Notre voyage vit ses derniers
jours, nous sommes en Thaïlande, et c’est vrai, avons quelques petits déboires,
rien de bien méchant, juste de quoi nous agacer et nous faire dire que
finalement ce sera pas mal de rentrer !
Mais avant, je vais vous raconter
les jarres de Phonsavan, au Laos. Nous y sommes arrivés fatigués par une route longue,
bosselée, sinueuse à l’excès. La ville
est sans charme aucun, une longue ville rue, (notre premier hôtel était situé à
une extrémité et était inhabitable et d’ailleurs inhabité, nous avons vite
déménagé !) et les quelques touristes qui s’y croisent sont venus admirer
les jarres !
Ces champs de jarres sont en fait
des nécropoles préhistoriques et ces grands récipients taillés dans la pierre
des urnes démesurées.
On visite les trois zones, l’une entre deux collines
ombragées de pins, on se croirait en Méditerranée, une autre au bout d’une jolie petite balade
dans les rizières, elle aussi sur une petite colline et la dernière, la plus
grande, la seule où l’on ait croisé quelques visiteurs, près de la ville, sur
une…colline, mais oui, c’est encore vrai ! Les sites sont agréables, les
urnes assez mystérieuses, (Une légende locale veut qu’elles aient servi à
inhumer les défunts dans du « whisky », (alcool de riz abondamment
fabriqué, et consommé, dans la région) et celles qui ont résisté aux dommages
du temps et aux intenses bombardements américains qui ont frappé la région sont
des témoignages étranges ;
on se pose bien sûr la question : Comment
faisaient-ils il y a si longtemps pour dégager, creuser puis transporter ces
énormes blocs de pierre ? Mais les gens, ici, sont plus préoccupés par le
déminage des munitions anti-personnel présentes encore par millions dans le
sol, que par la réponse à ces questions sans grand intérêt !
Nous sommes repartis pour Vientiane, la capitale
du Laos, dont nous avons visité l’essentiel par une très chaude journée, ville
agréable, très aérée, avec beaucoup de verdure et sommes passés en Thaïlande en
fin de journée, pour anticiper un peu un long voyage.
Précaution utile, car
voyager ici s’est révélé plus ardu qu’au Laos ou au Cambodge. D’abord, presque
personne ne parle anglais, mais en bons asiatiques, ils font semblant de vous
comprendre et vous disent n’importe quoi ensuite. Ensuite le système de bus
semble plus proche de l’Amérique du sud : Diverses compagnies s’affrontent
sur les mêmes destinations et vous racolent, quitte ensuite à annuler le bus si
celui-ci n’est pas rentable ! Enfin, les affichages demeurent complètement
incompréhensibles, je crois qu’il nous faudra longtemps pour déchiffrer l’écriture
thaïe et ensuite savoir ce qu’elle signifie !
Donc, en arrivant à Nong Khay une
fille nous renseigne, c’est bien, il y a un bus de sa compagnie à huit heures
trente qui va nous emmener à Nakhon Rakhasima. On se lève assez tôt,
évidemment, tuk-tuk, gare routière et là, la fille a disparu, son bus aussi, et
le petit bureau est vide. En cherchant bien, on trouve une autre compagnie qui
va nous emmener, mais à dix heure quinze… Alors, on attend ! Son internet
est en panne, elle ne peut nous délivrer les billets que juste avant de partir,
mais tout se passe bien. Françoise, en
étudiant la carte avait vu que le trajet du bus frôlait notre vraie destination
Phimai et voulait s’arrêter à ce village, j’ai préféré aller jusqu’à Nakhon
pensant que ce serait plus facile.
Ca l’a été, mais nous avons fait trois
heures de bus supplémentaires ! Le temple khmer de Phimai valait le détour, encore une chance !
Ce matin, après avoir visité, on quitte Phimai pour retourner à Nakhon et
prendre un bus pour Surin, une ville qui doit nous servir de base pour des
excursions dans la région. Tout se passe bien, jusqu’à l’arrivée. On descend du
bus à Surin, enfin ce que l’on croit être Surin, et là, on demande pour l’hôtel
où l’on veut aller… Personne ne connaît, mais quelqu’un croit savoir et nous
fourre dans un tuk-tuk collectif qui part…L’hôtel devait être près de la gare
routière, mais l’engin roule gaillardement et s’éloigne.
Françoise réagit, fait
arrêter le conducteur et on tente de s’expliquer. Eux, vont à un village trente
kilomètres plus loin dont le nom ressemble à celui de l’hôtel. Nous regagnons
la gare à pied, avec nos gros sacs sur le dos. Et là, miracle, une vendeuse de
fruits parle l’anglais assez bien et comprend que nous nous sommes trompés d’arrêt !
Surin est plus loin, trente kilomètres plus loin, et ici, c’est seulement le
district de Surin qui commence. Je peste contre l’aide chauffeur du bus qui
nous a vendu les billets et ne nous a pas prévenu de l’erreur !
Nous
refusons la chambre que ces braves dames nous proposent et prenons un taxi
jusqu’à l’hôtel. Un petit trou dans le budget, encore que les taxis, ici,
soient très bon marché par rapport à la France ! Et l’hôtel, décrit dans
le guide comme un peu suranné mais parfait, nous transporte dans un autre monde…
Immense, vide, lugubre, les chambres miteuses n’ont pas vu de plumeau à
poussière depuis des décennies, des couloirs labyrinthiques, il a comme un
arrière- goût de soviétisme déplacé… Nous changerons demain !
Je m’étais dit, ce n’est pas
grave, on va se trouver un bon repas ce soir pour nous changer les idées, mais
nous n’avons déniché qu’une petite gargote aussi miteuse que l’hôtel… Pas de
chance, je vous dis, des petits déboires, qui aident à finir un voyage !
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