15 février 2020

Les Saintes






  Des saintes, il en est que certains honorent, que certains prient et adorent, mais je suis mécréant et ne fais point cela. Celles que j’ai découvertes,  je les ai aimées, simplement, admirées, car elles sont belles. Des Saintes sur lesquelles flâner, se reposer, des Saintes à parcourir… Des Saintes comme je les aime, sans miracle, ni mystère, sans béatification pontificale…


Imaginez, un bijou finement ciselé, de roches argent et de sable blond, avec une couverte d’émeraude, posé sur un lit de turquoise…C’est cela les Saintes. Des fragments d’îles, qui se découpent, s’enchevêtrent, se superposent en îlots, en criques, en collines et en plages et se découpent sur l’océan.

Les Saintes, il faut les espérer : Se lever et aller chercher le ferry en gardant l’œil fixé au ciel. Le vent va-t-il souffler les nuages qui traînent et les envoyer se déverser sur la Soufrière qui en a l’habitude ou bien les Saintes vont-elles continuer à se draper dans des voiles de pluies et de grisailles ? La réponse n’apparait qu’au bout du voyage et elle n’est pas définitive.

 Les Saintes sont changeantes, s’habillent et se déshabillent pour un rien, pour un souffle, pour un rayon de soleil.

Les Saintes, il faut les mériter : La traversée n’est pas longue depuis Trois Rivières, mais une houle bien formée fatigue le bateau en plein travers et nombre de ses passagers se taisent soudainement puis pâlissent, verdissent, avant de se répandre en sacs et lamentations.

Les Saintes, il faut les voir : Nous avons choisi nos pieds, un mode de locomotion bien pratique pour de courtes distances, négligeant les hordes de vélos électriques ou pas (surtout électriques !), de scooters électriques ou pas (surtout thermiques !), de voiturettes électriques ou pas !


Nos pieds, étant pour l’instant dépourvus d’assistance, le concept de CAE (Chaussures à Assistance Électrique) n’étant pas encore répandu, ne nous ont pas autorisés à explorer toute l’île, pourtant de taille raisonnable. De l’adorable port de Terre de Haut, nous avons gravi la colline jusqu’au Fort Napoléon qui offre, en plus de ses murailles qui n’ont jamais servi, une vue imprenable, comme le fort, circulaire, et magnifique sur l’ensemble de l’île. De là, on admire pleinement l’anse de Terre de Haut, avec son petit pain de sucre, l’îlot des Cabrits qui la ferme en partie, Terre de Bas qui se profile en arrière plan, et des criques aux couleurs changeantes, toute une palette de verts et de bleus qui se mêlent, s’épanouissent et disparaissent au gré des rayons de soleil, du vent et des nuages qui passent.


La plage de Pompierre nous a accueillis plus tard pour une baignade d’eau et de soleil. L’eau était là, mais de soleil point, il se fait parfois timide et se cache bêtement derrière un nuage. Mais on le devine, on sait bien qu’il est là, il ferait mieux de se montrer, on l’incite en lui montrant nos peaux encore pâles, qui auraient besoin de lui, de ses rayons. Il en pointe un, encore un peu diffus, puis se rétracte, se tourne ailleurs. Tant pis… On se rhabille et on rejoint l’embarcadère pour un retour légèrement plus rapide et moins chahuté.

Bribes...


A propos des guadeloupéens…

Les mises en garde avaient fleuri, parfois contradictoires: Ils ne sont pas accueillants, ils ne nous aiment pas, nous les « métros », attention aux arnaques, à la nourriture trop épicée juste pour les « métros », attention, attention… Vous feriez mieux d’aller en Martinique, eux au moins sont sympas, hospitaliers et tout et tout…

Notre séjour, malheureusement, tire à sa fin. Tous les guadeloupéens que nous avons rencontrés, avec qui nous avons eu à faire, se sont montrés, gentils, accueillants, hospitaliers, aimables, serviables. Aucun n’a essayé de nous arnaquer, de nous faire payer davantage que le prix déjà élevé figurant sur l’affichage réglementaire.

