16 avril 2015

Arequipa, le retour…


Arequipa, je vous en avais parlé dans un article précédent, parlant de la densité effarante de la circulation, et de la beauté des lourdes portes de bois qui s’entrouvrent sur des successions de cours, d’arrière-cour ou, plus directement, sur des halls d’apparat, souvent ceux de banques ou d’organismes gouvernementaux dont l’utilité m’échappe. Mais voilà, pas de photo pour illustrer cela, rien…

Alors, lors d’une deuxième visite, nous avons pris soin d’en prendre capables d’illustrer mes dires. Pour les portes, c’est sûr, pour la circulation, une simple photo ne montre guère qu’une image figée, peu parlante… Elle ne dit rien, de la cacophonie incessante, des coups de klaxon, des policiers aux coups de sifflets permanents et … impuissants, de l’odeur, de la pollution qui envahit la ville, elle ne dit pas
qu’être piéton ici, c’est revenir longtemps en arrière chez nous, quand il faut traverser à l’instinct, deviner la voiture qui hésite, il y en a peu, celle qui va vous laisser passer, ne pas se fier aux feux tricolores, surtout pas, même s’ils sont relativement respectés, le flot de voitures qui encombre le carrefour et qui finit de passer ne laisse aucun moment sûr aux piétons. L’avantage est que la circulation est lente, ce qui, finalement, minimise le risque !
 

15 avril 2015

Cabanaconde




Cabanaconde, on y échoue pas par hasard, non, il faut l’avoir voulu, c’est encore un village de bout du monde, un village perdu hors des vraies routes.
 
 Prenez, si vous en avez une, une carte du Pérou, cherchez Arequipa, dans le sud, de là, prenez la route, la grand route qui mène à Puno, pas très loin sur la carte, vous tournez sur une route à gauche pour atteindre Chivay. Chivay,
au terminal terrestre de Chivay
 c’est le début du canyon de Colca, après la route se mue en piste, et Cabanaconde est au bout de la piste, c’est aussi le bout du canyon.
 
On y arrive sous un ciel bas, un ciel menaçant. Vite, très près, l’hôtel est là qui nous accueille, nous et un couple de français qui a fait le voyage en même temps que nous. On s’y réfugie, l’orage éclate !
Il fait froid, on sort les grosses polaires. Cabanaconde est autour de 3300 mètres, ici les altitudes ne sont pas indiquées, pour le Pérou, c’est de la moyenne montagne ! D’ailleurs le paysage est assez pyrénéen, beaucoup de verdure, des vaches qui paissent dans des enclos, des ânes, des moutons, et des ruisseaux qui cascadent.
 Le lendemain, le soleil est revenu, on va pouvoir admirer le fameux canyon, on est venu pour cela !
On sort les plans, tous faux, les péruviens ne sont pas non plus très forts pour la cartographie, pour atteindre des points de vue réputés et pas trop loin. Les balades sont sympas, un peu au hasard, malgré les explications pléthoriques de notre hébergeur, ce n’est pas de sa faute, on n’en a compris que la moitié, et encore, on en avait chacun une version différente !
  Mais on atteint les miradors, et c’est vrai la vue est magnifique. On plonge littéralement vers le fond du canyon, loin, très loin vers le bas. Tout autour des sommets à plus de 5000 mètres se penchent sur le mince ruban d’eau.
Pour nous, d’ailleurs le mot canyon n’est pas le mieux adapté. Vallée irait mieux, vallée profonde certes, mais large aussi, car il y a des petits villages accrochés au flanc de cette vallée, en face de Cabanaconde…  Il y a même, tout au fond, dans une anse du cours d’eau, un minuscule hameau, avec des hébergements destinés aux courageux, dont nous ne faisons pas partie, qui descendent et remontent au fond du canyon. Cela se fait en deux ou trois jours.
C’est très beau mais beaucoup moins impressionnant que le Grand Canyon, en Arizona. Là, le Colorado entaille le plateau  d’une profonde coupure, nette, ici le rio Colca s’est tracé une magnifique vallée au milieu de très hautes montagnes. Mais en plus, il y a les condors !
Nous en avons vu lors de notre trajet en bus, sans possibilité d’arrêt malheureusement, c’est un des défauts de ce mode de voyage, nous espérons en revoir. Demain, s’il ne pleut pas, (Mais si nous avons bien compris, il ne pleut que l’après midi à partir de 4h00, mas o menos, plus ou moins… Aujourd’hui c’était 3h30, plutôt menos, donc !) S’il ne pleut pas, on va reprendre un bus jusqu’au mirador des condors, et revenir à pied… Cela fait une bonne trotte, il va falloir rentrer avant la pluie !
Lundi 14…
Nous sommes l’après-midi, vers 17h00, heure locale. Le ciel reste couvert, mais la pluie s’est arrêtée après le gros orage de tout à l’heure. Ce matin, quand nous avons voulu partir pour la Cruz del Condors, le temps était nuageux, mauvais pour les condors paraît-il, pire, il n’y avait pas de bus en partance à 9h00.  Mauvais signe, tout ça ! Mais tout finit par s’arranger… Finalement, un petit bus a bien voulu nous prendre et nous emmener à ce fameux point de vue. Là-haut, le mirador était envahi par une horde de touristes venus de Chivay, d’Arequipa, ou d’ailleurs, mais pas de Cabanaconde ! Et dans le ciel miraculeusement dégagé, de grands condors planaient silencieusement, surgissant du canyon, portés par des courants ascendants,


