18 octobre 2023

Les gorges du Dades et du Todhra

 



Nous logeons pour trois nuits à la maison d’hôtes Panorama, à Tineghrir, au dessus de la très belle palmeraie et à quelques kilomètres des fameuses gorges de la Todhra. Un hôtel que je recommande ! Hier, nous avons accompli une longue boucle, par des routes magnifiques. Nous sommes partis par les gorges du Todhra,


 étroites et courtes, une sorte de canyon aux parois verticales entre lesquelles coule une petite rivière claire. Il y a des cars, des minibus, des camping-cars, et bien sûr, les échoppes des marchands ambulants qui tentent encore et encore de séduire des touristes avec leurs articles vus et revus. Au- delà de ce point stratégique, la route se désertifie. Nous avons poursuivi longtemps, par Tamtattouche, où nous avons dédaigné la piste, cassante, délicate , censée couper mais finalement plus longue que la route, pour pousser jusqu’à Agoudal. D’Agoudal, une magnifique route, toute neuve monte au sommet du col où elle s’arrête. On redescend jusqu’aux gorges du Dades par une piste, assez étroite et heureusement peu fréquentée. Quelques motards, des vélos bien courageux, dont un jeune couple qui passait par là pour se rendre à Dakar ! Un camping-car et quelques locaux plus pressés. Tout au long de ce circuit les panoramas se succèdent, subtilement différents, surtout dans la couleur des roches. On passe des gris verts, aux rouges qui flirtent parfois avec le rose… Toute une palette qui s’offre à nos yeux ravis.



On a le temps d’admirer, surtout la passagère car la vitesse moyenne est très basse. On traverse quelques pauvres villages sans s’arrêter pour éviter les hordes de gamins quémandeurs. Ils sont malheureusement en vacances, mais je ne suis pas sûr qu’ils aillent tous à l’école ! Les villages sont laids, neufs, sales, bâtis de bric et broc, en moellons à côté des kasbah traditionnelles, en pisé, qui tombent lentement en ruines. C’est le même constat de partout, villes et villages se sont reconstruits en cubes de moellons mal finis, avec au pied des tas de gravats et des déchets plastiques et au sommet des terrasses d’où émergent encore les fers d’armature. Souvent règne l’odeur prégnante de plastique brûlé… Mais cela ne doit pas nous faire oublier les magnifiques paysages traversés et l’accueil général, chaleureux.





Nous avons terminé notre randonnée par les gorges du Dades, très belles aussi, un peu moins spectaculaires que celles du voisin ! Mais juste à la sortie des gorges, en aval, on s’émerveille à nouveau devant une spectaculaire formation géologique, qu’ils appellent les « pattes de singe » bien que je ne voie pas le rapport !

Une bien belle boucle à faire, une bonne journée de conduite et un nombre incalculable de lacets, virages et courbes à enchaîner !





Nous terminerons notre séjour ici par une balade à pied, dans la palmeraie au pied de l’hôtel. Ensuite direction Midelt, point de départ de notre circuit dans le Haut Atlas. Les itinéraires se réaliseront ou se modifieront au fur et à mesure, suivant l’état des pistes et les prévisions météo. On nous annonce des orages possibles et certaines pistes ont été rendues difficiles voire impraticables par le séisme. Ce fut le cas pour une petite boucle que l’on voulait faire par « La vallée des Roses », au bout de la route goudronnée, la piste était fermée par un éboulement difficile à franchir. Nous avons renoncé car plus loin, un gros rocher semblait obstruer le passage… Je suis devenu raisonnable, il me faut bien le rester pour ne pas sombrer dans une versatilité sénile !





15 octobre 2023

Le désert

 



Pour éviter des manchettes du genre « Deux septuagénaires français secourus alors qu’ils s’étaient aventurés dans le désert », nous avons cédé à la raison, et ce n’est pas facile et n’avons pas fait la piste prévue entre Foum Zguid et Mhamid. Nous avons donc rejoint Mhamid par la route, une jolie petite route toute droite dans le désert, mais de l’autre côté du Djebel. Pour nous consoler nous avons voulu passer quand même une nuit au pied des dunes, avec une agence locale. Un beau 4x4, un vrai, un Toy bien sûr, nous y a emmenés. Nous avons parcouru en sens inverse un bon tiers de ce que nous aurions dû faire. Du coup je n’ai pas trop de regret : les passages sableux sont nombreux, parfois assez longs et creusés. Nous  risquions bel et bien de sortir les plaques de désensablement que l’on m’a prêtées (Merci Dominique !) et de galérer, voire d’attendre de l’aide !

