17 octobre 2026

fin Asie Centrale

 

 

    Une fois de plus nous avons regagné nos pénates et nos petites habitudes. Malgré le ciel plutôt bleu, l’humeur de la France est à la grisaille, une humeur sombre traversée d’éclairs de tensions et de violence…  Je ne sais si la société des pays dont nous venons vit les mêmes soubresauts, je ne le crois pas, car les régimes autoritaires qui les régissent tolèrent mal contestations et polémiques ! En voyageant on ne porte pas de jugement sur les sociétés que l’on visite, on regarde, on écoute et on passe…

 

 




    Au Kirghizistan, nous avons beaucoup échangé avec nos guides qui étaient ouverts et critiques par rapport à leur société et à leur régime. Ils ne se privaient ni de dénoncer la corruption, ni leur gouvernement et son entourage qui y étaient associés, mais leur espoir d’accéder à une démocratie à l’occidentale était plutôt à long terme. Leur population n’est pas mûre… Je ne les ai pas découragés mais commence à me demander si nos démocraties doivent vraiment rester un modèle !  Toutes ces discussions nous ont agréablement meublé le temps pendant les longs trajets parmi les travaux gigantesques qui jalonnent le parcours et vont certainement gâcher les magnifiques paysages qu’ils traversent. C’est un pays en pleine évolution, un peu désordonnée, un peu anarchique au profit d’une élite certes, mais un pays qui reste encore sauvage, authentique, avec des montagnes refuge, une culture nomade toujours présente chez chacun. Ici, tout le monde est plus ou moins éleveur, les enseignants, les médecins de ville, ont gardé, dans un recoin familial niché dans la montagne quelques têtes de bétails, quelques chevaux qu’ils confient à des bergers professionnels. C’est étrange pour nous, ce lien profond à la nature et au troupeau, source de vie et autrefois de richesse. Un pays de montagnes et de chevaux, que nous avons pris grand plaisir à visiter, à parcourir surtout en voiture, nos capacités ne nous permettant pas les treks sur nos jambes ou celles de ces fidèles alliés des hommes.





 

        L’Ouzbékistan est radicalement différent. Il est essentiellement constitué d’une immense plaine, maintenant semi désertique, voire complètement désertique. Au temps de l’URSS elle était dévolue au coton et la population était asservie à cette monoculture destructrice des ressources en eau. Le ressentiment des gens envers cette période de leur histoire est beaucoup plus fort que chez leur voisin où règne encore volontiers une certaine nostalgie de services disparus depuis… C’est un pays peuplé et le plus développé de la région. L’agriculture y est florissante grâce à l’irrigation, il y a des industries, de l’artisanat et … du tourisme ! Car les cités mythiques de la Route de la Soie attirent du monde. Venus de toute part, les touristes se pressent, s’extasient devant les murs de céramiques bleues, les coupoles et les minarets. Ils achètent les objets fabriqués sous leurs yeux, enfin presque sous leurs yeux car la majorité vient quand même d’ateliers collectifs mais locaux, qui sont beaux et réellement « fait main ». Malgré le côté « tourisme de masse » ces villes nous ont plu. Les monuments forment des ensembles uniques et cette profusion de faïences, mosaïques, dômes et coupoles fait penser aux illustrations des contes des mille et une nuits. On se surprend à guetter Shéhérazade… Mais les femmes ouzbèkes sont plutôt modernes dans les villes et le jean est plus courant que les voiles vaporeux. Nous avons vraiment côtoyé le pays profond lors de notre incursion dans la montagne, à la frontière tadjike. Là, dans un village reculé, au mode de vie ancestral, nous avons pu échanger avec nos hôtes, grâce à Google je suis obligé de l’admettre, apprécier leur façon de vivre et de penser. Les femmes s’y vêtent encore de manière traditionnelle avec leurs magnifiques tuniques colorées et cuisent le pain dans les fours en terre, ce qui n’empêche ni les réseaux sociaux, le téléphone dernier cri et le 4x4. Celui-ci, il faut le dire, est parfois hors d’âge, c’est souvent le règne de la Lada déglinguée, de voitures russes non identifiables et bien sûr de Chevrolet la marque nationale, fabriquées dans la vallée de Fergana...



 

    Je passerai sous silence notre brève incursion au Tadjikistan. Elle fut trop courte, malchanceuse et inconfortable et nous a donc laissé plutôt sur notre faim. Mais je pense que, plus encore que le Kirghizistan, c’est un pays à découvrir pour des sportifs, randonneurs aguerris ou montagnards. Nous n’y sommes plus à notre place !


     Comme à chaque retour, on revient plein d’anecdotes, d’images, de souvenirs et emplis d’une histoire que l’on a découverte. Des montagnes kirghizes peuplées de nomades et « explorées » par des expéditions russes au XIXème siècle à la légendaire route de la soie fréquentée depuis des millénaires, nous ne savions que si peu…  L’histoire du monde est complexe, nous n’en appréhendons que des fragments, voyager de façon curieuse aide à en assembler certains, à relier l’humanité et à rêver d’en découvrir d’autres ! Car, insatiables que nous sommes, nous repartirons c’est sûr, tant que nous le pourrons, en quête d’autres horizons, d’autres cultures, d’autres paysages, en quête d’ailleurs…

    Alors, à bientôt, j’espère !






 

















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