tournant lentement presque au dessus de nos têtes et replongeant en un ballet féerique. Féerique, mais de courte durée, à l’heure syndicale, les artistes, probablement intermittents du spectacle, regagnent leurs aires cachées dans les montagnes, s’éloignent, redeviennent mythiques jusqu’au lendemain. Sur notre route de retour, Cabanaconde à pied, nous en reverrons quelques- uns toujours aussi majestueux, puis les condors ont disparu au profit de menaçants nuages. Hâtant le pas, nous n’avons devancé l’orage que de quelques minutes, le temps de passer à l’hôtel retirer le linge étendu et de nous réfugier dans un restaurant pour y manger un plat chaud en regardant tomber le déluge.

Bribes...


Cabanaconde
Décidés à atteindre ce village nous sommes partis au matin d’Arequipa, sommes montés sans crainte dans un bus hors d’âge de la compagnie Andalucia, un Volvo haut perché, aux moquettes mitées style sixties. Arequipa n’en finit pas de finir… On monte, on monte, les quartiers s’étirent de plus en plus pauvres, délabrés, des quartiers de tôles et de misère. Le bus chauffe, perd de l’eau, on s’arrête souvent pour remettre quelques litres, puis enfin, la route… Une belle route, celle de Puno, une route à camions. Le chauffeur double, double, soucieux sans doute de rattraper son retard. On quitte la grand route pour attaquer le col avant Chivay. On monte très haut, plus de 4000, on essuie une tempête de grésil et on attaque la redescente… Le bus s’arrête en croisant son collègue, le deuxième bus de la petite, très petite compagnie Andalucia, et là, hop ! En deux temps, trois mouvements, on fait l’échange des bus… Tous les bagages, et ils sont nombreux et disparates car les passagers sont essentiellement des locaux, sont déchargés puis rechargés à une vitesse record. Les passagers remontent dans leurs nouveaux bus, qui repartent chacun en sens inverse. Nous on y a gagné au change ! Le bus, quoique bon lui aussi pour une retraite bien méritée, est en meilleur état et offre une bien meilleure visibilité aux passagers. Ces autocars péruviens ont la cabine chauffeur bien séparée des passagers, par une porte aux rideaux clos, sans doute pour que ceux-ci ne s’affolent pas en voyant dans quelles conditions le chauffeur s’autorise certains dépassements… Hé bien notre nouveau chauffeur, son copilote plutôt, a obligeamment laissé cette porte ouverte pour que nous puissions admirer le paysage à l’avant, il a même fait descendre Françoise près de lui,  afin qu’elle essaie de prendre en photo les condors  qui jouaient dans les courants d’air. Très, très difficile dans un bus cahotant de prendre en photo un condor qui plonge dans le canyon, réapparait plus loin porté par un courant ascendant, disparaît soudainement derrière un repli de montagne…  Mais nous, nous les avons vus, majestueux, impériaux, dignes des légendes incas.
On laisse derrière nous le fameux mirador aux condors, traversons encore précautionneusement un ou deux gués, et atteignons bientôt, Cabanaconde, le village du bout de la route…