Car la notion de désert a évolué. Il ne faut pas imaginer qu’il n’y a personne, bien au contraire ! Les zones de désert accessibles sont devenues de grands terrains de jeux, avec campements plus ou moins confortables (le nôtre était assez sommaire) , sortie en dromadaires, surf sur sable, glissades en 4x4, quads et j’en oublie certainement. C’était vrai en Oman, en Jordanie, dans l’Atacama et bien sûr au Maroc.  Il n’empêche, ce terrain de jeu est magnifique et j’aimerais bien pouvoir y jouer encore ! Les dunes de Chegaga nous ont ravis, la dentelle des crêtes tranchée vive dans le bleu, leur sinuosité virtuose et parfois, un arbuste qui vient là, comme égaré… 

Alors nous avons joué aux touristes, promenés par des chauffeurs peu loquaces, leur français étant très limité et hébergés dans un campement heureusement vide, service et sanitaires n’étant pas à la hauteur de la capacité d’accueil. Un peu déçus, bien sûr, mais quand même heureux d’avoir fait connaissance avec un nouveau coin de sable et d’avoir passé une soirée à contempler un ciel étoilé comme on n’en voit plus.










Ensuite retour à Ouarzazate, pour deux nuits au « bivouac des aigles » un endroit fort sympa, confortable et joliment conçu, perdu au bout de l’oasis de Finnt à une quinzaine de km de la ville. Nous l’avions repéré lors de notre premier passage ici, et nous sommes revenus y dormir. De Ouarzazate nous avons visité les studios Atlas. Une visite qui s‘est avérée plus intéressante que nous l’escomptions, en partie grâce au guide qui l’a rendue vivante. Des scènes de films connus ont été tournées ici, dans des décors fabriqués ou naturels et l’on voit le talent des metteurs en scène pour magnifier la réalité et tirer le meilleur parti des décors.




Demain on part pour l’Atlas, le Haut ! Pistes et petites routes au rendez-vous. Pour la connexion je ne sais pas… Il peut y avoir à nouveau quelques jours sans !

A bientôt !



14 octobre 2023

Bribes…

 

    Vieillir c’est apprendre à renoncer… Un jour ne plus pouvoir se baisser, se tourner, un jour commencer à chercher ses mots, celui qui reviendra, là, tout de suite, ne plus voir au loin, renoncer petit à petit à ce que l’on croyait tenir, tenir à tout jamais… Renoncer à oser, oser faire ce que l’on nous déconseille, écouter les conseils de prudence, apprendre la précaution, pour moi, c’est cela vieillir. La piste Foum Zguid- Mhamid, nous étions prêts à la faire, presque prêts… Une rencontre la veille, avec un groupe de français en gros 4x4, qui venait de la faire, m’a perdu. 4 sur 5 m’ont recommandé la prudence… Parce que nous étions seuls, parce que mon véhicule n’est qu’un gros SUV, parce que mes pneus… parce que, parce que… Aucun ne m’a dit que nous étions bien vieux pour nous lancer, pour oser le faire encore.  Alors j’ai renoncé, je n’ai pas osé, je me suis résigné à la prudence, j’apprends à avoir peur et ça me déplait souverainement. Mais voilà… Je vieillis !

Halte à Agadir

 



    Lors d’ un passage très au sud, à l’oasis de Tighmert nous avons séjourné trois jours à La Maison de l’homme bleu, 

un bel endroit, désolé par une sécheresse persistante. Nous y avons fait une excursion d'une journée, guidée par Abdul, pour voir la source de l'oued, une source chaude et des dunes. Ce fut l'occasion de tester un peu la voiture dans le sable. L'essai n'étant qu'à moitié convainquant, il me faudra essayer différemment. 

Nous sommes partis de l'oasis, par une chaleur d’enfer. Un vent de sable brûlant posait un couvercle gris sur les paysages. 

