verte que celle des lagons du Pacifique… 
  Bien sûr, ici, la température ambiante ne laisse pas le cocotier s’épanouir !  Il y a un point de la côte où l’horizon est libre et où l’on peut admirer le soleil de minuit frôler l’horizon avant de remonter.  Ce premier jour, il y a eu quelques rares éclaircies, mais le soir le ciel est gris, le soleil indigné qu’on l’observe ainsi, se drape dans un voile de nuages qui le cache aux yeux des curieux.  Le deuxième jour, aujourd’hui mardi, le miracle des paysages continue. On visite au passage LE musée viking de l’île : On en sait un peu plus sur la culture viking… Mais c’est un musée de plein air et la balade entre la maison reconstituée, le drakkar reconstitué et le petit musée qui présente les objets retrouvés dans des fouilles est vivifiante et permet de se dégourdir les jambes ! Il a fait beau, oui, beau, avec du soleil et du ciel bleu, la majeure partie de la journée, aussi on décide de se poster à un autre endroit de la côte pour voir le soleil de minuit. Là il est 23h 30, il baisse lentement dans le ciel encore dégagé…Attendons !
Hier a été décidé un petit changement de programme pour le voyage : Après le Cap Nord, au lieu d’aller à Kirkenes, à la frontière russe, on va descendre à travers le pays sami, en Norvège puis en Finlande. Histoire de faire connaissance avec la culture sami ! (sami pour anciennement lapons, comme on dit maintenant inuit, pour les anciens esquimaux, blacks pour les anciens noirs, et… je pourrais en trouver d’autres mais je risquerais de dépasser le politiquement correct donc je m’abstiendrai ! Cependant, si quelqu’un peut m’expliquer pourquoi ces changements d’appellation, j’apprécierais !)
Demain, on sort des Lofoten par le nord, on sera à deux jours du Cap Nord. On va chercher un camping pour
-Prendre des douches
- Faire la lessive

- Et, surtout, publier sur le blog ! Les photos et les articles s’accumulent sans que je puisse jamais me connecter !