Nous voici à
nouveau dans le site magique de l’Alhambra. C’est notre troisième visite de
cette merveille, et j’appréhende un peu. Je crains de perdre mes illusions,
nous avons vu tant de belles choses depuis, je crains la foule et ses
contraintes, et puis finalement… La magie opère toujours !

Nous posons la
voiture sur l’immense parking du site, car nous logeons à Lecrin, un petit
village à une vingtaine de kilomètres au sud, et nous nous approchons de
l’entrée. Billets électroniques en poche, non, à l’écran, à l’heure indiquée,
queue quand même pour les faire valider, contrôle des passeports et des
bagages, portique de sécurité… La procédure d’entrée est longue et fastidieuse.
Ensuite, et
bien ensuite, c’est la beauté des jardins qui descendent vers les palais. Ils
sont magnifiquement entretenus ; l’eau cascade de partout, s’échappe en
filets en jets d’eau irisés. A l’heure prévue, c’est impératif, on attend à
nouveau pour pénétrer dans le saint des saint, après un ultime contrôle, enfin,
les palais Nasrides !
La finesse des
dentelles de pierres et de stuc est toujours aussi éblouissante, la richesse
des décors, du sol au plafond enchante l’œil et l’esprit. Les fenêtres en arcs
s’ouvrent sur des patios aux multiples colonnes qui laissent entrevoir d’autres
portes, d’autres jardins secrets.
Ces ouvertures somptueusement décorées qui
s’enchaînent, de plan en plan, de profondeur en profondeur, me fascinent
toujours. J’essaie de les capter, souvent en vain, dans l’appareil photo. A
défaut, j’en reste ébloui, le cœur ému de tant de beauté, de talent et de
savoir-faire.

On passe
ainsi, de salle en salle, de jardins en patios, dans une lente déambulation
émerveillée par cette profusion de richesses, cette débauche d’art. La foule
est là, on l’oublie. Finalement, le tourisme de masse, dont on fait partie, a
du goût !
Nous avons
enchaîné avec la visite de Grenade, la ville, et l’avions restreinte au
quartier de l’Albaicin, un quartier de style maure, aux ruelles pittoresques
qui plongent vers le rio Darro. A cause d’une erreur d’orientation depuis le
mirador de San Nicolas, atteint paresseusement en taxi, nous avons fait
laborieusement le tour de la colline, avant de plonger trop directement vers
les berges animées du petit cours d’eau. Eclipsées les ruelles style
médina ! Après un aperçu des belles avenues aux riches maisons du quartier
central, nos jambes lasses nous ont déposées à un arrêt de bus qui nous a
convoyés jusqu’au parking.