La tour Baiyoké
Baiyoké est la plus haute tour de
Bangkok, et elle se visite, un peu comme l’Empire State Building à New York, où
d’autres sommets de la construction humaine un peu partout dans le monde. Nous
décidons donc de voir Bangkok de haut et au terme d’un parcours admirablement
maîtrisé, bateau et métro aérien, nous arrivons à proximité. Dans la rue, un
thaï nous interpelle, nous vante les mérites d’un shopping dans l’autre sens et
nous avertit qu’il y a énormément de monde, des chinois. Nous poursuivons néanmoins
notre route et nous approchons du pied de la tour. Nous nous apercevons vite qu’il
ne nous a pas menti : Le nombre de bus garés dans l’allée qui y mène,
trahit la présence d’une cinquantaine de groupes, forcément chinois ! Une
petite hésitation plus tard nous prenons nos tickets pour monter. Pas de queue
aux guichets, les groupes avaient réservé, par contre une foule compacte attend
son tour pour prendre les ascenseurs. Nous piétinons un moment dans le troupeau
transhumant. Des bergers de fortune brandissent désespérément des drapeaux
colorés et morigènent leurs ouailles pour les tenir groupées. Coincés entre
deux groupes, nous attendons…
Les liftiers nous semblent un peu
nerveux, pendus à leurs téléphones, eux aussi attendent… Apparemment les trois
ascenseurs qui nous font face ont pris la clé du ciel. Ils se sont envolés,
évaporés, ne reviennent plus. D’un coup les lumières s’éteignent, le troupeau
bêle sans cependant céder à la panique, heureusement. Un moment s’écoule dans
la pénombre. Les lumières clignotent, s’éteignent à nouveau, finissent par se
rallumer. Un ascenseur arrive délivrant un petit groupe de passagers hagards.
Derrière nous la foule grossit, encore et encore. Un temps de flottement et
nous décidons de rebrousser chemin et de tenter de nous faire rembourser notre
mise. On se fraie un chemin dans la foule épaisse, le terme n’est pas usurpé,
on se fraie littéralement notre passage. Au guichet pas de problème, le
remboursement est immédiat.
J’étais soulagé, je n’avais
aucune envie, mais alors aucune, d’être bloqué dans un ascenseur autour du 80ème
étage, même et peut-être surtout, en compagnie d’une douzaine de chinois !
Je n’avais jusqu’à présent jamais
ressenti aucune tendance de xénophobie, nulle part, envers quiconque, mais là, je
l’avoue, à ma grande honte, cet envahissement constant et ce comportement
impérieux, égocentrique, m’irrite…
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire