10 avril 2025

Bribes … De la nourriture japonaise et des habitudes alimentaires des citoyens nippons.

 





La cuisine japonaise est réputée, elle fait fantasmer, rêver, mais que mange-t-on réellement quand on voyage au Japon ?  Hé bien, on mange comme eux, essentiellement du riz et des nouilles ! Je simplifie un peu, mais quand même : Le matin, le petit déjeuner nippon, celui que l’on nous sert dans les hôtels, est très varié, très complet. Il y a du riz, des nouilles en soupe, ou pas, des œufs, des ragoûts variés à base de poulet et de nouilles, de bœuf et de nouilles, des soupes miso, sans nouilles, et une multitude de petits ingrédients inconnus, sans doute d’origine végétale, présentés de façon homéopathique et destiné à agrémenter, ou colorer le reste.

Le repas de midi, que l’on prend au restaurant, assis, de façon à couper la journée de marche et d’exploration, se compose généralement d’un « set » en anglais, c’est-à-dire un repas complet combiné autour d’un ingrédient principal. Cet ingrédient peut-être des pâtes « udon » ou « soba » différentes par leur farine et leur texture, et garnies de viandes variées bœuf, porc, poulet voire de poissons ou crevettes, en sauce ou en tempura. Ce peut-être aussi directement les viandes, sans les pâtes ! De toute façon il y a toujours un bol de riz, pour accompagner le set. Dans un coin du plateau, il y a une sorte de mini -salade, une tranche de radis , quelques pois, des germes de soja…

Le soir, c’est à peu près la même chose. Nous on prend plus volontiers une soupe, surtout au début du séjour où il ne faisait vraiment pas chaud. Soupe de nouilles bien sûr, quelquefois avec un peu plus de légumes : Un peu de chou, par exemple, ou des feuilles d’épinards ou de moutarde…

Voilà notre régime habituel, et il correspond bien à ce que l’on voit manger les japonais… Bien sûr, il y a aussi les sushis et sashimis, à base de poisson cru, mais ils sont chers et pas de consommation courante, et je ne parle pas du bœuf de Kobe, si réputé et si coûteux, que l’on s’en est pour l’instant dispensé. Un régime sans fibre, sans fruit, avec si peu de légumes qu’ils en deviennent anecdotiques. Par contre tout est toujours bien présenté, les végétaux ne sont là que pour apporter une touche de couleur, peut-être un soupçon de goût, le fameux « umami » dont je ne saurais vous parler, mes papilles ne sont plus capables de le déceler.

En boisson, pour nous, de l’eau, du sake chaud ou froid et de la bière. On a goûté le vin japonais, pour voir… On a vu ! Les japonais, eux, se sont mis aux boissons modernes surtout les jeunes, mais les hommes restent fidèles à la bière. Leur régime qui était sans sucre ou presque est en train de s’américaniser, comme partout. Je crains que dans les années à venir, la population encore très filiforme, ne s’épaississe bien vite. On le voit déjà chez les jeunes filles, toujours en train de grignoter ou de suçoter une friandise…

Bien sûr, nous n’avons qu’une vision partielle, imparfaite des choses. Une vision urbaine et touristique. Par exemple nous ne savons pas si les japonais cuisinent encore chez eux, et ce qu’ils cuisinent. Mais je ne suis pas sûr que cela change beaucoup…

Les fruits sont vendus à l’unité, par exemple, c’est le début de la saison des fraises, les marchandes les exposent piquées sur une baguette, à l’unité, bien rutilantes et revêtues d’un glaçage… à environ un euro pièce ! cela limite la consommation !

Et puis… il y a les baguettes ! Quand on a les doigts gourds, habitués depuis 70 ans à des ustensiles pratiques, le maniement des baguettes est un exercice périlleux. La nouille devient facétieuse, elle retourne au pot d’une glissade élégante, elle devient réticente, éclabousse aux alentours, elle fugue, refuse de se laisser avaler. Concentrés sur nos baguettes qui se croisent, ne pincent plus, ou simplement le vide, le simple fait de réussir à porter à sa bouche les aliments sans trop de dégâts est déjà une victoire, le plaisir de la dégustation et de la recherche du goût est presque gâché … C’est dommage, mais on fait des progrès ! On n’a pas encore essayé les baguettes devant la table basse, assis en tailleur ! Il y a des défis qu’il vaut mieux ne pas relever … Sinon, c’est moi qui ne m’en relèverai pas !


Une bribe avec photos, c’est nouveau, ça vient de sortir dans notre blog !


