 Bien sûr, nous ne les avons pas tous rencontrés, bien sûr, il y en a certainement des malhonnêtes, des acrimonieux, des plaisantins de mauvais goût, des injurieux de nature, des mécontents, des envieux. Bien sûr, mais ceux-là, même en terre paisible de Bourgogne, dans la ville on ne peut plus paisible de Chalon sur Saône, on en rencontre, il y en a, si, si ! J’en ai vu !

Bien sûr, nous n’avons pas traîné dans les bas- fonds de Pointe à Pitre, nous n’avions rien à y faire, nous n’avons pas fréquenté les bars interlopes, les boîtes de nuit louches, les hôtels sordides, ce n’est pas notre style. Nous n’avons pas, non plus, mégoté, pinaillé sur des détails qui ne vont pas, ergoté, chicané  et tenté de faire baisser un prix fixé, nous n’avons pas critiqué, donné des conseils, émis de jugement, ce n’est pas notre genre. Je crois simplement que comme en beaucoup d’autres endroits, les gens sont d’abord aimables avec ceux qui le sont…

12 février 2020

Basse-Terre


 
   
 Depuis quelques jours nous découvrons Basse-Terre, l’autre Guadeloupe. C’est étrange, comme à quelques dizaines de kilomètres près, le climat, la végétation, le littoral, tout peut changer ! 
Ici, c’est une terre d’eau et de lave, recouverte d’une foisonnante végétation. Le terme, « luxuriante » s’y applique à merveille, il a été inventé pour elle. Depuis notre gîte, situé tout au sud, à Trois Rivières, nous commençons à explorer les environs. Son jardin tropical, riche de centaines de fleurs, d’arbustes, de plantes aromatiques aux senteurs inconnues chez nous, d’arbres qui poussent tout seuls, nous inviterait à rester au calme sur la terrasse, à contempler l’océan et les îles des Saintes qui se parent d’écharpes de brume, mais nous sommes quand même sortis de ce drôle de nid pour aller voir en dehors. La côte est magnifique. Qu’on la longe en voiture sur les petites routes en corniche, ou surtout le long des petits sentiers littoraux elle nous offre des vues à couper le souffle. Ici, point de belle plage au sable fin, mais des anses de galets enserrées de pointes de lave noire, où les vagues se fracassent en embruns miroitant au soleil. L’écrin de verdure, foisonnant, exubérant, se referme et pousse jusqu’à l’extrême bord ses palmes paresseuses, frissonnées par le vent. Le vent incessant, c’est lui que l’on entend, qui fait chanter les feuilles et crisser les bois, c’est lui qui chaque nuit amène les nuages de pluie et les dissipe au matin en brumes  et vapeurs.

Nous marchons le long des sentiers étroits et abrupts. Ils plongent soudainement dans une crique dissimulée et remontent en escaliers de roche parmi les racines géantes des figuiers maudits, des fromagers, entre des bouquets de bananiers, de palmiers et d’étranges plantes qui se parent de fleurs que l’on croirait inventées par un peintre fou. Une vasque d’eau douce, à l’issue d’un ruisseau qui cascade jusqu’à l’océan, avec, sur son bord, une pierre gravée. Là, une femme Arawak accouche dans l’eau d’un enfant millénaire. Le temps a passé, les Arawaks ont disparu, supplantés par les Caraïbes, eux- mêmes remplacés par les européens, et leurs esclaves noirs… Mais le pétroglyphe demeure et la silhouette filiforme de l’indienne invite à l’humilité, les civilisations passent, les peuples se succèdent, les cultures évoluent et pourtant l’humanité  ne change guère.


       A Trois Rivières, nous avons visité le parc archéologique et botanique. Bien modeste au plan archéologique en regard de ce que nous avons en métropole, les roches gravées ne sont pas aussi spectaculaires que Lascaux, Chauvet et autres grands sites de l’art rupestre. C’est vrai, mais elles sont le témoin d’une identité disparue et ont pour elles de se situer dans un lieu somptueux. 
La partie botanique du parc, avec un guide loquace et compétent nous a émerveillés. Nous avons fait connaissance avec de multiples arbres, plantes, dont nous avons aussitôt oublié les noms, nous avons goûté, senti, et nous sommes même teintés les doigts au roukou, la plante qui colore en rouge, apaise les morsures du soleil et des insectes et dont s’enduisaient les Caraïbes quand Christophe Colomb les a découverts. Ils furent depuis lors, les « Peaux-rouges »… et le sont restés dans les westerns, même si la peau du Sioux ou du Comanche était loin d’être rouge !

Dans la semaine qui vient, nous allons tenter d’explorer La Soufrière et ses alentours, les chutes du Carbet, et autres balades attirantes. Une petite visite aux Saintes aussi, qui sont juste en face de notre terrasse. A l’heure du Ti- punch, elles se nimbent de rose et de rouge, au gré des nuages qui les coiffent. Notre programme dépend de la météo d’abord, de nos jambes ensuite… On vous en reparlera, en images peut-être, si vous êtes sages et si les caprices d’Orange nous en laissent la possibilité !





10 février 2020

Marie Galante




      Ce matin déjà, quand nous avons quitté tôt notre premier gîte, il m’a semblé que quelques gouttes étoilaient le pare-brise. Probablement de l’eau, je n’avais pas consommé de Ti- punch sur le capot de la Clio. Sur le quai de la gare maritime la chose s’est confirmée : Il pleuvait ! 

Le bateau qui nous emmène à Marie-Galante, tape dans les vagues qui se sont creusées et soulève de grands jets d’embruns. Son dos ruisselle et les hublots noyés  ne laissent passer qu’un vague aperçu des lourds nuages noirs qui avancent front bas, droit devant nous. Le quai de Grand Bourg nous accueille avec un répit, le temps de poser nos bagages à l’hôtel Pistache et de récupérer le scooter de location. Un engin classique, à roues, dépourvu d’hélice… S’il pleut trop on pourra toujours écoper avec les casques !

 Notre première journée se passe entre éclaircies et averses. Dans la région de Saint Louis, des visions de plages merveilleuses qui se brouillent soudain sous une pluie serrée, une balade sur un joli chemin, au cœur de la mangrove, dans une végétation dense et dans un silence profond. Il y a très peu d’animaux, quelques oiseaux discrets, et deux touristes esseulés…




    Un retour au soleil, qui nous permet de sécher, le scooter est un excellent sèche-linge mobile, et de visiter les ruines d’une ancienne sucrerie…visite qui ne restera pas gravée dans le marbre, à peine dans les briques de construction de la cheminée, pourtant remarquable d’après les panneaux explicatifs !

On s’installe à l’hôtel, dans une chambre superbe qui nous offre enfin une remarquable connexion internet. Par contre il n’y a pas d’eau chaude, le système solaire est en panne… (On s’en était presque douté !) et la terrasse noyée sous les déluges intermittents.

 Mais le plaisir d’alimenter le blog et de correspondre avec la lointaine métropole vaut largement ces menus inconvénients.

07 février 2020

Guadeloupe

Nous sommes arrivés à Marie Galante et l'hôtel a une bonne connexion, je m'empresse donc de vous joindre les photos promises. 
 Nous avons une très mauvaise connexion internet et n'arrivons pas à insérer les photos soigneusement préparées à votre intention... Notre magnifique gîte souffre de quelques défauts! Nous rééssaierons plus tard... Ou demain... Ou ailleurs!



Nous sommes à la Guadeloupe ! En terre française, une fois n’est pas coutume, mais une France lointaine, exilée sous les tropiques, une France différente et exaltante.

Nous avions réservé trois points de chute, deux gites et un hôtel à Marie-Galante. Cette première semaine, nous visitons Grande-Terre depuis notre très chouette gite de Morne à l’Eau. Il est grand, confortable, possède un beau jardin tropical et une piscine : Il incite davantage au farniente sur place qu’à la découverte des environs. Mais nous savons résister à la tentation et sommes pourvus d’une insatiable curiosité. A bord de notre Clio de location, nous parcourons les routes encombrées et tortueuses, qui nous mènent de village en village, de plage en plage, de pointe en crique, à travers les champs de cannes à sucre.  



