23 janvier 2018

Mai Chau- Nghia Lo


 



C’est parti ! Dimanche on quitte Hanoï dans notre beau fourgon de luxe, juste pour nous ! On peut y prendre nos aises et même au-delà ! C’est vrai que nous n’avons pas l’habitude de voyager dans ces conditions mais elles facilitent bien la vie. Nous verrons bien si l’agence nous a concocté le tour dont nous rêvions. J’ai soupçonné quelques failles dans le programme quand, en se baladant dans Hanoï nous avons vu les mêmes destinations dans toutes les agences…. Seulement, sans agence, je ne sais pas si nous serions allés bien loin !

La ville s’étire interminablement, sans grand charme, des sites industriels la continuent et enfin, quelques morceaux de campagne pointent leurs collines ceintes d’écharpes de brume. On s’arrête visiter la pagode du Maître…
On se dit qu’ils auraient pu se creuser un peu pour le nom, c’est assez impersonnel à nos yeux, plutôt générique. Mais voilà, ce n’est pas n’importe quel maître, c’est celui des lieux, fondateur de la pagode et encore plus connu comme l’inventeur des marionnettes sur l’eau ! Il est donc vénéré à double titre !

La pagode est de toute beauté dans un site qui l’est tout autant… Des petits ponts couverts arqués, une adorable pagode miniature au milieu de l’eau pour, devinez-quoi ? Bien sûr ! Les premiers spectacles de marionnettes ! La pagode centrale avec tous ses bouddhas, sous bouddhas, héros de jadis et les offrandes au milieu des vapeurs d’encens nous permet d’approcher un peu la complexité de cette religion qui englobe à peu près tout et dans laquelle tous se perdent… 
Et puis, Hiûè nous apprend qu’il y a une deuxième partie à visiter… là-haut ! Alors on grimpe. Un escalier bien raide et bien long, très inégal en plus. Notre jeune guide, style allumette, s’amuse devant, nous peinons un peu en arrière. Et enfin, la petite pagode haut-perchée s’offre à nous. Très jolie, elle aussi, avec, confinés sous ses belles poutres décorées, le Bouddha, les sous-bouddha, les z’héros, la fumée d’encens… et une belle vue sur la vallée !

Une autre pagode nous offrira le même luxe mythologique un peu plus loin, cette fois il s’agit de la celle de l’Ouest… Je n’ai pas bien compris les explications sur l’origine du nom….Très belle aussi, quant à l’intérieur… se reporter au paragraphe précédent !
Nous sommes surpris à chaque fois par la gentillesse des gens. Tout le monde nous dit bonjour, des jeunes veulent se faire photographier avec nous, des sourires, tout simplement et c’est tout simplement fort agréable.

Ce soir là on découvre aussi notre premier logement « chez l’habitant »… C’est aussi une première petite déception ! Rien de vraiment authentique dans cette maison financée par l’agence de voyage. Elle ressemble aux maisons originelle de l’ethnie thaïe, en plus grand, plus neuf, plus… Mais surtout, surtout, elle est située au cœur d’un gros village constitué entièrement de maisons semblables. Un village de chambres d’hôtes ! Une station-rizière ! Avec tous les rez de chaussée transformés en salle de vente pour tissages ! Par contre la balade, longue balade dans les environs nous offre des paysages magnifiques, avec une lumière sur les rizières que l’on tente encore et encore de capter dans notre objectif. Le repas et le petit spectacle qui nous est offert ensuite, bon enfant, mais plein de couleurs et de savoir-faire nous réconcilient avec le site et donc avec l’agence.
Les rizières on va en manger presque autant que du riz ! Une longue, longue route nous emmène ensuite à Nghia Lo, où l’on dormira dans le même type de maison mais dans un vrai village, en plein milieu des rizières. Ce matin le ciel était gris, bas avec de lourds bancs de brouillard, mais parfois une éclaircie déchirait les nuages et illuminait ces drôle de collines, toutes pointues recouvertes d’une épaisse végétation. Dans les petites vallées se nichent les rizières ou des cultures en terrasses. Les gens s’y activent. C’est la période des labours pour le riz et le début du repiquage. On prend des photos. Les femmes rient, se relèvent et se prêtent au jeu avec grâce. Les buffles, eux, sont plus indifférents et continuent placidement à tirer la charrue dans la boue.

