25 février 2019

Route de Hatt-wadi bani awf-wadi as sahtan-wadi al Abyad

Wadi bani Awf


Allez, un dernier petit blog pour la route, vite fait! Et oui, le temps se fait court, demain soir on prend l’avion de retour. C’est donc notre dernière nuit en Oman. Nous avons retrouvé Muscate et l’hôtel Riyam, où nous avions déjà logé une nuit. Il me faut vous résumer les deux derniers jours. En un mot, je dirais… très bien ! Ah ! Non, cela en fait deux, on va donc dire : Super !

D’abord hier, la longue piste pour quitter la région de Nizwa. Super, des paysages somptueux, une piste perdue mais pas oubliée, car il y circule quand même pas mal de 4x4, touristes et locaux.

 Elle mérite le temps que l’on y passe et les secousses qu’elle nous inflige. Elle monte en lacets raides, redescend, remonte, sinue à flanc de montagne, plonge vers une minuscule palmeraie, s’égare un peu dans une zone plate, longe le snake canyon, la gorge au serpents, un étroit boyau réservé aux sportifs spécialistes du canyonning, descente en rappel et autres techniques qui ne sont plus de notre ressort,

Snake canyon

 si elles l’ont jamais été ! Elle finit par le wadi bani Awf et enfin, s’arrête à la route 11. Une grande route toute belle, toute neuve. Là on pagaille plusieurs heures pour trouver un hébergement, on tourne en rond, on s’énerve un peu et on finit par rallier la côte, à Seeb, pas très loin de Muscate, où un hôtel indien nous accueille. La journée fut longue, on est content de flâner le long de l’océan et de manger en terrasse. 

plage de Seeb



Aujourd’hui, on décide de faire ce que l’on n’a pas pu terminer hier, recherche d’hôtel oblige ! Alors on reprend la route 11, on remonte jusqu’à ar Rustaq,  suite à une erreur de programmation et on cherche le wadi Sahtan, le bien nommé. On pagaille à nouveau, la cartographie a changé, les points GPS ne correspondent plus… On finit par trouver en faisant tout bonnement confiance à un panneau indicateur ! Le wadi Sahtan ne nous apporte rien de bien nouveau. Il est défiguré par la route nouvelle tracée en son sein, elle prend trop de place, on ne voit plus qu’elle. 

Seeb

Plus loin, des pistes montent à de nombreux villages isolés. On en prend une, puis il faut revenir, ce sont toutes des culs de sac. On décide de rejoindre le wadi bani awf, celui que l’on a fait hier. Et là, une piste de toute beauté s’offre à nous. Des passages délicats, mais on est tout seul, au milieu de la montagne désertique, ou au fond d’un minuscule goulet bordé de palmiers. On hésite parfois sur certains embranchements, les indications sont rares, rien sur les cartes… Mais on finit bien par trouver la piste principale, celle qui nous ramène au Bani Awf.

wadi Sahtan


 Retour sur la route 11, cette fois à la recherche du wadi Al Abyad. Youpiiii ! Le point GPS que l’on a est juste ! On a trouvé du premier coup, cela devient rare. Cette fois la piste est courte, on remonte dans le lit même du wadi. Galets, caillasses et profondes flaques d’eau. C’est amusant à passer. Au bout, petite balade à pied. Il faut bien se dégourdir un peu ; on trouve d’étranges petites sources d’eau chaude qui laissent échapper des bulles de gaz. Les flaques qu’elles forment sont laiteuses, pleine de calcaire en suspension. 

source chaude du wadi Abiyad

Bon, on ne flâne pas trop, il faut revenir à Muscate ! Encore une journée  bien pleine, pleine de kilomètres aussi. Demain, on flâne, promis. On traine dans la ville, sur les plages proches et C’EST TOUT !  Il faudra aussi rendre la voiture un peu plus présentable pour la remettre au loueur, car le blanc, c’est joli, mais ça craint ! Déjà elle est passée au car wash hier, on ne pouvait plus l’approcher, c’est à recommencer…


Au retour, je vous fais l’ultime article, la conclusion, avec carte, itinéraires, ce qui vous a tant manqué jusqu’ici !

A bientôt !


