nouveau coucher de soleil sur le Mékong |
Nous voici revenus au Laos depuis
quelques jours, quelques journées très riches passées à visiter, aller et
venir, voire même revenir ! Luang Prabang, ville classée au Patrimoine
Mondial de l’humanité, encore une, est notre base d’exploration de cette région.
C’est une jolie ville, agréable, qui s’étire le long du Mékong jusqu’à son
confluent avec une petite rivière la Nam Prabang peut-être. C’est une ville
basse, aucun bâtiment n’y excède les deux étages et seuls dépassent un peu les
arbres qui foisonnent joyeusement dans les jardins et les flèches dorées des
innombrables temples et pagodes, certains très beaux. Rien de très
spectaculaire, simplement une certaine douceur de vivre, à la laotienne et un
cadre agréable. Une première journée a été consacrée à sa visite et à une
balade à pied dans un village voisin. Il suffit d’enjamber la rivière par un
petit pont de bambou et on accède par un chemin à un des villages qui alimentent Luang Prabang
en artisanat pour touristes. On y trouve des tissages, bien sûr, mais aussi et
c’est une des raisons de cette visite, des fabriques de papiers artisanaux !
Du beau papier végétal travaillé à la main sur des cadres fins et séché au
généreux soleil de la région. (C’est l’hiver ici, mais il fait 35°, il vaut
mieux parler de saison sèche !) C’était le but de la balade nous avons
ramené un certain nombre de grandes feuilles idéales, je l’espère, pour les
travaux d’impression de Françoise. Le plus difficile a été de les caser dans
les sacs sans trop les abimer ! Nous
étions partis avec une grande marge de remplissage, sacs au trois quarts, c’est
fait, ils sont pleins, 100% full, emplis de tous les achats réalisés depuis le
départ.
Mais bon, nous sommes sur la fin du voyage… Donc une première journée
pédestre ! Pour la seconde, pour reposer nos pieds fatigués et aussi pour
élargir notre champ d’exploration nous avons loué à nouveau une petite moto. C’est
décidément un mode de déplacement agréable et bien adapté au pays. Les mœurs de
circulation sont faciles à adopter, il suffit de faire ce que l’on a envie en
prévenant et en tenant compte des gabarits respectifs. Par exemple, les camions
sont nettement prioritaires dans absolument tous les cas de figure et il vaut
mieux s’abstenir de faire jouer un droit inexistant face à eux !
Il faut
aussi garder un œil vigilant sur la chaussée car dans ce pays d’éléphants les
nids de poule ont tendance à prendre des proportions insolites ! C’est je
crois le plus gros danger ici, se prendre un trou profond et y laisser sa roue
avant et plus si pas de chance ! Donc conduite au milieu, louvoyante et se
serrer si un plus gros que vous arrive en face. Avec cette moto, nous sommes
allés visiter des cascades, un premier site très fréquenté et très joli, mais où nous sommes arrivés
assez tôt pour éviter la foule, et un deuxième désert, complètement vide de
visiteurs et d’eau ! On y a effectué quand même une chouette promenade, seuls
dans la forêt pour grimper aux cascades
qui ne délivraient plus qu’un minuscule filet.
Ayant presque épuisé les charmes
de la ville, nous sommes allés ensuite à Nuong Khiaw, un gros village à trois
heures de route au nord. Plusieurs voyageurs rencontrés en chemin nous en
avaient vanté les mérites. Un minivan surchargé nous y emmène de cahot en
cahot. Nous prenons logis dans une modeste guesthouse au bord de la Nam Ou, la
belle rivière qui magnifie ce lieu.
C’est un gros affluent du Mékong, et il y a
peu on pouvait arriver à Nuong Khiaw en bateau en venant de Luang Prabang. Mais
les temps changent et les chinois investissent ! Ils ont construit des
barrages sur la rivière et très légèrement amélioré la route qui desservait le
village. Il n’empêche, c’est un beau lieu. Le matin, le soleil peine à dissiper
les brumes nocturnes et nimbe la vallée d’une étrange lumière, fantomatique,
puis quelques rayons dardent, faisant luire les feuilles des bananiers, des
tecks et de toute cette flore qui s’accroche
follement aux flancs des monts escarpés.
Nous avons effectué là, une
excursion d’une journée en bateau, entrecoupée de visites de villages et d’une
longue promenade vers une cascade, encore une, qui elle était encore bien en
eau. Les plus courageux du petit groupe s’y sont baignés.
En fait nous sommes
les seuls à être restés sagement les pieds dans l’eau. Deux jeunes suédois ont
plongé sans appréhension et ont déclaré l’eau très bonne, les deux hollandaises
qui constituaient le reste de la troupe y sont allé plus délicatement mais ont
quand même pris la douche sous le puissant jet d’eau. La promenade en elle-même était
plus que sympathique et comblait déjà nos velléités sportives. Le but final de
l’excursion était un petit village, Muang Ngoi, autrefois un vrai trou perdu et
devenu en quelques années un vrai refuge pour routards en quête de bouts du
monde. Les agriculteurs se sont vite reconvertis et ont bâti des guesthouses et
des restaurants à qui mieux- mieux.
Le retour en bateau fut une petite
épopée… Le conducteur débutant qui avait déjà eu de gros problèmes dans la
matinée pour démarrer son moteur, à chaque arrêt très récalcitrant pour se
remettre en marche, nous a fait cette fois, le coup de la panne d’essence !
Une longue attente en dérive sur la Nam Ou, avec le soleil déclinant, le
spectacle était de toute beauté, mais une certaine impatience gagnait quand
même le groupe jusqu’à ce qu’une petite barque vienne, à la rame, nous délivrer
un bidon d’essence.
Aujourd’hui, samedi, nous avons
repris le bateau jusqu’au barrage, vers l’aval. Trois heures de navigation très
belle, avec un conducteur-guide qui nous a beaucoup parlé. Adepte de la
méditation bouddhique, calme et souriant, avec lui les arrêts dans les villages
furent agréables et instructifs. Cette fois c’étaient des villages qui n’avaient
plus vu de touristes depuis très longtemps, peut-être jamais. Dans l’un, les
habitants vivent de l’agriculture et de la pêche, dans l’autre aussi mais les
femmes tissent pour le marché de Luang Prabang. J’aime mieux visiter ces
villages que les soi- disant villages « ethniques ». Ils sont
finalement plus authentiques car ils reflètent la vraie façon de vivre actuelle
des villageois.
Depuis le barrage, retour en van
inconfortable sur Luang Prabang pour une dernière nuit dans la ville.
Nous avons décidé de modifier l’itinéraire
prévu pour la fin de notre voyage.
On ne fait plus la croisière sur le Mékong
pour passer dans le nord de la Thaïlande en deux jours. Différents avis nous
ont laissé penser que les bateaux collectifs sont vraiment trop lents et inconfortables
et on ne sait même pas s’ils remontent le Mékong,
et ceux de croisière trop
onéreux, donc, après une ultime excursion au Laos de trois jours dans la plaine
des Jarres, on descend sur Vientiane et
on passe dans l’est de la Thaïlande pour une petite semaine de visite.
Mais nous ne sommes que le 3
mars, on peut encore changer d’avis ! Vous aurez certainement l’incomparable
plaisir de me lire encore une ou deux fois avant notre retour et je vous
raconterai, soyez en sûrs !
Pour ceux qui aiment les photos : petite sélection...
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