06 avril 2025

Bribes … De la spiritualité…

 


J’espérais en venant à Koya, un haut lieu du bouddhisme japonais et en logeant dans un temple, recevoir une sorte de révélation, élever mon âme, et qui sait, devenir un bodhisattva voire une réincarnation… J’espérais, moi le mécréant, toucher du doigt la spiritualité, m’imprégner de mystères qui me sont inaccessibles… Mais non ! Rien de tout cela ne s’est produit ! Le temple est maintenant dédié à ses marchands, qui font acte de commerce lucratif en proposant à prix d’or, il faut bien redorer les statues de Bouddha, des chambres traditionnelles, bien propres certes, mais avec les commodités collectives. Ma spiritualité s’est abaissée au niveau d’un futon dur, dur de s’en relever ensuite ! Nous croyions partager les vertueux repas des moines, mais apparemment notre niveau de réservation ne correspondait pas à ce statut. Nous nous sommes contentés, comme le commun des mortels d’aller dîner dans un restaurant ordinaire qui nous a régalés de façon ordinaire. Cet accueil mercantile nous a détourné de la cérémonie matinale, mettant ainsi à mal notre louable quête de spiritualité. Mécréant je suis, mécréant je reste, mais peut-on l’être si l’on se targue d’être aussi un peu spirituel ?

Koya-Nara-Himeji

 




    Une demi-journée de retraite spirituelle à Koya a suffi non pas à nous convertir, mais à faire le tour de la ville et de ce qu’il y a à voir : Des temples et surtout un immense cimetière logé dans une forêt. Les stèles sculptées y sont moussues et innombrables. D’après les guides plus de 200 000 tombes s’y trouvent, certaines très récentes,



car il fait bon être le plus près possible du sanctuaire sacré dédié au fondateur du lieu. Nous avons fait la longue balade, belle mais un peu monotone, par un temps plus que frais et avec des parapluies mis à disposition dans le temple-hôtel.

Il y avait aussi un bel ensemble de temples et sanctuaires dans la petite ville essentiellement dédiée au tourisme, religieux ou pas. Car il y a beaucoup de monde et peu de vrais pélerins. Le train, le funiculaire puis le bus qui nous y ont amenés étaient bondés ! Nous étions tellement serrés, que dans la cohue, Françoise a dû faire une fausse piste sans valider sa sortie… Sa carte IC, notre porte-monnaie électronique qui nous permet de prendre les bus, les métros, certains trains sans prendre de tickets, ne fonctionnait plus… Un employé a pris le temps, au retour moins bousculé, d’arranger cela en nous faisant payer ce que l’on devait !

Nous sommes ensuite allés à Nara, une jolie ville, elle aussi très touristique. L’attraction, à part le temple au graaaand Bouddha,

est le parc qu’il y a autour et les daims semi-sauvages qui s’y promènent en liberté. Ils font la joie des familles et amusent aussi beaucoup de plus grands. Nous avons pris plaisir à visiter le très joli jardin Isuen.






    Ces jardins japonais sont une merveille, je les adore. Mais, amateurs de nature sauvage, passez votre chemin ! Ici, tout est pensé, travaillé, domestiqué au service d’une esthétique raffinée. Chaque point de vue est une composition artistique. Nous avons fait la tournée des temples, sanctuaires, et une longue promenade dans le grand parc. Je dois avouer que j’ai bien du mal à les distinguer les uns des autres et encore plus à retenir leurs noms ! Les structures se ressemblent beaucoup et on ne s’en souvient que par leur environnement… En plus, ici, la grande pagode à cinq étages était en réfection, recouverte d’un sarcophage, qui la cachait entièrement. Nara fut une halte plaisante que nous avons quittée pour une courte étape à Himeji.


    C’est une ville célèbre par son château blanc, une magnifique construction de bois. Les japonais se pressent pour le visiter. Nous avons, nous aussi, pris place dans la longue procession, acheté nos billets, puis suivi le flux qui progressait lentement d’étage en étage. Du coup, l’intérieur ne présente que peu d’intérêt.

C’est en visitant le jardin Koko-en, que Françoise, bien malgré elle, a provoqué un attroupement empli de compassion : Elle a trébuché, n’a pas réussi à se rattraper et a fini à plat ventre, brutalement. Elle a réussi dans sa chute à protéger son téléphone, rassurez-vous, il est intact, mais malheureusement pas son visage. Un œil au beurre noir, boursouflé, rouge, la paupière, le nez et la pommette écorchés, les séances de selfies sont repoussées sine die ! Elle se soigne avec les moyens du bord, compresses et paracétamol, je crois qu’il n’y a pas grand-chose à faire … De toute façon, elle ne veut pas consulter !