Les petites routes qui nous menaient à Agadir en perdaient beaucoup de leur intérêt. Longue traversée d’Agadir, une ville qui s’étire, s’étire et nous arrivons à Tamraght où nous attendent nos amis Annie et Christian.  Annie nous l’avions rencontrée à Doudou, au Burkina, ensuite nous nous sommes revus, chez nous, chez eux, jusqu’à leur départ pour le Maroc, où ils résident maintenant. De report en report, de covid en maladies des uns et des autres, le temps a passé et, enfin, nous avons pu leur rendre visite. Il y avait beaucoup à raconter, de part et d’autre, souvenirs à évoquer, présent à vivre, futur à entrevoir… 


Ils nous ont raconté leur Maroc, nous ont fait partager leurs coins favoris aux alentours, nous ont présenté certains de leurs amis. Ce fut une belle parenthèse dans notre voyage, avec une mention particulière pour Imsouane,

 

le petit port de pêche où nous nous sommes régalés d’un plantureux mixed grill de la mer. La « Vallée du Paradis » est aussi un joli endroit ou officie Khalid, un de leurs jeunes amis instituteur. 
Autour d’un tajine de chèvre, dans un petit restau perché au sommet de la montagne, nous avons parlé pédagogie, mais oui ! Ils expérimentent de nouvelles méthodes venues d’Inde… qui ne me paraissent pas si révolutionnaires que ça, d’ailleurs ! Il en faut de la constance pour enseigner ici, à une heure ou plus de son logement, sans moyen de transport ! Nos syndicats auraient du grain à moudre !





    Nous avons quitté Agadir, pour regagner le sud et faire un petit tour dans le désert. Nous n’allons peut-être pas nous y aventurer seuls, la piste est assez longue… On verra demain !





06 octobre 2023

Bribes…

 

Des oasis et des hommes.

    Il fait chaud, le temps s’épaissit, les palmes brassent au ralenti… L’oasis de Tighmert entre en torpeur. Au sein des murs de pisé, on boit du thé, on somnole et l’on parle. Du temps bien sûr, du temps qui passe, du temps qui change et des temps à venir qui inquiètent. Ici, il fait chaud, trop chaud, depuis trop longtemps. Les palmiers sont en berne, l’eau manque, elle manque terriblement. Depuis plus de cinq ans il n’a pas plu véritablement. Pas de quoi nourrir les sources, pas de quoi nourrir la terre et les hommes. Dans l’oasis, la plupart des jardins sont en friches, à l’abandon, les canalets qui doivent les irriguer ne délivrent plus qu’une eau parcimonieuse. Les palmiers sont en berne, ils se remettent mal de l’incendie qui a frappé il y a deux ans, leurs troncs noirs en témoignent encore. Dans les maisons, on boit du thé et de l’eau, celle du réseau, celle qu’il faut payer, cher. Abdul, un guide local, nous raconte qu’il vit du tourisme et de ses dattiers. Cette année, l’un et l’autre se sont fait si rares… Cinq dattiers seulement sur 80 ont donné, des petites dattes, invendables…Quant aux touristes, il espère… En octobre peut-être, ou en novembre qui sait ?

    Rien n’est plus comme avant… Maintenant, les nomades viennent d’Europe, dorment dans des camping-cars, ou des auberges, les descendants de ceux d‘ici se sont sédentarisés et rêvent parfois d’ailleurs, en tout cas de lendemains meilleurs. Les deux se croisent parfois et parlent, en buvant du thé ou de l’eau en bouteille, parlent du temps, celui qui passe, celui qui vient…

03 octobre 2023

Des routes et des haltes...