Ils sont souvent remplacés par des sortes de motoculteurs, bruyants, malodorants et qui me semblent nécessiter beaucoup plus d’efforts de la part de leur conducteur… Alors ? Pourquoi ?  Hiûè nous explique qu’il devient difficile de nourrir les buffles sans acheter de la nourriture, les zones où l’on peut couper librement les herbages nécessaires se raréfiant.  Il faut dire que le pays est peuplé, très peuplé même et que la nature sauvage y perd ses droits. Les cultures gagnent, envahissent, détruisent aussi beaucoup. Ainsi les forêts s’éparpillent, les tecks, bois emblématique du pays, sont protégés et maintenant importés du Laos ou d’Afrique enfin de pays où le concept de  conservation des espèces n’a pas encore fait son apparition. Je crois d’ailleurs qu’ici il l’a fait un peu trop tard !

22 janvier 2018

Hanoï


 
Vue de la fenêtre de notre chambre d'hôtel

L’arrivée à Hanoï se fait par temps gris, il menace de pleuvoir, mais le jeune homme qui nous accueille, et qui sera notre guide nous rassure : Comme on est en hiver, il n’y a que des petites pluies froides, pas des gros orages comme en été, c’est bien, non ? On tente de prononcer son nom, il en rit ; j’opte pour une sorte de Yahoo ou le Y serait expiré et le OO légèrement aspiré en remontant le son vers la fin…. Ce n’est pas parfait mais il comprend. Dans l’autre sens, il est incapable de prononcer les J, donc il m’appelle Pierre ! Quand on arrive à l’hôtel, le soir est tombé, la ville s’illumine. L’hôtel est bien, on change carrément de catégorie, pour nous c’est un peu guindé, je préférais le Tavee guesthouse de Bangkok avec son côté convivial et tranquille, mais on va s’adapter !. Le soir, on découvre la ville, la vieille ville,
celle qui grouille autour du lac dit « de l’épée restituée ». Une vieille légende mettant en jeu une tortue, un guerrier, et l’ivresse du pouvoir : Classique, donc ! Et là, c’est un grand plaisir un vrai bonheur ! Le lac et les environs, à l’approche du week-end est mis en zone piétonne et est envahie par une foule débonnaire et joyeuse. Les jeunes, mais qui ne sont plus des enfants depuis longtemps, des jeunes gens, s’amusent, organisent des jeux tout simples comme dans des cours d’école et ils rient.
On en a vu ainsi sauter à la corde, faire une partie de béret à une cinquantaine, d’autres jouent au go ou à une sorte d’awalé avec des galets et des cases dessinées sur le sol, et  j’ai même fait un saut dans le passé jusqu’à mon enfance, quand dans la cour on faisait des parties endiablées de « biniou ». C’était une sorte de volant, fabriquée avec une pièce de vingt sous percée, quelques plumes ou morceaux de carton léger, un peu de ficelle, que l’on jouait au pied. Et bien, à Hanoï, soixante ans plus tard, le jeu est à la mode ! Des cercles de jeunes s’envoyaient le « biniou » en riant.  Un peu plus loin, des gens dansent, de façon magnifique, une sorte de danse latine mâtinée de coréen, des orchestres jouent dans tous les coins toutes sortes de musique, avec une dominante locale. On fait le tour du lac à pied, enchantés par cette bonne humeur, cette joie de vivre toute simple.
Et on rentre dans notre hôtel guindé pour une nuit sans sommeil ! Le lendemain, c’est les visites… Temples et pagodes, bouddhistes ou confucianistes, Bouddha en grand bronze noir, divinités locales, tout se ressemble assez ! Pour être francs, de retour à l’hôtel, on ne sait déjà plus vraiment ce que l’on a vu. Le mausolée d’Ho Chi Minh, un chef d’œuvre de soviétisme, genre blockhaus amélioré et les maisons toutes simples où le père de la nation a vécu, ne valent que si l’on est un fervent adepte du Président. Reste le musée d’ethnographie, vraiment intéressant, avec les reconstitutions de maison de différentes ethnies. C’est un bon aperçu du puzzle ethnique du pays.
Et puis un tour de pousse-pousse dans les rues encombrées de la vieille ville, au milieu des klaxons, des vélos, motos qui se faufilent, des voitures qui se fraient lentement un passage, des commerçants qui s’étalent jusque dans la rue.
Voilà : On a vraiment aimé Hanoï ! On lui a trouvé une âme, contrairement à Bangkok, qui nous a paru une immense métropole froide, sans caractère particulier à part sa multitude de canaux. A Hanoï, du moins dans son centre, c’est sa vie qui vous prend. Une vie intense, bouillonnante et joyeuse. Ca fait du bien !

J’allais oublier : Le spectacle de marionnettes sur l’eau, un ultra classique réservé aux touristes et aux petits enfants. Un beau spectacle, avec de la musique vivante, de belles marionnettes superbement maniées qui semblent jouer sur l’eau, mais qui, aux dires de Hiûè, c’est le nom de notre guide mais il faut encore que je vérifie l’orthographe, est complètement figé et ritualisé depuis des siècles ! A ne voir qu’une fois, ou alors si on est fan des histoires paysannes simples, des joies de la rizière…







19 janvier 2018

Bribes...


 Les massages thaïlandais.

Comment passer en Thaïlande sans essayer les fameux massages ? Ils ont une telle réputation, qu’il nous fallait tenter ! Je devrais dire qu’ils ont même plusieurs réputations, dont l’une clairement usurpée. Oui, oui, j’entends déjà : « Ah ! Les petites masseuses thaïlandaises » accompagné d’un sourire grivois d’une certaine gent masculine, et bien non, les masseuses, sont dotées d’une telle poigne qu’il est très facile de résister à toute velléité de concupiscence ! (D’ailleurs, messieurs, cachez ce sourire grivois qui n’est plus de mise, il est mis à l’index en public, ne peut plus se servir qu’en comité restreint et dûment averti !) (J’ai mis ce qui précède entre parenthèses, car, pour moi,  la parenthèse est à l’écriture ce que le chuchotis est à la parole, elle permet des apartés, des réflexions, des digressions, des transgressions, elle est une forme riche d’inclusion de tout ce qui ne peut figurer dans le texte, (En parlant d’inclusion, la parenthèse permet une écriture inclusive infiniment plus élaborée que la simple transcription du genre ! Parler d’une écriture inclusive en se contentant du simple binôme masculin-féminin quelle vue restrictive, exclusive même oserais-je, si ce n’était antinomique) car elle permet d’inclure tous les genres autres, ceux qui existent déjà et ceux qui n’existent pas encore, (Il en nait sans arrêt de nouveaux) des notions de temps décalé, des didascalies, (Non, je ne joins pas de dictionnaire, utilisez Robert ou La rousse…) bref, (mais ça, je ne sais pas l’être, vous vous en êtes rendu compte !) la parenthèse permet à partir d’un point de départ quelconque de s’égarer dans de multiples directions sans aucun lien entre elles et d’avoir le plus grand mal à y revenir . (Un vieux prof de français nous disait dans ses cours « je vais ouvrir une parenthèse, je ne sais pas si je vais la refermer !)). Et cette poigne vous malaxe les muscles, vous comprime à des endroits précis et sensibles, bref, vous fait mal, pour votre plus grand bien. La pub dit qu’on se sent tellement bien après… Oui, c’est vrai mais du coup on ne sait pas si c’est du aux vertus bienfaisantes du massage ou à son arrêt !

Pour les rares qui auraient du mal à comprendre l’écriture vraie-inclusive, un conseil : Copier le texte en plusieurs colonnes, la première ce qui n’est pas entre parenthèses, la deuxième ce qui figure dans un premier niveau, la troisième dans un deuxième niveau, et ainsi de suite. Ensuite vous pouvez lire niveau par niveau, par colonne, avant de revenir à une lecture transversale … Facile, non ?

Allez, je me suis amusé, ne m’en veuillez pas, vous pouvez aussi lire en sautant les parenthèses, vous ne manquerez pas grand’ chose !

Bangkok la suite…



Après une journée au pas de charge, nous décidons de nous accorder un peu de repos, le soir d’abord avec un massage des pieds, (Je vous reparlerai des massages thaïlandais plus tard…), puis surtout le lendemain avec une journée plus tranquille. Pour reposer nos pieds meurtris on choisit le matin une balade en bateau dans les khlongs.
Les khlongs sont des canaux qui sillonnent la ville, plus ou moins larges, plus ou moins longs. Encore maintenant, ils servent de voies de communication, et une des quartiers Ouest de la ville, Timburi, a conservé l’authenticité de la vie avant l’infernale circulation.



Les bateaux qui y transportent les visiteurs ressemblent un peu à des gondoles avec leurs proues effilées et relevée, mais ils sont pourvus d’énormes moteurs japonais, très bruyants et malodorants et d’un très long arbre d’hélice, ce qui leur vaut le nom de « long tail », longue queue en anglais. Donc on loue un de ces bateaux, pour nous deux, car nous avons été incapables de trouver des gens partageurs, et à nous les khlongs !  On découvre une autre ville, bien plus tranquille, mais tout aussi hétéroclite.
 Le long des khlongs se pavanent de rutilantes maisons de bois bien entretenues, jouxtant de misérables bâtisses à l’avenir incertain, des docks et des marchés flottants, des barges de travail sur lesquelles ahanent d’antiques pelleteuses, le tout au milieu d’une végétation luxuriante. Bon, nous ne sommes pas seuls : D’autres « long tails » se panachent de gerbes d’eau et de fumée, certains chargés de touristes qui, eux, ont réussi à partager le prix du bateau… ou qui se sont adressé à des agences de groupe !

L’après-midi nous choisissons de visiter la maison de Jim Thompson… Pour y aller, on prend d’abord un petit bateau sur un khlong. On l’attend longtemps, il finit par apparaitre et nous emmène tranquillement jusqu’à la gare. Sa gratuité nous étonne, mais bon ! Ensuite Tuk-tuk jusqu’à la maison musée. Son prix nous étonne, mais bon, on s’en doutait ! La maison par elle-même est plutôt un assemblage de maisons traditionnelles réunis par Thompson, un américain amoureux du pays, qui y a fait fortune en relançant le tissage traditionnel de la soie. La jeune guide, en français s’il vous plaît, nous fait vivre cette maison qui est belle, emplie d’objets beaux et nichée au milieu d’un jardin magnifique. Voilà un américain qui avait du goût !

(Question lancinante : Pour devenir un américain qui a du goût faut-il avoir quitté son pays, ou est-ce parce qu’il avait du goût qu’il a quitté son pays ? On ne le saura pas, il a disparu en Malaisie….) 
Pour nous, une belle escapade. Retour par le métro aérien, après une bonne demi-heure d’étude des plans, des machines à délivrer les tickets on se propulse pour un prix modique jusqu’au port le plus proche sur la rivière d’où on prend un bateau jusqu’à notre quartier. Et là… massage ! Mais je vous ai déjà dit que je vous parlerai plus tard des massages.



Demain, c'est-à-dire aujourd’hui on quitte Bangkok pour Hanoï. Bye, bye la mégapole, ce n’était qu’un passage…

Bribes...


Les absents...
Ma première bribe ne peut s’adresser qu’à ceux qui ne sont pas là, nos amis J&J, qui ont partagé tant de voyages avec nous.