Le voyage continue… Nous avons pris le Shinkansen pour arriver ce matin à Takamatsu, une ville de l’île de Shikoku. Une ville qui paraît plaisante, nous y avons déjà visité un …  parc ! Immense et très beau. Françoise a fait très attention où elle posait les pieds, ne pouvant utiliser ses lentilles, elle a repris ses lunettes qui ne lui offrent pas la même vision du monde.

On vous donnera de ses nouvelles bientôt, c’est promis !


























03 avril 2025

Bribes ...

 

 Un petit restau à Kawaguchiko

C’était le seul à proximité de l’hôtel, alors on l’a choisi… Comme il est seul, il est très couru ! Le premier soir, on arrive vers 19 h00, il est plein, on attend dehors en compagnie d’un couple de jeunes américains. On attend longtemps, il fait froid. Des tables se libèrent à l’intérieur, mais on ne nous fait pas entrer. Enfin, on nous fait signe et l’on tente de nous expliquer : ll n’y a plus de riz, que des nouilles… Bon, on se passera de riz ! En fait ils n’avaient plus rien, que des soupes de nouilles, excellentes d’ailleurs. Nous sommes les derniers clients avec les américains qui sont très en colère. Nous on finit de siroter notre saké et on demande à quelle heure il faut venir le lendemain pour déguster les plats appétissants que l’on avait vu défiler depuis notre extérieur glacial.  Ils ouvrent à 17h00 ! C’est un peu tôt pour nous, le lendemain on se pointe à 18h00. Les serveuses nous accueillent à bras ouverts, avec force remerciements de bien vouloir revenir, malgré notre déception d’hier. (Je fais une interprétation libre, de toutes les politesses, excuses, et phrases avec un mot d’anglais surgissant parfois !) . Nous mangeons très bien, goûtant un peu de tout, d’excellents sashimis variés, des tempuras et la fameuse soupe soba aux nouilles épaisses et au chapeau de légumes frits… avec du vin japonais ! Le troisième jour, on arrive la petite salle est presque pleine, mais les serveuses ravies de nous voir encore revenir nous dénichent deux places au comptoir. Ce soir on veut faire plus léger, on prend un plat à partager et la soupe dont on ne lasse pas. J’attends, mais ma soupe n’arrive pas… Je hèle la serveuse, qui se confond en excuse, alerte le cuisinier, ou croit l’alerter, car un moment plus tard, toujours pas de soupe, alors que, visiblement le cuisinier était inactif. La serveuse, une nouvelle fois appelée, se morfond, nous amène de petits en-cas pour nous faire patienter et, enfin, me sert triomphalement ma soupe tant désirée. Quand nous partons, au moment de payer, celle qui parle le mieux l’anglais et c’est beaucoup dire, nous demande quand nous allons partir. Quand on lui dit que nous quittons Kawaguchi, le lendemain, elle s’éplore, nous fait signe d’attendre et revient avec un petit sac plastique… C’est un cadeau ! On s’en va avec une haie d’honneur, tout le personnel nous dit merci, au revoir, à bientôt, bon voyage, et j’en passe. Le sac contenait une petite bouteille de saké et une autre de liqueur de prune une spécialité locale. Les deux avaient bien au moins la valeur de notre dernier repas ! Alors pure gentillesse ou façon élégante d’effacer un sentiment de culpabilité ? En tout cas je suis très content qu’elle ait choisi de m’offrir du saké plutôt que de se faire hara-kiri !

01 avril 2025

Kyoto


 

Lac Shojiko

  Nous avons quitté le mont Fuji et ses cinq lacs sous la pluie et un temps glacial. Nous avions prévu le dernier jour d’effectuer un circuit en bus, avec des arrêts le long des lacs propices à la balade. Nous avons fait notre tour en bus, sommes descendus boire un café, avons attendu le suivant et y sommes restés jusqu’au bout ! Par les vitres ruisselantes, on distinguait parfois un bout de lac, des coins de forêts, des impressions de montagnes… Tout cela ressemblait à une estampe japonaise un peu délavée… 