10 avril 2015

Arequipa


 

dernières photos de San Pedro d'Atacama...


Nous sommes au Pérou ! Nous avons quitté le Chili, San Pedro d’Atacama et rejoint Arequipa, la grande ville du sud Pérou, au terme d’un long enchaînement de bus, d’attentes dans les terminaux, de grignotages sur le pouce, et de périodes de somnolence inconfortable.

On quitte le Chili avec un léger regret, celui de ne pas en avoir vu davantage, car c’est un pays accueillant, agréable à vivre et beau, du moins pour le peu que l’on en a vu. Mais la loi du voyage est d’avancer, de passer, et de laisser à un hypothétique futur le plaisir de revenir et d’explorer plus en détail…

Le Pérou nous attendait, et de la plus belle façon avec la ville d’Arequipa.
 Jusqu’alors nous avions été surpris, enchantés, émerveillés par la beauté des paysages, la rareté des couleurs et des formes, là, c’est une ville qui nous attendait. La première vraiment belle ville de notre voyage. Arequipa s’est reconstruite à de multiples reprises après des séismes et a pourtant conservé dans son cœur une allure de ville ancienne, ancrée dans le temps avec de belles maisons aux cours profondes, aux lourdes
portes de bois travaillées, avec une place centrale magnifique entourée de colonnades, de grands bâtiments qui abritent les administrations…
Une belle ville, qui rappelle un peu certaines d’Espagne, Cordoue peut-être, où de Toscane, comme Sienne. Une ville animée aussi, la circulation y est infernale, rythmée par les klaxons des milliers de taxi qui tentent de se frayer un passage, de racoler un client, de gagner quelques secondes à chaque carrefour. Des policiers essaient en vain de contrôler ce flux incessant, de l’endiguer, en sifflant sans cesse, en une sorte de parodie à la Tati. Malgré leur nombreuse présence, le Pérou semble moins policé dans sa conduite que l’Argentine ou le Chili, la priorité est celle du plus fort, du plus rapide, ou du plus petit capable de se faufiler ! Beaucoup de taxis sont minuscules, presque des voiturettes, un modèle de Daewoo inconnu chez nous, il ne faut pas avoir de trop gros bagages, mais le centre ville leur est dévolu, il n’y a pas de transports en commun !

Beaucoup de piétons aussi, pourtant il n’y est pas roi, le passage piéton ici n’est pas gage de sécurité, il faut s’y engager à la fois avec méfiance et détermination si l’on ne veut pas rester éternellement sur le même trottoir. Des piétons souvent pressés, chargés, les gens d’ici, et d’autres qui flânent, qui badent, des touristes, souvent français…
 
Nous y avons flâné, conquis par le charme de cette ville, ces monuments et musées, (Comme à Salta, nous avons visité un musée encore entièrement consacré aux momies incas retrouvées au sommet des volcans proches) et un magnifique monastère.

Samedi, le 11, nous allons partir pour Cabanacondé, un petit village au fond de la vallée de Colca, le fameux canyon, plus profond que le grand, celui des USA, mais, paraît-il moins impressionnant car beaucoup plus large. De là-bas, le 14, on devrait enchaîner une demi-journée et une nuit de bus pour gagner Nazca où nous rejoindront J&j ! On essaie de s’organiser pour leur retour dans le circuit. Pendant ces quelques jours, ce sera silence sur le blog, pas de connexion au cœur des montagnes, au fond du canyon, ni dans les bus pourtant modernes de « Flores ».