23 février 2019

Jabrin-Djamel Shams



le château de Jebrin

Nous avons quitté les sables blonds, pour les montagnes grises, dans la région d’Izni. Une grande région touristique, très prisée des omanais aussi, car elle permet grâce à l’altitude d’échapper, un peu, aux chaleurs torrides. Dans notre cas, c’est une réussite totale !

Jebrin

On aurait même préféré quelques degrés de plus et un ciel dégagé, car depuis deux jours le ciel est voilé, plutôt gris et nous avons eu quelques gouttes de pluies qui ont tracé un sillage ocre sur notre belle voiture blanche empoussiérée. Nous avons commencé par visiter les châteaux et les forts celui de Jabrin, puis celui de Bahla. Ce sont d’imposantes constructions entièrement refaites, ce qui leur ôte leur caractère ancien. Mais la réhabilitation respecte scrupuleusement l’authenticité du lieu. C’est du beau travail, et leur visite est intéressante, on peut comparer avec nos châteaux-forts, un peu plus anciens mais à la destination défensive identique. Les grands principes sont proches, murs épais, tours et meurtrières, machicoulis… Des détails changent : Ce n’est plus de la poix ou de l’huile bouillante que l’on jette sur l’ennemi, mais du jus de datte ! La visite du fort de Nizwa, aujourd’hui ne nous a pas apporté beaucoup plus, à part la taille, le prix d’entrée,  supérieurs et la qualité de l’accueil et des explications, inférieurs !

Château de Jebrin

Par contre nous avons eu une riche journée d’excursion. Nous avons fait celle du Djebel Shams, le point culminant d’Oman, massif longé par une faille profonde, un wadi sans fond, un peu comparable, un peu seulement, à Grand Canyon aux USA. En tout cas, c’est LE grand canyon d’Arabie et ce n’est pas rien !

 village de Misfat

Le djebel Shams


 Une route nous emmène jusqu’au pied des monts et se prolonge par une longue piste. 
La plupart des visiteurs font une boucle dont une partie permet d’admirer les gorges d’en haut, elles sont vraiment profondes et leurs roches striées offrent une belle harmonie de couleur, et l’autre partie les ramène au point de départ. Nous avons choisi de jouer les prolongations en allant tout au bout, tout en haut de la piste, qui devient de moins en moins roulante, jusqu’à l’ultime groupe de maisons,  perdu là-bas. Très peu de touristes vont jusque là. Les gens y vivent de rien, ou de pas grand-chose, leurs 4x4 ne sont pas rutilants, ils sont même hors d’âge et s’ils ne sont pas hostiles,
ils ne montrent pas non plus un enthousiasme débordant à nous voir. Une indifférence à peine polie, pourrait-on dire ! Nous avons donc fait le chemin en sens inverse, jusqu’à rejoindre la boucle bien fréquentée et en bas, nous nous sommes lancés sur un chemin proposé par le guide off road. Il s’agit de remonter le fameux canyon, un petit bout, mais quand même jusqu’en bas des grands à pics. La piste est courte cette fois, mais très difficile, les quatre roues motrices sont bien nécessaires. De l’eau circule entre les caillasses, 

le "grand canyon d'Arabie"

du gros gravier mou où l’on peut facilement rester planté, et il faut en même temps négocier des passages serrés entre des rochers et de brusques changements de pente. Bref, une belle piste, heureusement qu’elle n’est pas longue ! Mais elle se termine dans la gueule du canyon, entre les hautes murailles de roches brunes, c’est impressionnant. Je ne me suis jamais senti bien grand, c’est vrai, mais de là à avoir ce sentiment de petitesse ! Un petit tour à pied plus en avant, histoire de se dérouiller un peu les jambes et d’admirer encore, cette fois d’en bas et l’on repart. On fonce à Nizwa, que l’on avait négligé jusqu’ alors, voir le dernier château de la région qui nous manquait et faire un petit tour au souk,

le wadi Ghul

lui aussi tout refait à neuf ! On y trouve notre vie, petits souvenirs, choses à ramener. Les souks que l’on a fait ici, sont étrangement calmes comparé à ceux que l’on a connu ailleurs. Tout est tranquille dans ce pays !