Jacques se bat contre son cancer, à grands renforts d’opérations et de traitements. Il est debout et on l’espère pour encore très longtemps, même si ce long combat vous ampute toujours d’une partie de vous-mêmes et vous affaiblit durablement. J’espère vraiment pouvoir faire avec eux, un jour, Louisiane et Nouvelle-Orléans, je sais qu’il rêve de la route du blues et du folk depuis longtemps.

Quant à Hélène, leur fille, elle ne peut plus se battre, la maladie l’a mise KO, l’arbitre en est au compte à rebours. Malheureusement on sait qu’elle ne se relèvera pas…

L’étoffe de sa vie s’est délitée et ne tient plus qu’à quelques fils dans une trame de plus en plus distendue où déjà apparait, en filigrane la tentation du souvenir… Tant de souvenirs avec elle, ici ou là, qui ressurgissent avant l’heure.

Jo, elle, se déchire entre deux maux, tentant l’impossible, d’être partout où l’on a besoin d’elle. Mais nous ne pouvions pas aider, dans cette situation, il n’y a pas vraiment d’aide possible, alors ils nous ont donné la route, comme on dit en Afrique, ils nous ont donné la route pour qu’on la prenne et nous sommes partis. Un peu à regret, comme avec le sentiment d’une lâcheté, d’un abandon, mais aussi avec reconnaissance pour les choses dîtes. Nous ne serons pas là pour des probables moments cruciaux, mais ils savent bien que  nous ne sommes pas vraiment partis entiers : Nous avons laissé auprès d’eux une partie de nos 21 grammes….

18 janvier 2018

Bangkok




Hé bien, nous y voilà ! Bangkok nous tend les bras, ou plutôt ses rivières et canaux, car c’est une ville d’eau. Mais on n’y vient pas soigner ses rhumatismes, ça se saurait, plutôt arpenter rues et cours de temples. Nous avons atterri dans une charmante guesthouse, recommandée par des voyageurs, très sympa et proche de la rivière qui est pour nous LE grand axe de communication. Les rues sont saturées par d’inextricables et bruyants embouteillages. C’est décidé, je ne conduirai pas à Bangkok ! Ma témérité a des limites et le rôle du copilote tellement complexe qu’il risquerait de mettre en péril la bonne entente de notre couple ! Car l’écriture thaï, magnifique à regarder,
ne met la signalisation qu’à la portée de ceux qui ont la chance de maîtriser la langue ! Pour les autres, circulez ! A gauche de préférence ! Donc à Bangkok, on circule en bateau et à pied. Il y a aussi les tuk-tuk, on ne  les a pas encore essayés, ces motos taxis à trois roues, ils ont mauvaise réputation, celle de voleurs pour les étrangers qu’ils  tentent systématiquement de plumer, mais promis, on va prendre le risque !

Nous avons arpenté, donc, jusqu’à ce que les rotules nous sortent des genoux et les temples des yeux. Le temple au Bouddha d’émeraude,






le Wat Phra Kaew, antichambre du Grand Palais.


Le Bouddha d’émeraude est tout petit niché au sommet de son autel doré, il n'est 

pas en émeraude mais en jade, ce qui est déjà beau, et habillé d’une sorte de cotte de maille car on est en hiver. Il ressemble à un bébé malade… L’été, tout nu, on doit pouvoir imaginer différemment ! Mais pour lui, il y a la même affluence qu’autour de la Joconde ! Une foule dense, compacte, d’asiatiques hérissés d’appareils photos suivant des guides aboyant en divers idiomes locaux. Cette foule suit par groupes homogènes des parapluies, foulards, drapeaux, fétiches de tous genres brandis hauts par leur propriétaire vociférant. Ils bousculent sans vergogne pour ne pas être distancé par LEUR signe, s’arrêtent parfois pour se sourire dans leur smartphone dernier cri… Bref, le temple est magnifique !
Si ! Si, vous verrez ! Magnifique, je vous dis ! Mais on s’en dégage, traversons rapidement l’immense enceinte du Grand Palais, pas grand-chose à voir, des plantons qui montent impassiblement la garde devant les grilles qui enferment de grands bâtiments vides.
On suit ensuite la rivière jusqu’au Wat Phou, le temple du Bouddha couché. Bien plus grand couché qu’assis, le Bouddha ! Vous me direz, c’est normal, vrai pour tout un chacun… Mais dans ces proportions ! Plus de 40 mètres couché, doré à l’or fin, contre quelques décimètres assis dans son habit de jade… 