Le monastère de Santa Catalina

Un article sur un monastère dans le blog des Chapon ? Un article complet rien que pour ça ? He, bien oui ! Oui, et oui ! C’est un monastère, certes, mais quel monastère ! Dîtes plutôt une ville, une petite ville nichée au cœur de la grande, avec ses rues, ses ruelles, ses places, ses fontaines et ses jardins…


C’est une sorte de lieu miraculeux et ce n’est pas par la grâce de Santa Catalina, non, mais plutôt par une histoire exceptionnelle. Fondé au XVème siècle il a vécu sans discontinuer jusqu’à maintenant ou presque, il s’est étendu, reconstruit, il mélange les styles et les époques, mais a su garder une certaine unité. C’est un ensemble d’une grande sérénité, à l’écart du monde si trépidant, pourtant tout proche ; on s’y sent en dehors de tout, ailleurs…
L’architecture n’y est pas raffinée, la couleur, les jardinets et les fleurs pallient à l’absence de bas reliefs, de riches vitraux ou de prouesses de voutes d’ogives haut perchées…


Non, ce n’est ni le gothique éblouissant de nos belles cathédrales, ni le roman si pur de nos vieilles églises, c’est simplement… simple, simple et beau.
Des cloîtres plantés d’orangers, tout en ocres, un autre dans lequel on a osé un bleu grec, sur lesquels s’ouvrent de vastes salles communes et  des cellules qui sont en fait des suites. Les nonnes étaient les dernières filles des riches familles qui les dotaient pour entrer au couvent. Elles y avaient des servantes, des biens, se faisaient construire ou reconstruire leurs cellules, les agrandissaient, les aménageaient.

Des ouvertures qui s’enchaînent, qui se perdent en labyrinthes, qui se ferment sur des escaliers clos ou des jardinets secrets, qui se perpétuent en d’enivrantes perspectives…
Une fenêtre, qui donne sur une porte, d’où l’on aperçoit un mur ocre dans lequel s’ouvre une porte qui s’ouvre sur le cloître bleu…
 Nous y avons passé une matinée…

Nous aurions pu y rester, longtemps, longtemps, si nous n’avions pas eu peur d’être, finalement, et sournoisement contaminés par la spiritualité ambiante.
 
Si jamais vous passez à Arequipa, ne ratez pas, sous aucun prétexte, le monastère de Santa Catalina


 

07 avril 2015

Bribes...

 La tragi-comédie des billets…

Le vendredi de l’arrivée de J&J, en quittant l’aéroport, nous nous précipitons au terminal de bus pour acheter nos billets pour San Pedro d’Atacama. Nous craignons de ne plus avoir de places au retour de notre petit circuit dans les vallées Calchaquies ! Au guichet de Geminis, la compagnie qui assure ce trajet les lundis et jeudis, on essaie notre espagnol, bien incomplet. La jeune fille du guichet semble comprendre, nous inscrit sur la liste de bus et nous dit qu’elle ne prend pas les cartes de crédit. On fouille nos poches, recompte nos billets mais le compte n’y est pas ! On fonce vers la cajeto automatico  du terminal pour essayer de retirer quelque argent… Mais non, ce fichu distributeur ne veut rien distribuer ! On demande donc  à la jeune fille de nous réserver les places, on viendra payer demain matin, avant de partir pour notre circuit. Le lendemain grâce à l’entremise bienveillante de Luc  qui nous a changé des euros en pesos, on revient au guichet régler notre dû. On obtient de magnifiques billets en carnets, accompagnés d’une feuille récapitulative…
On part, heureux, confiants…

Mardi 31, la triste nouvelle tombe… Loulou est passé, J&J doivent regagner la France au plus vite !
Affairement, coups de fil, Luc nous aide grâce à sa connaissance de l’espagnol à modifier les quelques rares réservations que l’on avait et, nous accompagne au terminal de bus pour essayer de se faire rembourser les billets de J&J. Merci à l’apôtre !!!