Kyoto, la belle ville, nous attendait au bout du Shinkansen, le train rapide qui nous y a amenés en un temps record. Gare immense, évidemment on s’y est perdu… A l’arrivée on a laissé nos valises dans un « coin lockers » une consigne automatique. Elles s’alignent par centaines, mais il faut parfois chercher longtemps pour en trouver de libres. Nous sommes allés visiter un temple le Sanjusangen-do. Une énorme structure de bois abrite une collection de plus de mille statues, toutes différentes, alignées en une impressionnante parade. Les photos étant interdites, il vous faudra faire un détour par Kyoto pour les admirer ! C’est au retour que nous avons longuement cherché nos valises, traversant trois fois la gare à des niveaux différents, en en faisant le tour… Finalement, on a réussi et nous sommes allés jusqu’à notre « hôtel » qui se situe à un quart d’heure à pied de la gare. C’est un hôtel automatique : On vous envoie un message un peu avant l’heure officielle de check-in comprenant les différents codes, celui de la porte d’entrée, celui pour ouvrir la boîte qui contient les cartes d’ouverture, et le wifi…  Ça marche, à condition d’avoir un téléphone chargé et qui fonctionne ! Sinon on reste à la porte ! Il y a bien un numéro d’urgence, mais on retombe dans le même cas de figure !






Bon, Kyoto recèle des quartiers magnifiques. Malgré le froid, - on a sorti toutes les couches disponibles de nos petites valises, les cerisiers se parent timidement de rose, les camélias et les azalées sont en fleurs et parent les jardins de couleurs printanières. Ce n’est pas encore la pleine floraison mais c’est déjà très beau. Le long de la « promenade des philosophes » une superbe balade le long d’un petit canal bordé d’arbres en fleurs et émaillé de visites de temples qui se succèdent si bien que l’on a du mal à enregistrer leurs noms et leurs caractéristiques : Ils sont surtout remarquables par les jardins et les parcs qui les entourent. Des jardins soignés avec une méticulosité impressionnante : Des employés balaient la mousse avec de minuscules balayettes végétales pour ôter les feuilles et les brindilles qui pourraient gâcher la vision parfaite de ces étendues vertes. Les arbres sont soignés, guidés, taillés avec un extrême sens de l’esthétique.


 Les japonais sont fous amoureux de la nature, certes, mais une nature très domestiquée, asservie, mise au service d’une vision spirituelle. Il n’empêche, c’est beau ! Très beau même. On se promène sans se lasser… Aujourd’hui encore, d’un autre côté de la ville, assez loin du centre, d’autres temples nous ont ravis par leur jardin, l’un le Otagi Nenbutsu-ji nous a transportés dans un monde de rêve avec ses milliers de petites statues funéraires, à moitié rongées par la mousse et qui semblent émerger du sol comme une nuée de farfadets farceurs. Un autre, au magnifique parc fleuri côtoie une étonnante forêt de bambous, des bambous énormes qui pointent vers le ciel comme une forêt de lances de géants.

De la ville, nous avons vu aussi le cœur, les quartiers historiques de Gion aux maisons de bois, avec dans la foule, de fausses geishas qui se laissent volontiers photographier. Les vraies, elles, se dissimulent dans les maisons de thé réservées aux clients fortunés. Mais on peut louer des costumes et certaines américaines en particulier s’y essaient : On les reconnait facilement à leurs silhouettes, à leur démarche, très éloignées de la componction et de la dignité toute en retenue que doivent affecter les vraies. Mais comme je n’en ai jamais vues, je ne peux qu’imaginer !

Les ruelles de Gion s’ouvrent sur des places et sur un canal qui court entre elles, bordé de …cerisiers, bien sûr ! Je passe sur la foule, omniprésente dans chaque lieu d’un intérêt significatif, je passe sur les queues inhérentes, ce me semble, au mode de vie japonais. On fait la queue partout, bien rangés, aux feux rouges, sur les quais des gares, pour acheter un ticket, et malheureusement au restaurant : Il faut attendre dehors, parfois assis sur un petit banc, souvent non, que des clients sortent et laissent leur place. Ce sont de toutes petites échoppes, quelques tables, quelques places au comptoir. Les uns font plutôt des soupes udon ou soba, les autres des sushis, d’autres encore des tempuras ou des sortes de raviolis, c’est plutôt bon et bon marché, mais… il faut attendre ! Sauf à arriver à l’ouverture vers 17h30 ! C’est trop tôt pour nous, nous n’avons pas encore terminé notre journée de marche.


Demain, nous quittons Kyoto, mais nous y reviendrons. Nous partons pour Koya, une cité monastique où nous allons loger dans un temple … et mener une vie de moine, pour une nuit seulement ! Les retraites spirituelles sont un luxe inaccessible pour nous, comme les services d’une geisha !

Je pourrais écrire beaucoup, car ce voyage est riche, très riche, et la société japonaise nous surprend par bien des aspects, mais je ne voudrais pas lasser mes lecteurs… On va mettre des images, elles parleront d’elles-mêmes.

A bientôt