Et puis, un détour de plus pour aller acheter notre pique-nique de demain au Lulu de Nizwa. Que voulez-vous, on prend des habitudes ! Chez Lulu , ça nous a plu ! Le corned beef local, rose et gluant, entre deux fines tranches de pain nan racornies comme du vieux carton j’en avais assez depuis deux jours que j’en mangeais ! Alors vive Lulu et ses préparations variées !

Demain, on quitte Jabrin où nous aurons passé trois nuits, par une belle piste de montagne. On ne sait pas où l’on dormira, quelque part sur la route entre ici et Muscate. Lundi on doit dormir à Muscate pour y passer notre dernière journée. Nous y avons encore plein de choses à voir ! Et puis, et puis, le voyage se terminera. D’ici là j’aurai peut-être encore le temps de vous faire un petit billet, qui sait ?


21 février 2019

Bribes...


Une histoire à devenir…
Une caractéristique remarquable d’Oman, en plus de la beauté de ses habitants est le nombre considérable de chèvres. Elles errent de partout, broutant de maigres pâtures, cherchant et même quémandant des restes de pique-nique. Elles sont curieuses, insolentes, drôles et finissent pas se faire chasser car leur sans-gêne n’a pas de limite. Si vous n’y prenez garde votre repas de midi disparait, s’éparpille sur le sol car elles n’en gardent que ce qui leur convient. Dans les campagnes, les villages, les villes, elles fouinent, cherchent, s’effarouchent soudain d’un rien, se rassurent d’aussi peu. Elles semblent n’appartenir à personne et pourtant n’appartiennent certainement pas à tout le monde ! Elles sont aux rues d’Oman, ce que sont les chiens à Valparaiso ou La Paz, les chats à Mystras et dans beaucoup de villes grecques ou les singes à Angkor.

Il circule des bruits, des rumeurs sur ces sympathiques animaux. On nous a raconté, mais peut-être n’est ce qu’une légende caprine, bien que nous en ayons entendu plusieurs versions qui convergeaient sur quelques points, que les chèvres étaient l’objet d’un important trafic.

Au nord d’Oman, dans la province du Musandam, juste en face de l’Iran, des dizaines de bateaux sont là, immobiles. C’est vrai, on les a vus ! Ce sont, nous a-t-on dit,  des bateaux chevriers, qui amènent d’Iran des cargaisons d’animaux, les confient aux Omaniens qui leur passent les contrôles sanitaires et les convoient jusqu’à Dubaï ou elles sont échangées contre des équipements ou matériel qui font défaut aux iraniens, soumis à l’embargo américain. Ainsi, il n’y a pas de transaction financière, simplement un retour à l’antique système de troc qui, lui est toléré.

 L’histoire ne dit pas comment sont rétribués les omaniens qui se livrent à ce tour de passe-passe. Ils ne sont certes pas bénévoles, et ce sont d’ailleurs plus certainement des immigrés indiens, pakistanais, malais, qui sont employés plutôt que les vrais omaniens, beaux, rares, et plus enclins à laisser faire le travail aux autres qu’à s’abaisser à le faire eux-mêmes.

L’histoire ne dit pas non plus comment le vieux sultan gère ces compromis au niveau international, mais il ne doit pas trop mal se débrouiller, car Oman est le seul pays de la région à être en paix avec tous ses voisins et depuis longtemps ! Dans le coin, cela frôle l’exploit.

côte, désert, wadi khalid




Aujourd’hui mercredi, belle et bonne journée ! Hier elle fut en demi-teinte, comme cela arrive parfois dans les voyages! ( C’est mal organisé, ici ! Clin d’œil à la troupe Entre d’Eux)) On est parti en suivant la côte, visitant de petits villages parfois, mais surtout en roulant sur ces magnifiques routes omanaises. La voiture ronronne sur leur asphalte lisse.

 De temps en temps des toilettes publiques, d’un modèle breveté, vous invitent à vous soulager, même en traversant le désert ! Elles sont impeccables, luxueuses et gardées à demeure. Gratuites, bien sûr, comme tout ce qui est public ici !