La jeune fille du guichet nous reconnait bien  mais nous reproche de n’avoir pas été là au départ du bus ! Le ton monte, la discussion flambe, on regarde enfin de plus près nos billets : Ils avaient été rédigés pour le lundi, le 30, et non pour le jeudi, le 2, comme nous croyions l’avoir demandé ! La faute à une confusion dans les mots, lunes pour lundi, jueves pour le jeudi, une mauvaise prononciation, un peu trop de confiance, la fatigue du soir après de longues journées de route… La faute à pas de chance ! Luc argumente, se démène, fait intervenir le patron, qui compatit au décès du père de Jacques,  ne veut rien entendre pour rembourser des billets, mais consent à nous modifier les nôtres pour partir jeudi… Ouf ! Nous n’aurons pas à les payer une deuxième fois !
Finalement, cette malheureuse coïncidence nous aura servi …

San Pedro d’Atacama…


 
Le désert d’Atacama, la région la plus sèche du monde… Évidemment, nous y arrivons quelques jours après des pluies torrentielles qui ont fait de gros dégâts dans quelques villes de la côte. A San Pedro même, il a plu, ce qui paraît-il, n’est pas si rare que ça, mais rien de catastrophique. Quelques pistes coupées, pour nous cela devient une habitude ! On loge dans un hôtel style routard, sommaire, assez déglingué, mais avec une cour intérieure où l’on bavarde avec les autres occupants, surtout des français, très nombreux dans le coin. Car, désert, désert, certes ! Au niveau de l’eau, des paysages, de la végétation… Mais que d’humanité, de tous horizons, de tous âges, il y en a du monde ! Des chiliens, plein, c’est assez normal, ils sont chez eux, et c’est un grand week-end pascal, des français en pagaille, qui  sans doute cherchent le chaud, le ciel bleu, avec une pointe d’exotisme, des allemands, des américains, j’ai même vu une japonaise, enfin sa momie, lunettes noires, visage voilé, grand chapeau… Elle,  ce n’était pas le soleil qu’elle cherchait ! Donc beaucoup de monde dans ce haut lieu du désert…

San Pedro, le village… Des rues de terre, étroites, cabossées où naviguent en cahotant les gros 4x4 des innombrables agences qui proposent des excursions. Comme partout ici, les chiens errants, nonchalamment étendus, regardent d’un œil impavide déambuler touristes et véhicules de tous acabits. Les boutiques se partagent à part égales entre les marchands de souvenirs, d’artisanat (venu de Bolivie) et ces fameuses agences. Ajoutez-y quelques restaurants pour se nourrir, il le faut bien quand même, et quelques boutiques de nourriture et d’eau, voilà, le tour est fait ! Une espèce de Mont Saint Michel transplanté au Sahel, qui, malgré tout, a pas mal de charme. Ce qui compte, bien sûr, c’est ce qu’il y a autour. Et là ! Là, encore une fois on est gâté ! Cette fois on a troqué la petite Chevrolet contre un bon gros pick-up Mitsubishi, haut sur patte, costaud qui nous permet d’aller où on veut sans trop se soucier de l’état des pistes et à contretemps des agences… Enfin de certaines !
 