En général, la baignade ne nous tente guère. Mais sous ces latitudes, et avec de telles plages, l’appel de l’océan est irrésistible. Même nous, nous n’avons pas résisté au charme des eaux du lagon de la porte d’Enfer  et à un moment de bronzette! Mais ensuite, pour ne pas nous laisser devenir lézards, une magnifique promenade littorale, nous a permis d’admirer, ne riez pas, le Trou de Madame Coco… Un trou où se brise la puissance de l’océan en pleurs ruisselants, suivi, une heure de marche plus loin de celui du Souffleur, bien moins impressionnant. Mais, la pointe du Souffleur, à une demi- heure encore de là, offre un magnifique spectacle. Les eaux s’engouffrent dans des cavités profondes et  jaillissent en geysers disséminés dans le cap. Les roches se noient d’embruns qui retombent en flaques chatoyantes. Le retour s'effectue par le même chemin, toujours un peu décevant après l'émerveillement de la découverte.
la pointe de la Grande Vigie

Nous espérions effectuer une excursion en bateau, sur les récifs coralliens et dans la mangrove, mais faute d’avoir réservé je crois bien que nous allons devoir nous en passer, à moins, à moins d’une défection, d’une place qui se libère, d’un hasard heureux, qui sait ? Sinon, nous nous contenterons d’un petit circuit à pied… Tant pis !
le port de Vieux Bourg
Nos premiers pas dans l’île nous ont beaucoup plu. Nous sommes toujours heureux de quitter la grisaille et les frimas chalonnais, pour savourer le climat tropical. Le ciel n’est pas immuablement bleu mais laisse suffisamment place au soleil pour que notre peau citadine crie grâce et espère un nuage salvateur. Il nous faut la protéger afin que son ton blafard de « métro » ne vire pas au rouge des « ouassous », l’écrevisse locale, maintenant importée du Vietnam ou du Bengladesh…
Restaurant à la Porte d'Enfer

le Lagon de la Porte d'Enfer

La porte d'Enfer

en route pour la Baie du souffleur




La pointe du souffleur


23 août 2019

Saint Petersbourg et la Carélie


pont ouvrant sur la Neva à St Pétersbourg


Dernier jour à St Petersbourg… Pas d’église au programme, on décide de faire l’impasse sur St Isaac, il a tant de fervents admirateurs que notre absence passera inaperçue, et nous allons visiter le palais Youssoupov, dans un quartier que nous ne connaissions pas encore. C’est à nouveau une plongée dans l’époque de Pierre le Grand et de ses successeurs. Dorures, décors, salles immenses, luxe flamboyant… 

Tout le faste d’une époque révolue ! Et un cours d’histoire, car c’est dans les petites salles intimes de ce palais, en sous-sol, que Raspoutine fut assassiné par Youssoupov , le dernier maître du palais, et un petit groupe de conjurés. On nous raconte, et c’est comme une légende des temps passés, la vie de ces personnages, des vies qui se croisent dans l’Europe de l’époque, imbues de leur petite importance et qui ne laisseront des traces que pour les amateurs de petite histoire.

Ensuite, on flâne et on s’accorde un peu de repos, car le lendemain on part pour la Carélie, très tôt. Le train tout neuf, tout beau, part d’une gare toute neuve, toute belle, qui dès l’aube, bruisse déjà d’une grande activité. La contrôleuse, dans son beau costume beige et son petit calot vérifie nos passeports et la validité de nos billets dûment enregistrés. Le train s’ébranle à l’heure pile. La voiture est large, spacieuse, les sièges confortables. C’est heureux, car le voyage est assez long et s’effectue à vitesse modérée… Quelques pointes à 115 km/h, la vitesse s’affiche sur un panneau électronique, rompent la monotonie du parcours. Le paysage défile lentement… 