Il y a des leçons à prendre…

 Donc on plonge plein sud, on saute le spot des tortues, ce n’est plus la saison et il faudrait attendre la nuit dans un hôtel hors de prix, donc on passe. Le but c’est de faire la route qui longe les Sharkiya Sands 

Sugar dunes 


 appelées aussi Sugar Dunes , de belles dunes de sable blanc. Mon idée était de remonter ensuite en traversant cette zone par une piste marquée sur la carte. La route s’est révélée magnifique et la piste impraticable pour nous. Après plus ample renseignements et lecture approfondie du guide Off Road en anglais, que nous nous sommes procuré dès le départ, pour tenter la traversée il aurait fallu être équipé en matériel de désensablement, ce que les loueurs de voitures ne font pas, et être plusieurs voitures pour se prêter assistance…

Toilettes publiques

 Car toute la partie sud de cette piste est en sable très fin, mou et profond avec des passages de dunes. On renonce donc. Sagement. Du coup il faut faire le tour du désert les Sharkiya pour l’attaquer par sa face nord !  Longue route monotone, à travers le désert qui de blond est devenu grisâtre et plat. On dort le soir dans un hôtel, le seul à une centaine de kilomètres à la ronde, dans une petite ville perdue, Sinaw. Je suis fatigué de cette longue route et un peu déçu de m’être montré raisonnable…
Mais aujourd’hui tout change ! On a examiné nos plans, nos guides off et sur route… On part visiter le wadi bani khalid. (Que l’on aurait dû faire en descendant si le voyage avait mieux été préparé !). Il n’est qu’à une centaine de km en coupant par certaines portions de pistes. En route on réserve pour un campement dans le désert. 

Le wadi est très beau. (Au fait, pour ceux qui n’auraient pas encore cherché l’explication de ce mot, wadi : C’est une quebrada, un canyon, une gorge en français, creusée par un cours d’eau qui forme des bassins, des rapides et serpente dans la petite vallée qu’il s’est formée. Ce sont des îlots de verdure au cœur des montagnes arides.) Bon, le wadi Khalid est assez large au début, il a pu donner vie à de belles palmeraies et un peu plus haut s’échelonnent de superbes bassins dans lesquels s’ébattent plein de touristes. 

Car l’accès de cette partie est facile, il y a un grand parking, rempli de 4x4 et même quelques minibus ! Mais malgré tout, c’est très beau. En continuant la promenade le canyon se rétrécit, l’eau se faufile entre les rochers et nous tentons de faire de même en évitant de glisser. En voiture, nous sommes aussi allés tout au bout de la route, au-dessus du wadi, dans les montagnes dont il nait. Là, très vite, on a une impression de grande solitude. Le chemin se termine dans une cuvette rocheuse qui abrite quelques maisons. On ne voit personne à part quelques chèvres qui viennent nous quémander quelques restes 
lorsque nous pique-niquons à l’ombre chétive d’un arbuste épineux.

Wadi Bani  Khalid

 On repart du wadi en milieu d’après midi, on est à une soixantaine de km du campement. La majeure partie sur une des magnifiques routes locales. Celle-là, ils sont en train de l’élargir et de la surélever, elle passe en deux fois deux voies, il faut au moins cela, pour absorber un futur trafic prévu en grande expansion, car pour le moment, si ce n’était les travaux, il serait très fluide ! Au village de Al Wazil, on appelle le campement pour savoir comment s’y rendre : C’est facile, il suffit de prendre la bonne piste et après c’est tout droit. Ici, le sable est un peu damé, la vingtaine de km est avalée facilement. Le campement est en fait un lieu d’accueil très sophistiqué, idéalement placé au cœur des dunes. 

Le confort y est celui d’un hôtel, les bungalows très accueillants et les activités attractives mais à un coût qui nous y fait renoncer.  Pour voir le coucher de soleil on a préféré grimper sur une dune, enfin à mi-pente,

 car elles sont hautes, plutôt que de partir le faire en 4x4 .Et c’était très beau aussi, le sable était doux et chaud…

Demain, on quitte le camp pour se diriger vers une zone de montagne, avec encore des wadis, des chemins escarpés que l’on va découvrir grâce à notre gros livre. (Il pèse … je ne sais pas, un dromadaire  mort, tiens !)

Campement Arabian oryx

18 février 2019


Omanais, omanaises…

Nous savions avant d’arriver en Oman que l’Islam avait imprégné le pays de sa culture, de ses lois, de sa vision des hommes et des femmes. Les guides, les articles lus nous avaient répété que les gens ici étaient très conservateurs, très religieux, bref qu’il fallait faire attention de ne pas les choquer en déambulant de façon inconsidérée en tenue légère. Et bien, c’est plutôt vrai; plutôt car les vrais omanais ne constituent qu’une partie de la population. Il y a beaucoup d’immigrés, d’expatriés qui vivent et travaillent ici, et eux n’ont pas la même culture, les mêmes règles. En fait le pays se montre très tolérant, du moins dans ce que nous avons vu jusqu’ici, et particulièrement dans les villes. Entre les touristes allemandes moulées dans des shorts extra court, les indiennes drapées dans leur sari et les omanaises retranchées dans leur burka, il y a une infinie variété dans la déclinaison de chacune de ces tenues. Toutes  les omanaises ne se cachent pas complètement ! Certaines ont un voile devant le visage, c’est le black out total, d’autres juste une fente pour les yeux, d’autres encore portent un curieux accessoire très décoratif, une sorte de masque doré qui entoure les yeux relié à une palette qui cache la bouche, le résultat est une sorte de belphégor omanais, d’autres enfin sortent à visage découvert, mais oui ! Et ce que les guides ne disent pas c’est que les omanais et omanaises sont beaux ! J’ai du mal à juger la beauté des hommes, mais Françoise a confirmé mon sentiment, ce sont de beaux hommes, fins, racés, ils dégagent comme une impression de grâce, de noblesse et de fierté dans leur blanc vêtement immaculé. Pour les femmes mon impression n’a pas besoin de confirmation ! Celles dont on voit le visage, c'est-à-dire pour la plupart des jeunes, sont à l’égal des jeunes hommes, très belles. Pour les autres, je réserve mon opinion jusqu’à plus ample informé, mais je le reconnais j’ai peu de chance d’en savoir plus !

J’ai remarqué, pour être honnête, une similitude troublante avec notre société, c’est la tendance à l’empâtement croissant avec l’âge et la réussite, chez les deux sexes ! Etonnant, non ?


Muscate et Sour



Ayjah

Plus d’avion avant notre retour ! Après notre retour du Musandam, dans le bel aéroport de Muscat nous avons pris livraison de notre voiture, réservée auprès d’Europcar. Ce devait être une Toyota ce sera finalement une grosse Jeep, un Grand Cherokee, très agréable à utiliser. Pour le moment nous n’avons guère testé ses capacités de franchissement, car nous avons essentiellement fait de l’autoroute ! Après une petite visite de Muscate, le quartier de Mutrah et son souk, les vieilles tours et la balade le long du port nous avons mis le cap au sud, direction Sur, ou Sour, les orthographes varient beaucoup, par cette belle autoroute qui longe parfois la côte, traverse des zones désertiques et enjambe les wadis emblématiques de Shab et Tiwi. Nous nous sommes arrêtés au fameux gouffre de Bimmah, un grand trou circulaire,

gouffre de Bimmah

empli d’eau. Il communique avec la mer et nous a beaucoup fait penser aux cenotes du Yucatan. C’est un joli endroit, au milieu d’un parc de lauriers roses et de bougainvillées. La plupart des gens y viennent pour piquer une tête dans l’eau fraîche, ce que nous n’avons pas fait…Mais cela ne nous a pas servi de leçon, car aujourd’hui, lundi 18, nous avions décidé de consacrer la journée à la visite des deux wadis et de la ville de Sur. Et… nous n’avons pas emmené le nécessaire pour se baigner ! Résultat : Impossible de remonter le wadi Shab jusqu’au bout, certains passages du canyon se passent en nageant. Et les falaises qui le bordent dépassent de très loin nos capacités en escalade !