 

Il y a d’abord le cadre, le décor, ce vaste plateau désertique coincé contre la cordillère, les grands sommets comme d’immenses sentinelles blanches, et ce désert qui hésite encore à en être un, qui refuse de s’aplanir trop vite, de devenir sable et dunes, de n’être qu’une plage immense…

Le grand  Salar, certains nous diront qu’il ne vaut pas celui d’Uyuni, peut-être, mais on ne le connaît pas encore, alors c’est quand même quelque chose !
Laguna Chaxa
Et puis, les lacs de l’altiplano, au bout d’une piste qui monte, monte au-delà de 4000 mètres, deux yeux bleus plantés dans le ciel bleu, deux yeux bleus, cernés d’ocre et de vert, encore une symphonie de couleurs…
Lagune de Miscanti
 

vallée de la lune
 
Des vallées, celle de la Lune, parsemée de miroitants cristaux de sel, érodée, aux formes tourmentées, qu’entrecoupent parfois de lumineuses dunes de sable et toujours, ce ciel bleu, d’un bleu pur, parfait, qui découpe les falaises rouges, ou la courbe dorée d’une arête de dune, celle de Arcoiris, la vallée arc en ciel, très mal indiquée, découverte presque par hasard au bout d’une piste incertaine, mais si belle, si belle ! Elle décline effectivement presque toutes les couleurs de l’arc en ciel, d’autres plus communes qui marient les ocres et le sable…
Arcoiris
 

Des geysers, enfin des jets de vapeur, que l’on a découvert au petit matin après une longue piste où les voitures et les minibus se suivent depuis San Pedro. On arrive très haut, sur un plateau encerclé de sommets, les vapeurs s’échappent du sol sous la lumière de la lune, il fait très froid, tout le monde attend le lever du soleil.
L’aube se fait attendre, petit à petit la lumière monte, baigne le plateau jusqu’alors dans la pénombre, le dévoile. Les vapeurs se font plus actives, de petits geysers montent, bouillonnent. On se balade là-dedans, très librement ; on repart avant la foule, parmi les premiers et on explore des pistes oubliées, délaissées, histoire de retrouver des espaces libres, de se gaver de poussière et de pousser le Mitsu dans ses retranchements. Il s’en sort bien, heureusement pour nous !

Demain, en soirée, on quitte San Pedro, en de longs enchaînements de bus, en direction du Pérou. Une seule excursion nous manquera, celle que l’on ne pouvait pas faire seuls, un prétexte à revenir… Qui sait ?

01 avril 2015

Bribes...

Triste nouvelle…

Au début de notre visite de Salta, ce mardi 31, tout était calme… Une grève générale avait été lancée, et bien suivie pour protester contre les tentatives gouvernementales d’instaurer un impôt sur le revenu… Un message interrompt notre flânerie au soleil. Jacques nous fait part de la mort de son père, Loulou…
Ce n’était pas une nouvelle totalement inattendue, même si nous espérions tous une issue plus lointaine, une rémission pour quelque temps… Loulou venait juste de fêter ses 90 ans !
Jacques et Jo, à peine arrivés, à peine émerveillés, quittent donc le voyage pour un temps, pour accompagner la famille, les proches dans ces moments toujours douloureux, toujours compliqués. Françoise et moi continuons le voyage, mais nous  partageons  douleur et tristesse… et nous joignons de tout coeur avec tous ceux qui pourront lui rendre un dernier hommage.

La mort nous rend souvent visite dans nos voyages, aux USA, en Scandinavie, et maintenant… Elle prend de sales habitudes !
Nous continuons notre voyage et Jacques&Jo  nous rejoindront au Pérou, au Chili ou ailleurs !

A bientôt vous deux !

Les vallées Calchaquies


Samedi, le 28, pour ceux, nombreux, qui aiment avoir quelques repères chronologiques, nous partons fièrement serrés tous les quatre dans notre petite Chevrolet, qui s’avère finalement relativement confortable et spacieuse. Il faut dire qu’il n’y reste que l’essentiel, sa rusticité s’adapte assez bien au pays. Nous partons pour les vallées Calchaquies et la Quebrada de Las Flechas, un petit circuit de trois jours dans un haut lieu touristique de la région de Salta, qui en compte beaucoup. Passés les faubourgs de la ville, on entre très vite dans les contreforts de la montagne,
 la vallée verdoyante s’étire entre les falaises rouges,  elle fait place aux étendues arides, minéralité infinie ponctuée de cactus. On prend la piste 33, on nous l’a conseillée, effectivement elle est déserte et magnifique. La petite voiture peine parfois, la garde au sol est un peu juste, il faut négocier certains passages, mais le jeu en vaut la chandelle ! Au km 14, le spectacle est magnifique, un dégradé de couleurs qui se décline jusqu’à l’horizon…
Demi-tour, on retourne sur la route principale pour ne pas rater Cachi, un des plus beaux villages de la région. On retrouve la Recta Tin Tin, la ligne droite d’altitude la plus haute du monde,
 qui passe au milieu des vigognes et des lamas… Puis c’est Cachi, ses maisons blanches, le rio en bas, petit village adossé à la colline.
 