La forêt s’interrompt parfois pour laisser entrevoir quelques isbas isolées, mais elle domine outrageusement. Nous arrivons à Petrozavodsk, la capitale de la Carélie, république de la fédération russe. Une ville de trois cent mille habitants disséminée le long du rivage du lac Onega, le plus grand lac d’Europe. Nous partons aussitôt en voiture pour un petit village, Kinerma, à une heure trente de route. Quinze maisons, cinq habitants, dont quatre font partie de la famille qui a décidé de faire revivre ce minuscule lieu. Là les maisons sont authentiques, toutes, certaines restaurées mais la plupart ne sont occupées que comme datchas, quelques semaines par an. 
La dame des lieux nous accueille dans son auberge et nous propose un repas carélien tout simple, son fils nous fait visiter le village en accordant une grande importance à la petite église et … on repart vivifiés par ce petit détour rural. Beau trajet sur des routes qui sinuent lentement entre forêts et lacs. Retour à Petrozavodsk. Un tour de la ville ne révèle rien de bien intéressant, la place Lénine, la place Kerov ( ?) et la cathédrale St Quelque Chose ne nous laisseront pas de souvenir impérissable. Le lendemain, on prend l’hydroglisseur pour l’île de Kiji à une cinquantaine de km. Et là, c’est la vraie découverte de la Carélie. On se rend compte de l’importance de l’eau, omniprésente, élément constitutif du pays avec la forêt. Le lac, immense, est semé d’îles de toutes tailles, toutes couvertes de forêts de pins, la partie continentale s’approche, s’éloigne, on ne sait plus où sont les rives, les îles… et l’on arrive à Kiji. Un vrai bijou !
C’est un musée de plein air, classé au patrimoine mondial et qui le mérite amplement à mon avis. (Ce qui n’est pas toujours le cas, vous l’aurez remarqué pour ceux qui nous suivent depuis longtemps !)

L’église, encore une, mais qui ne se visite pas, est tout simplement magnifique. Toute de bois, assemblée sans métal, elle élève ses vingt deux coupoles de bois de tremble au dessus de la prairie. Elle a été restaurée, mais est restée en grande partie telle qu’elle a été construite là, depuis trois cents ans. Le reste du village a été transporté et reconstruit là, à l’identique et provient de villages environnants.


 Maisons de paysans, assez aisés, car les hommes, habiles artisans, partaient l’hiver travailler à St Petersbourg où leur savoir-faire était apprécié pour la construction des palais, la pose des parquets et des lambris. Les femmes restaient seules affronter la glace et les terreurs de l’hiver, avec l’aide de l’église, bien entendu ! Nous nous sommes promenés longuement dans ce magnifique village qui domine un paysage qui l’est tout autant. Vraiment, ce fut pour nous un vrai coup de cœur, une parenthèse enchantée dans ce qui fut un très beau voyage.


Mais il faut se hâter de reprendre l’hydroglisseur, qui démarre et… tombe en panne au bout d’une minute ou deux ! On a entendu un choc sourd, a-t-il heurté quelque chose, ou une pièce s’est-elle rompue ?
 Nous ne le saurons pas, mais nous faisons machine arrière à petite vitesse. Un autre engin vient se glisser contre le nôtre et les passagers migrent d’un bateau à l’autre. Le timing était serré pour reprendre le train, va-t-on le rater ? Attendre le suivant ? Le nouvel hydroglisseur pousse ses machines, atteint et maintient la vitesse de soixante kms/heure et nous pose à bon port avec seulement quelques minutes de retard. Ivgueni nous attend dans sa Gaz déglinguée et nous attrapons sans problème le train. Un chauffeur nous attend à la gare de Saint Pétersbourg, comme prévu, elle est très loin du centre ville, et nous emmène à folle allure à l’hôtel. 
Il est pressé, de mauvaise humeur… Nous ne saurons pas car il n’a pas ouvert la bouche, n’a rien dit. Peut-être était-il muet ? Il est très tard, mais nous descendons quand même manger un morceau dans le petit restau qui nous a accueillis plusieurs fois au cours du séjour. Une dernière nuit en Russie avant de prendre l’avion, les avions qui vont nous ramener chez nous. 
Françoise rêvait de voir le musée de l’Ermitage, c’était une des justifications de ce voyage. Le musée ne nous a pas déçus, il est vraiment à la hauteur des plus beaux musées du monde, par sa richesse, la beauté des bâtiments, mais le reste du voyage a été à l’avenant. Des villes qui invitent à la visite, Moscou bien sûr, mais surtout Saint Petersbourg qui nous a ravis.  Je pense que c’est les rivières et les canaux qui lui donnent une grande partie de son charme, toutes ces eaux dans lesquelles se mirent les grandes façades … Et puis l’escapade vers la Carélie, a été comme une bouffée d’air pur, une plongée dans la nature , le point d’orgue de cette belle balade.