 


Ca y est ! Nous sommes dans le Maroc, le vrai, comme je l’imaginais. Presque, car, heureusement pour lui, il s’est modernisé depuis mes représentations imaginaires. Ainsi, nous sillonnons le Maroc, le Maroc profond, depuis le Haut Atlas, que nous avons quitté, jusqu’à l’Anti Atlas, dans la région de Tafraout où se situe cet article. Des routes, nous en avalons, peu de grandes, des moyennes, surtout des petites et des pistes, à mon grand plaisir. Moins de pistes que prévu, car le Maroc dépense un excédent de goudron, Sa Majesté le roi goudronne à tout va et ce n’est pas irrévérencieux de ma part ! Donc, beaucoup de petites routes très récentes, qui suivent le tracé des pistes qui les ont précédées, qui elles-mêmes suivaient les pas des ânes et des troupeaux. Des routes qui serpentent, qui sinuent, qui montent et descendent sans cesse, qui virevoltent autour des montagnes, elles s’enroulent autour d’un douar pour mieux le desservir, se précipitent dans le bleu du ciel pour franchir un col et s’enfoncent abruptement dans le lit sec d’un oued oublié. Des routes magnifiques, somptueuses, des routes sans voiture, ou si peu que l’on entame une discussion quand d’aventure on en rencontre une, des routes qui n’en finissent pas…




La route d’Anezal à Aoulouz.

En quittant Aït Benhaddou, une variante de la N10 pour gagner Taroudant. (Une explication pour les rares lecteurs disposant d’une carte détaillée et susceptibles de suivre notre trajet en détail ! Mais on ne sait jamais !) Sur la carte, c’est à moitié route à moitié piste. A Anezal, avant de s’engager sur la route, un contrôle de police veut nous dissuader d’aller plus loin. Ils craignent que l’on apporte de « l’aide » aux villages sinistrés. Ils ne veulent pas d’aide dispersée et préfèrent centraliser les apports et les distribuer ensuite eux-mêmes. Donc on discute, on n’a que nos affaires et l’on ne veut que passer. Ils ne comprennent pas nos motivations, pourquoi se compliquer la vie alors qu’il y a une belle nationale toute nouvellement regoudronnée, mais nous laissent passer. Les explications embrouillées de Mohamed notre logeur à Aït Benhaddou ne nous aident guère, les cartes pas du tout, quant à Madame Waze elle se sent complètement perdue…


 On suit le goudron, jusqu’au bout à travers un paysage magnifique, ponctué de villages lourdement touchés par le séisme. Au bout du goudron, une piste commence, rocailleuse, assez délicate. Elle ne correspond pas du tout aux explications que l’on avait, et sa direction me semble bizarre. Un petit point GPS nous confirme l’impression. On est parti bien trop au nord. Demi-tour, et là, après peut-être un km, le flap flap caractéristique… Nous avons crevé ! Changement de roue, stupeur, le pneu est déchiqueté à l’intérieur, la crevaison n’est qu’une conséquence d’un défaut dans la voiture. Bon, on continue. Une vingtaine de km plus bas, on voit la bonne piste, il ne fallait pas rester sur le goudron, que l’on va suivre sur environ 70 km. 


Une piste plus roulante, qui elle aussi traverse de beaux paysages et quelques villages moins atteints que plus au nord. La variante nous a pris quelques heures, mais nous arrivons quand même à Tiout, où Ahmed nous affirme que demain dimanche, on réparera la voiture !


La route d’Igherm à Tafraout

Ce n’est pas une nationale mais quand même une route à deux voies, belle, roulante sauf quelques gués à sec qui secouent un peu, au relief peu accidenté. Sur les 95 km, nous avons vu 2 motos, un petit camion citerne que nous avons rattrapé  dans une légère côte, et un âne …




 

La route des gorges d’Aït Mansour

Dans la région de Tafraoute, nous avons effectué deux boucles, dont celle des gorges d’Aït Mansour. La région est magnifique, alternant les montagnes aux tons rouges et ocres aux vallées peuplées de palmiers, d’arganiers, citronniers, amandiers …  On quitte Tafraoute et on s’élève dans les montagnes qui l’entourent. Des paysages magnifiques. La route sinue, prend son temps et nous aussi. Après un col,


on attaque la descente vers les gorges. Très vite, les falaises rouges s’élèvent, se rapprochent et forment un écrin de rubis au joyau d’émeraude qu’elles enserrent. Un sillon de verdure encore nourri d’une eau parcimonieuse qui s’écoule en canalets, eau précieuse, canalisée, distribuée. La route semble se perdre dans les gorges. 

 

Elle s’égare d’une rive à l’autre, hésite entre deux haies de palmiers, serpente entre quelques belles maisons, car le lieu est prisé, et finit par émerger, encore toute ébouriffée de vert, dans le désert montagneux qui l’entoure.