Wadi Shab

Wadi shab

 Mais nous en avons quand même vu l’essentiel, en fait presque tout.  Une succession de bassins aux eaux pures, dans lesquelles se mirent les palmiers, des petites chutes d’eau et des replats ou serpentent les canaux d’irrigation. Plus on monte, plus la gorge se resserre, les palmiers s’accrochent désespérément aux parois abruptes, le sentier hésite, escalade des rochers, redescend, remonte et finit par s’arrêter définitivement, au dessus de l’endroit le plus resserré, celui qu’il faut passer à la nage ! Personne en fait ne continue plus loin. On s’aperçoit que les gens viennent ici essentiellement pour se baigner. Des groupes d’allemands pataugeaient joyeusement avec de grands éclats de voix alors que leurs guides locaux, dans leur djellabahs blanches les attendaient patiemment. Le wadi Tiwi, juste à côté, peut se remonter en voiture, ce que nous avons fait.

Wadi Shab

 La route est très étroite, se faufile dans de minuscules villages, entre des murs de palmeraie, grimpe d’un coup sur une crête avant de redescendre tout aussi brutalement sur un nouvel aperçu d’un vert éclatant parmi tous ces ocres déclinés à l’infini. Au dernier village, le neuvième d’après le livre mais nous n’avons pas compté, la route se termine, sans crier gare. Un court moment d’indécision me fait perdre La minute du demi-tour nécessaire. 

Wadi Tiwi


En effet, arrivent de multiples 4x4 locaux, débarquant plein d’enfants qui reviennent de l’école. Ils s’empilent autour de nous, manœuvrent, nous bloquent, nous empêchant de leur faciliter le passage en effectuant notre demi-tour ! Enfin, un court répit me permet de l’effectuer et de reprendre le chemin en sens inverse. Cette fois nous ne sommes plus seuls et il faut négocier des croisements parfois délicats. Mais cette

Wadi Tiwi

 petite route méritait bien d’être faite,  le wadi Tiwi est magnifique !

Wadi Tiwi

En revenant vers l’hôtel le même qu’ hier, dans la bourgade juste en face de Sur, on s’est arrêté pour voir la dernière fabrique de boutres. Ce sont de magnifiques bateaux, encore entièrement réalisés à la main et que l’on dit « cousus » car les planches de bordages sont fixées à l’ancienne avec des sortes de chevilles de bois et calfatées ensuite comme il y a des siècles… Des ouvriers débitaient et façonnaient d’immenses poutres qui servent de membrures au maillet et ciseau à bois.

Wadi Tiwi


 Un autre monde ! Mais l’entreprise s’est diversifiée et fabrique aussi du mobilier de jardin en bambou ! Cela doit mieux se vendre !

Chantier navale des dhows

Demain, on continue vers le sud, on n’a pas encore décidé de notre itinéraire et de notre destination. Ce sera surprise ! Mais plus bas il n’y a que le désert, alors…

Wadi Tiwi



16 février 2019

Voyage et Khasab





aéroport de Mascate


Notre première journée en pays d’Oman s’achève. Notre long voyage s’est terminé par un ultime saut de puce à Khasab, une toute petite ville nichée dans les falaises, tout au nord d’Oman, vers le détroit d’Ormuz, en face de l’Iran, vous voyez ? C’est la province du Musadam, célèbre pour ses fjords, ses îles, ses pirates et contrebandiers. Les fjords sont bien là, on peut en attester car nous avons passé la journée en une grande balade en bateau à travers ces paysages nus, de rocs et de pierre. 

Ici le minéral règne en force. Un arbuste rabougri accroche parfois l’œil, rompant l’ocre de la ligne de crête d’un vert timide. La vie est dans l’eau, elle y foisonne même. L’emblématique dauphin se donne en spectacle aux yeux des touristes ravis qui en redemandent. Sur notre boutre nous étions, je n’ai pas vraiment compté, mais autour d’une vingtaine de personnes de toutes origines. Suisses, allemands, omanais, indiens, asiatiques de Dubaï, emirati(s), américains…et deux français !


Bavardages et questions de jeunes omanais, curieux du monde et des langues, échanges avec les suisses,
 ont meublé le retour à Khasab. Nous n’avons pas profité des baignades, mais le cœur y était ! 

Nous avons quand même admiré les curieux oursins qui parsèment le fond, au détriment des pieds imprudents, goûté à d’insipides coquillages ressemblant un peu à de grosses coquilles saint Jacques et bien sûr consommé l’inévitable poulet-riz qui va sans doute être la dominante gastronomique de notre séjour.
Demain, avant de reprendre l’avion pour Muscat nous avons programmé un tour en voiture, avec chauffeur, dans les montagnes du coin. Et puis, saut de puce en sens inverse… Jusqu’au magnifique aéroport de Muscat. 

