07 février 2020

Guadeloupe

Nous sommes arrivés à Marie Galante et l'hôtel a une bonne connexion, je m'empresse donc de vous joindre les photos promises. 
 Nous avons une très mauvaise connexion internet et n'arrivons pas à insérer les photos soigneusement préparées à votre intention... Notre magnifique gîte souffre de quelques défauts! Nous rééssaierons plus tard... Ou demain... Ou ailleurs!



Nous sommes à la Guadeloupe ! En terre française, une fois n’est pas coutume, mais une France lointaine, exilée sous les tropiques, une France différente et exaltante.

Nous avions réservé trois points de chute, deux gites et un hôtel à Marie-Galante. Cette première semaine, nous visitons Grande-Terre depuis notre très chouette gite de Morne à l’Eau. Il est grand, confortable, possède un beau jardin tropical et une piscine : Il incite davantage au farniente sur place qu’à la découverte des environs. Mais nous savons résister à la tentation et sommes pourvus d’une insatiable curiosité. A bord de notre Clio de location, nous parcourons les routes encombrées et tortueuses, qui nous mènent de village en village, de plage en plage, de pointe en crique, à travers les champs de cannes à sucre.  



En général, la baignade ne nous tente guère. Mais sous ces latitudes, et avec de telles plages, l’appel de l’océan est irrésistible. Même nous, nous n’avons pas résisté au charme des eaux du lagon de la porte d’Enfer  et à un moment de bronzette! Mais ensuite, pour ne pas nous laisser devenir lézards, une magnifique promenade littorale, nous a permis d’admirer, ne riez pas, le Trou de Madame Coco… Un trou où se brise la puissance de l’océan en pleurs ruisselants, suivi, une heure de marche plus loin de celui du Souffleur, bien moins impressionnant. Mais, la pointe du Souffleur, à une demi- heure encore de là, offre un magnifique spectacle. Les eaux s’engouffrent dans des cavités profondes et  jaillissent en geysers disséminés dans le cap. Les roches se noient d’embruns qui retombent en flaques chatoyantes. Le retour s'effectue par le même chemin, toujours un peu décevant après l'émerveillement de la découverte.
la pointe de la Grande Vigie

Nous espérions effectuer une excursion en bateau, sur les récifs coralliens et dans la mangrove, mais faute d’avoir réservé je crois bien que nous allons devoir nous en passer, à moins, à moins d’une défection, d’une place qui se libère, d’un hasard heureux, qui sait ? Sinon, nous nous contenterons d’un petit circuit à pied… Tant pis !
le port de Vieux Bourg
Nos premiers pas dans l’île nous ont beaucoup plu. Nous sommes toujours heureux de quitter la grisaille et les frimas chalonnais, pour savourer le climat tropical. Le ciel n’est pas immuablement bleu mais laisse suffisamment place au soleil pour que notre peau citadine crie grâce et espère un nuage salvateur. Il nous faut la protéger afin que son ton blafard de « métro » ne vire pas au rouge des « ouassous », l’écrevisse locale, maintenant importée du Vietnam ou du Bengladesh…
Restaurant à la Porte d'Enfer

le Lagon de la Porte d'Enfer

La porte d'Enfer

en route pour la Baie du souffleur




La pointe du souffleur


23 août 2019

Saint Petersbourg et la Carélie


pont ouvrant sur la Neva à St Pétersbourg


Dernier jour à St Petersbourg… Pas d’église au programme, on décide de faire l’impasse sur St Isaac, il a tant de fervents admirateurs que notre absence passera inaperçue, et nous allons visiter le palais Youssoupov, dans un quartier que nous ne connaissions pas encore. C’est à nouveau une plongée dans l’époque de Pierre le Grand et de ses successeurs. Dorures, décors, salles immenses, luxe flamboyant… 

Tout le faste d’une époque révolue ! Et un cours d’histoire, car c’est dans les petites salles intimes de ce palais, en sous-sol, que Raspoutine fut assassiné par Youssoupov , le dernier maître du palais, et un petit groupe de conjurés. On nous raconte, et c’est comme une légende des temps passés, la vie de ces personnages, des vies qui se croisent dans l’Europe de l’époque, imbues de leur petite importance et qui ne laisseront des traces que pour les amateurs de petite histoire.