Les Haltes:

L’oasis de Tiout.

Une halte que nous imaginions pleine de fraîcheur, mais ces deux jours là il faisait plus de 40° et même le jardin intérieur transpirait de toutes ses feuilles. Ce fut quand même une bonne halte, car avec l’aide d’Ahmed, on a pu réparer la voiture et trouver un pneu de rechange, le tout à un prix raisonnable.

 La visite de Taroudant, écrasé de chaleur, fut assez brève. La ville ne présente guère d’intérêt à part ses belles murailles classées et qui ont bien abimées… Mais l’Unesco réparera, non ? 




L’après-midi, toujours avec Ahmed une jolie balade dans l’oasis. Des explications sur les espèces, les plantations… et aussi la découverte d’une sorte de zone de loisirs, qui appartient au frère d’Ahmed ! Il a eu l’idée d’aménager son terrain en différents petits lots, certains avec un salon, d’autres avec un petit bassin, qu’il loue à la journée.

 Les gens y viennent pique-niquer en famille, ou en bandes d’amis. Une troupe de copines y était, entre filles, les pieds dans l’eau… Une sorte de « sortie sacoche » comme on dit au Québec !

La maison traditionnelle d’Oumesnat

A côté de Tafraout, notre gîte est au cœur du vieux village d’Oumesnat. Une maison restaurée, avec beaucoup de soin et de goût. Le village, presque abandonné, accroche ses maisons en ruine au flanc de la montagne. Pour atteindre l’auberge, il faut marcher sur un petit chemin rocailleux, monter, descendre, remonter… Ce n’est pas long, mais on a demandé à notre hôte de porter la valise… Et oui, on vieillit, la honte s’efface devant l’effort ! Une fois installés, c’est confort : Les montagnes en face et la mosquée pas loin. Le muezzin, ici, ne se contente pas de diffuser l’appel à la prière, le soir quand la nuit tombe, sa voix amplifiée emplit le village de la litanie chantante des versets du jour.
















02 octobre 2023

Bribes...

    J’aime bien, dans les pays où je conduis, donner mon impression sur les routes, la façon d’aborder ce mode de locomotion si universel qu’est la voiture. Encore qu’au Maroc la route est déjà partagée ! La voiture compose avec les piétons, nombreux, parfois encombrés de paquets volumineux et qui ne prêtent qu’une attention distraite au monde pourtant dangereux qui les entoure, ensuite, il y a les ânes, avec charrettes en ville surtout, qui obéissent à leurs propres lois et enfin il y a les innombrables deux roues : Motos, mobylettes, vélos, triporteurs, (pardon, eux ils en ont trois !) qui ont une vision extrêmement personnelle du code de la route.  Tout ce petit monde cohabite, plus ou moins en harmonie avec le même objectif : Se rendre là où il veut, par le trajet le plus rapide et sans s’arrêter. Il est vrai que les ânes ne sont pas encore équipés de système start and stop économiseurs d’énergie  et qu’il vaut mieux que les motos locales aillent un peu plus loin émettre leurs senteurs nauséabondes !

    Dans les villes, les villages que l’on traverse, une extrême attention est de rigueur. Les motos en particulier surgissent et suivent leur trajectoire, les piétons aussi, mais ils sont plus lents donc en principe plus facile à anticiper. Le jeu consiste à suivre sa propre voie dans le flux, sans le heurter ni le brusquer. J’aime bien ce style de conduite, surtout sur route, libéré du carcan rigide des règles. La conduite devient naturelle, spontanée, intuitive et interprétative… et plutôt tranquille !  Il faut dire que la gendarmerie royale marocaine a reçu une importante dotation en radars fixes et en jumelles radar dont ils se servent avec jubilation !

    J’ai dû m’acquitter d’une contravention pour une  « infraction de catégorie 3, de dépassement de vitesse », auprès de gendarmes fort joviaux, heureux, ils me l’ont dit, de l’efficacité de leur radar ! Il était posté judicieusement en sortie d’agglomération, dans une belle ligne droite dénuée d’habitations, mais encore limitée à 60. Imparable ! Le succès était de rigueur !