L’habit ne fait pas le moine, mais il semble faire le Bouddha ! Non, non, je ne me moque pas, car ici, Bouddha est sacré, presque autant que le Roi ! Des temples il y a encore Wat Arun, visité au couchant, ( Là, je parle du soleil…) 
car la lumière irise les parements de pierre et d’or, celui de notre quartier  Tewhet, un temple sans prétention ni grand-chose à mentionner si ce n’est qu’on s’y est égaré, mais on venait juste d’arriver, circonstance atténuante.
Il y a aussi des marchés, pleins de poissons, d’odeurs, de légumes et d’épices, de fruits et de mets étranges… On n’a pas encore tout goûté, loin de là, car la cuisine thaïe est riche, variée et délicieuse. Nos papilles rutilent de toutes ces saveurs, il y a, il y a… plein de choses à voir et à faire à Bangkok. La ville est immense, et laisse une impression étrange : Un chaos inachevé, tout se construit, s’entremêle, les quartiers s’entrechoquent… Une gigantesque tour de verre et d’acier domine les dorures anachroniques d’un petit temple niché au bord de la rivière. Des palais royaux et des enceintes militaires s’octroient d’immenses surfaces, et des hordes de maisons sur pilotis délabrées s’accrochent désespérément aux lambeaux de rives qu’on leur a abandonnés. Le quartier chinois, avec ses petites ruelles animées, a disparu, ou on ne l’a pas trouvé, en tout cas il n’était plus là où il aurait dû  être ! Transplanté ! Pourtant ce n’était pas des Rohingas ! Tout a l’air de changer très vite. Les grues essaiment et poussent naturellement dans cet air tropical . Demain, on continue, à bientôt!


03 janvier 2018

Bienvenue!



Bienvenue à tous dans notre blog, aux nouveaux lecteurs et à nos fidèles, ceux qui suivent nos voyages depuis déjà un certain nombre d’années et qui n’ont pas encore été découragés par ma prose parfois fastidieuse à lire. (Je sais que certains se sont adaptés et se contentent de regarder les photos !) Alors, oui, c’est fait, nous repartons… Cette fois c’est en Asie, en Asie du Sud-Est plus précisément. Nous allons découvrir enfin ce continent  et ces pays dont tous ceux qui y ont voyagé nous ont dit tant de bien. C’est une vieille tentation qui va bientôt se réaliser !

Comme à chaque voyage, il a fallu se brimer, faire des choix, en fait raccourcir pour rester dans le temps que nous nous sommes imparti. Deux mois, c’est court, c’est finalement bien trop court, pour courir d’un bout à l’autre de ces petits pays, flâner le long du Mékong, s’émerveiller devant la baie d’Ha Long ou les temples d’Angkor, se faire secouer sur les mauvaises pistes du Laos dans des vans surchargés… Alors, nous avons choisi !