des lamas mais pas que...
C’est tranquille et agréable malgré la renommée touristique. La nationale 40 continue vers le sud, elle se fait piste, sinue par endroit, se rétrécit jusqu’à ne plus être qu’une mince bande rouge qui se coule entre les falaises et le rio. A Seclanclas on cherche la finca de Berta, une auberge tenue par une amie et protégée de Colette et Luc. Elle se trouve à plusieurs kms de piste du village, perdue au bout du monde.  Berta nous accueille dans son petit coin de paradis, paradis pour nous, touristes lointains venus à la recherche de coins magiques. Pour elle, c’est peut-être plus proche du purgatoire…
Le lendemain, on continue en direction de Cafayate, la petite ville la plus touristique du coin, connue non seulement pour sa position privilégiée au carrefour des plus belles quebradas de la région, mais aussi pour sa production de vin, les « torrontes » blancs qui, ma foi, se laissent déguster ! La route 40, continue ses magnificences, frôle la Quebrada de Las Flechas, s’enfonce à regret entre des murs rouges,
 
rejoint le rio Calchaqui, la plaine et nous amène à Cafayate. C’est une petite ville agréable, un peu trop touristique à notre goût. En plus des lamas, ils ont aussi trouvé des pigeons dans le coin !
On dort dans l’hôtel « Asembal », Si !  Si ! On ne rit pas ! Hé bien, on en a pour son argent ! Excellent rapport qualité- prix !
Lundi, en route pour un site archéologique réputé, Quilmès. C’est un village reconstitué des indiens Quilmès, qui dans les années 1400, ont résisté un peu aux Incas qui agrandissaient leur territoire vers le sud, un peu plus aux espagnols qui agrandissaient le leur vers l’ouest lointain. Du coup ils ont été déportés et voués à la construction de Buenos-Aires…  L’histoire ne se renouvelle pas tellement !
les ruines arrangées de Quilmes
 
C’est intéressant, mais on manque de données archéologiques pour vraiment se passionner. Le site est beau, aride, échelonné sur une pente avec deux promontoires qui servaient de forteresses. Faute de guide parlant français,  on se contentera de nos propres hypothèses sur le ravitaillement en eau de ce gros village… Un peu plus loin on visite une sorte de musée étrange, œuvre d’un artiste argentin, homme d’affaires avisé aussi, car il a fait fortune en vendant aux touristes des objets fabriqués avec les motifs indiens traditionnels. Je m’attendais un peu à une sorte de galerie Jull’s, comme en Finlande, mais non, le contenu est assez pauvre, mais l’extérieur mérite le coup d’œil !
Vite on remonte sur Cafayate, pour, en début d’après-midi, profiter des meilleures lumières sur la Quebradas de Las Conchas.

La route est bonne, le soleil chaud, le ciel d’un bleu magnifique et les différents points de vue rivalisent, de surenchères en surenchères pour nous éblouir, nous étonner. Il y a bien sûr, les « colorados » ces murailles rouges, pitons qui se dressent, se crénèlent parfois, ou deviennent cheminées de fées, se creusent en vastes excavations sonores, se plissent et se contorsionnent en d’invraisemblables circonvolutions…

 
 Bref une féerie, sur une trentaine de kms. La route qui nous ramène à Salta nous paraît ensuite bien fade, presque monotone…