C’est parti ! Dimanche on quitte Hanoï dans notre beau fourgon de luxe, juste pour nous ! On peut y prendre nos aises et même au-delà ! C’est vrai que nous n’avons pas l’habitude de voyager dans ces conditions mais elles facilitent bien la vie. Nous verrons bien si l’agence nous a concocté le tour dont nous rêvions. J’ai soupçonné quelques failles dans le programme quand, en se baladant dans Hanoï nous avons vu les mêmes destinations dans toutes les agences…. Seulement, sans agence, je ne sais pas si nous serions allés bien loin !
La ville s’étire
interminablement, sans grand charme, des sites industriels la continuent et
enfin, quelques morceaux de campagne pointent leurs collines ceintes d’écharpes
de brume. On s’arrête visiter la pagode du Maître…
On se dit qu’ils auraient pu
se creuser un peu pour le nom, c’est assez impersonnel à nos yeux, plutôt
générique. Mais voilà, ce n’est pas n’importe quel maître, c’est celui des
lieux, fondateur de la pagode et encore plus connu comme l’inventeur des
marionnettes sur l’eau ! Il est donc vénéré à double titre !
La pagode est de toute beauté
dans un site qui l’est tout autant… Des petits ponts couverts arqués, une
adorable pagode miniature au milieu de l’eau pour, devinez-quoi ? Bien
sûr ! Les premiers spectacles de marionnettes ! La pagode centrale
avec tous ses bouddhas, sous bouddhas, héros de jadis et les offrandes au
milieu des vapeurs d’encens nous permet d’approcher un peu la complexité de
cette religion qui englobe à peu près tout et dans laquelle tous se perdent…
Et
puis, Hiûè nous apprend qu’il y a une deuxième partie à visiter… là-haut !
Alors on grimpe. Un escalier bien raide et bien long, très inégal en plus.
Notre jeune guide, style allumette, s’amuse devant, nous peinons un peu en
arrière. Et enfin, la petite pagode haut-perchée s’offre à nous. Très jolie,
elle aussi, avec, confinés sous ses belles poutres décorées, le Bouddha, les
sous-bouddha, les z’héros, la fumée d’encens… et une belle vue sur la
vallée !
Une autre pagode nous offrira le
même luxe mythologique un peu plus loin, cette fois il s’agit de la celle de
l’Ouest… Je n’ai pas bien compris les explications sur l’origine du nom….Très
belle aussi, quant à l’intérieur… se reporter au paragraphe précédent !
Nous sommes surpris à chaque fois
par la gentillesse des gens. Tout le monde nous dit bonjour, des jeunes veulent
se faire photographier avec nous, des sourires, tout simplement et c’est tout
simplement fort agréable.
Ce soir là on découvre aussi
notre premier logement « chez l’habitant »… C’est aussi une première
petite déception ! Rien de vraiment authentique dans cette maison financée
par l’agence de voyage. Elle ressemble aux maisons originelle de l’ethnie
thaïe, en plus grand, plus neuf, plus… Mais surtout, surtout, elle est située
au cœur d’un gros village constitué entièrement de maisons semblables. Un
village de chambres d’hôtes ! Une station-rizière ! Avec tous les rez
de chaussée transformés en salle de vente pour tissages ! Par contre la
balade, longue balade dans les environs nous offre des paysages magnifiques, avec une lumière sur les rizières que l’on tente encore et encore de capter
dans notre objectif. Le repas et le petit spectacle qui nous est offert
ensuite, bon enfant, mais plein de couleurs et de savoir-faire nous
réconcilient avec le site et donc avec l’agence.
Les rizières on va en manger
presque autant que du riz ! Une longue, longue route nous emmène ensuite à
Nghia Lo, où l’on dormira dans le même type de maison mais dans un vrai
village, en plein milieu des rizières. Ce matin le ciel était gris, bas avec de
lourds bancs de brouillard, mais parfois une éclaircie déchirait les nuages et
illuminait ces drôle de collines, toutes pointues recouvertes d’une épaisse
végétation. Dans les petites vallées se nichent les rizières ou des cultures en
terrasses. Les gens s’y activent. C’est la période des labours pour le riz et
le début du repiquage. On prend des photos. Les femmes rient, se relèvent et se
prêtent au jeu avec grâce. Les buffles, eux, sont plus indifférents et
continuent placidement à tirer la charrue dans la boue.
Ils sont souvent
remplacés par des sortes de motoculteurs, bruyants, malodorants et qui me
semblent nécessiter beaucoup plus d’efforts de la part de leur conducteur…
Alors ? Pourquoi ? Hiûè nous
explique qu’il devient difficile de nourrir les buffles sans acheter de la
nourriture, les zones où l’on peut couper librement les herbages nécessaires se
raréfiant. Il faut dire que le pays est
peuplé, très peuplé même et que la nature sauvage y perd ses droits. Les
cultures gagnent, envahissent, détruisent aussi beaucoup. Ainsi les forêts
s’éparpillent, les tecks, bois emblématique du pays, sont protégés et
maintenant importés du Laos ou d’Afrique enfin de pays où le concept de conservation des espèces n’a pas encore fait
son apparition. Je crois d’ailleurs qu’ici il l’a fait un peu trop tard !
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