Pour des raisons complexes et obscures de visas thaïlandais nous avons beaucoup modifié notre projet initial et ne restons que trois jours à Bangkok avant de sauter dans un avion qui nous emmènera  en quelques coups d’aile à Hanoi. Là, grande nouveauté pour les Chaps, nous sommes passés par une agence locale pour nous concocter un circuit dans le Nord du Vietnam.  Voiture, guide et étapes chez l’habitant, le luxe, quoi ! Plus d’attentes interminables de bus aux horaires approximatifs, d’échanges tout aussi approximatifs avec des autochtones que la langue des signes laisse muets, de recherche d’hébergement à la nuit tombée dans des villages déserts, les Chaps passent un cap d’embourgeoisement dans le voyage. Mais pour la suite nous revenons à nos fondamentaux, rien n’est ni vraiment calé, ni réservé. Au programme, si on arrive à le suivre, une trop courte incursion au Cambodge, histoire de ne pas passer si près d’Angkor sans voir cette merveille, une beaucoup plus longue flânerie en remontant le Laos, une petite croisière pour rejoindre la Thaïlande, tout au nord, vers le Triangle d’Or, et ensuite, on se ferme les yeux et le cœur, on n’a plus le temps, plus le temps, on rejoint Bangkok d’un coup, pour prendre notre avion de retour…

Ce voyage, il est déjà dans nos têtes, on se l’est approprié petit à petit, en lisant des guides, des blogs, en traçant sur les cartes des itinéraires de plus en plus réalistes. Nous allons maintenant vous le faire partager au fil des étapes et des connexions possibles, partager nos émotions et nos émerveillements, nos rencontres, j’espère, et peut-être aussi nos déceptions ou les aléas des voyages…

Le début du voyage risque d’être aléatoire du point de vue connexions… Vous risquez d’attendre, un peu, un peu plus… Mais attendre fait partie du voyage, comme l’a si bien dit un auteur que je ne citerai pas dans une de ses pièces ! Et si vous manquez de lecture, vous pouvez toujours relire le blog depuis le début, et même, même, cliquer sur le lien qui vous ouvre celui d’avant, celui qui s’appelait « Les Chaps ici et ailleurs ». Je croyais avoir des choses à dire sur ici, mais il ne parlait que d’ailleurs. Les photos vous parleront d’Afrique et … d’ailleurs !

A bientôt !



Départ le 15 de ce mois de janvier, retour prévu le 15 mars. Et comme première photo, une carte de la région avec les trajets que nous pensons effectuer. Cette dernière mouture n’est peut-être pas l’ultime ! Carte non contractuelle, susceptible d’être modifiée sans préavis, comme disent certains qui protègent leurs arrières, mais nous, pas de problème, on est LIBRES !

20 janvier 2017

Retour

laguna de Bacalar



marché de Chichicatenango




tiendita sur la route

délicieux tamales

volcan Pacaya


pêcheur de Campeche

Nous voici à Pontoux, de retour… Le froid ne nous a pas vraiment surpris, on nous avait prévenus, mais il nous a pincé les oreilles, mordu le nez, gelé les orteils… On serait bien restés un peu plus, oui, on aurait bien prolongé notre voyage, on commençait à s’y installer, on y était bien… Alors, encore quelques endroits du Guatémala à découvrir, un petit tour au Salvador, destination très à la mode cette année chez les routards que nous avons rencontrés, ou au Costa Rica, ou, ou… Mais non, il nous fallait revenir. Sans regrets, car ce fut un très chouette voyage,

Hall de l'hôtel à Flores

agréable, sans problème et avec de magnifiques sites. Un voyage facile et confortable… Le rêve !
Le monde maya nous a conquis, avec ses grandes pyramides enfouies dans la jungle, ses bâtiments étranges, et la gentillesse de ses descendants, la population indienne du Guatemala.
La mer des Caraïbes aussi, à Tulum ou Livingston, avec des plages de rêve aux eaux turquoises  frangées de cocotiers… Et pourtant, nous ne sommes pas très « plage » !




Ceiba

Et de belles villes aussi, avec une mention spéciale pour Antigua, la ville aux volcans,

Iguane à Tulum

dans laquelle il fait si bon flâner…
Un beau voyage se termine, et déjà, en nos cœurs et dans nos têtes un autre se dessine : Celui, initialement prévu, en Asie… Il n’a été que reporté, on va le faire, un jour, bientôt j’espère…
On vous le dira, promis !
En attendant, encore quelques photos pour le plaisir de rêver…

Valladolid




Marché d' Oxcutzcab




océan vert