 Il est vraiment très beau, un rêve d’architecte, il réussit l’exploit de synthétiser le passé et le futur du pays en un seul ensemble. Je sais bien, d’habitude on ne visite pas les aéroports, mais nous, si ! Et celui-là on a eu le temps ! Arrivés de Dubaï à huit heures le matin, on a embarqué pour Khasab vers quinze heures !
 Alors on a flâné, bu, grignoté, admiré et aussi un peu dormi. Car, miracle, ce bel aéroport offre aux voyageurs fatigués des vraies banquettes sur lesquelles on peut s’allonger… Repos favorisé par le calme ambiant. L’espace est tellement surdimensionné qu’il y règne une quiétude, un silence digne des déserts environnants. Et ce n’est pas peu dire, car, comme tout aéroport moderne il est construit à l’écart des villes, au milieu de rien, ou pas grand-chose. 

Celui de Dubaï a l’air bien aussi, mais nous l’avons beaucoup moins visité, en transit pour quelques heures nocturnes. Nous regrettons seulement d’avoir rangé nos appareils qui prennent des photos dans nos sacs enfermés dans les casiers car le décollage au petit jour nous a offert un spectacle magnifique sur Dubaï. Dubaï, un délire d’architecte ! De l’avion on a admiré ces fameux gratte-ciel qui semblent jaillir du sable et vriller le ciel de leurs faces miroitantes.

 Les îles palmiers artificielles, et cette débauche de lumière qui trace des lignes étranges visibles depuis l’espace… Ne sont ce pas l’équivalent de notre époque des fameuses lignes de Nazca, des messages aux dieux, ou bien une démonstration infantile de puissance et de technologie ? En tout cas, en prenant de l’altitude on perçoit surtout la fragilité et l’inanité de ce minuscule îlot de verre et d’acier, coincé inexorablement entre le désert et la mer qui se livrent une bataille millénaire. 








11 février 2019

Bientôt en ... Oman?


Nous repartons…. De façon un peu impromptue et pour un voyage rapide : Deux semaines en Oman !
        Après notre retour précipité du Maroc, nous avons attendu que ma vieille maman se remette et que son état  se stabilise avant de nous risquer à un nouveau départ.  Elle s’est remise et, ma foi, son état peut-être considéré comme stable…. Alors, que s’ouvre la route !
Oman… C’est une destination que nous n’imaginions même pas il y a encore deux mois ; ce nom  n’évoquait pour moi, que désert et pétrole et encore, je n’étais pas sûr pour le pétrole !
Le jour de l’an a tout changé ! Une conversation sur les voyages et l’enthousiasme d’une amie qui revenait de ce pays en nous pressant d’y aller vite, vite avant qu’il ne change trop, nous a convaincus. Quand nous avons décidé de partir pour un voyage court, vers la mi-janvier, cette destination s’est vite imposée au détriment de l’Egypte, Jordanie ou Iran tout d’abord pressentis.
Des billets d’avion d’abord, on réfléchit ensuite, on se documente un peu, on commence à prévoir des itinéraires, mais le temps est court, il se précipite et… vraiment, nous partons avec une vaste place pour l’improvisation !
On vous racontera, bien sûr, avec des images pour vous faire rêver… du moins je l’espère ! On vous racontera les dunes blanches de Wahiba, les nombreux wadis que nous pensons explorer, le Djebel Shams, montagne du soleil et les plages au soleil levant… Vous commencez à rêver ? Moi aussi…
Alors, que demain le rêve se fasse réalité.
Le voyage commence par un saut en avion, on arrive  et on rebondit quelques heures plus tard jusqu’à la pointe nord du pays, juste en face de l’Iran, le Musandam, une région de mer et de fjords découpés, d’îles et de montagnes. Nous espérons bien y faire une journée de bateau avant de rebondir encore une fois jusqu’à Mascate, la capitale, y récupérer la voiture que nous avons réservée et se lancer dans notre périple.
Aurons- nous le temps, la possibilité, l’envie, de remplir notre blog ?  Je ne sais, mais nous ferons des efforts, promis !