Ensuite, on flâne et on s’accorde un peu de repos, car le lendemain on part pour la Carélie, très tôt. Le train tout neuf, tout beau, part d’une gare toute neuve, toute belle, qui dès l’aube, bruisse déjà d’une grande activité. La contrôleuse, dans son beau costume beige et son petit calot vérifie nos passeports et la validité de nos billets dûment enregistrés. Le train s’ébranle à l’heure pile. La voiture est large, spacieuse, les sièges confortables. C’est heureux, car le voyage est assez long et s’effectue à vitesse modérée… Quelques pointes à 115 km/h, la vitesse s’affiche sur un panneau électronique, rompent la monotonie du parcours. Le paysage défile lentement… 

La forêt s’interrompt parfois pour laisser entrevoir quelques isbas isolées, mais elle domine outrageusement. Nous arrivons à Petrozavodsk, la capitale de la Carélie, république de la fédération russe. Une ville de trois cent mille habitants disséminée le long du rivage du lac Onega, le plus grand lac d’Europe. Nous partons aussitôt en voiture pour un petit village, Kinerma, à une heure trente de route. Quinze maisons, cinq habitants, dont quatre font partie de la famille qui a décidé de faire revivre ce minuscule lieu. Là les maisons sont authentiques, toutes, certaines restaurées mais la plupart ne sont occupées que comme datchas, quelques semaines par an. 
La dame des lieux nous accueille dans son auberge et nous propose un repas carélien tout simple, son fils nous fait visiter le village en accordant une grande importance à la petite église et … on repart vivifiés par ce petit détour rural. Beau trajet sur des routes qui sinuent lentement entre forêts et lacs. Retour à Petrozavodsk. Un tour de la ville ne révèle rien de bien intéressant, la place Lénine, la place Kerov ( ?) et la cathédrale St Quelque Chose ne nous laisseront pas de souvenir impérissable. Le lendemain, on prend l’hydroglisseur pour l’île de Kiji à une cinquantaine de km. Et là, c’est la vraie découverte de la Carélie. On se rend compte de l’importance de l’eau, omniprésente, élément constitutif du pays avec la forêt. Le lac, immense, est semé d’îles de toutes tailles, toutes couvertes de forêts de pins, la partie continentale s’approche, s’éloigne, on ne sait plus où sont les rives, les îles… et l’on arrive à Kiji. Un vrai bijou !
C’est un musée de plein air, classé au patrimoine mondial et qui le mérite amplement à mon avis. (Ce qui n’est pas toujours le cas, vous l’aurez remarqué pour ceux qui nous suivent depuis longtemps !)

L’église, encore une, mais qui ne se visite pas, est tout simplement magnifique. Toute de bois, assemblée sans métal, elle élève ses vingt deux coupoles de bois de tremble au dessus de la prairie. Elle a été restaurée, mais est restée en grande partie telle qu’elle a été construite là, depuis trois cents ans. Le reste du village a été transporté et reconstruit là, à l’identique et provient de villages environnants.


 Maisons de paysans, assez aisés, car les hommes, habiles artisans, partaient l’hiver travailler à St Petersbourg où leur savoir-faire était apprécié pour la construction des palais, la pose des parquets et des lambris. Les femmes restaient seules affronter la glace et les terreurs de l’hiver, avec l’aide de l’église, bien entendu ! Nous nous sommes promenés longuement dans ce magnifique village qui domine un paysage qui l’est tout autant. Vraiment, ce fut pour nous un vrai coup de cœur, une parenthèse enchantée dans ce qui fut un très beau voyage.


Mais il faut se hâter de reprendre l’hydroglisseur, qui démarre et… tombe en panne au bout d’une minute ou deux ! On a entendu un choc sourd, a-t-il heurté quelque chose, ou une pièce s’est-elle rompue ?
 Nous ne le saurons pas, mais nous faisons machine arrière à petite vitesse. Un autre engin vient se glisser contre le nôtre et les passagers migrent d’un bateau à l’autre. Le timing était serré pour reprendre le train, va-t-on le rater ? Attendre le suivant ? Le nouvel hydroglisseur pousse ses machines, atteint et maintient la vitesse de soixante kms/heure et nous pose à bon port avec seulement quelques minutes de retard. Ivgueni nous attend dans sa Gaz déglinguée et nous attrapons sans problème le train. Un chauffeur nous attend à la gare de Saint Pétersbourg, comme prévu, elle est très loin du centre ville, et nous emmène à folle allure à l’hôtel. 
Il est pressé, de mauvaise humeur… Nous ne saurons pas car il n’a pas ouvert la bouche, n’a rien dit. Peut-être était-il muet ? Il est très tard, mais nous descendons quand même manger un morceau dans le petit restau qui nous a accueillis plusieurs fois au cours du séjour. Une dernière nuit en Russie avant de prendre l’avion, les avions qui vont nous ramener chez nous. 
Françoise rêvait de voir le musée de l’Ermitage, c’était une des justifications de ce voyage. Le musée ne nous a pas déçus, il est vraiment à la hauteur des plus beaux musées du monde, par sa richesse, la beauté des bâtiments, mais le reste du voyage a été à l’avenant. Des villes qui invitent à la visite, Moscou bien sûr, mais surtout Saint Petersbourg qui nous a ravis.  Je pense que c’est les rivières et les canaux qui lui donnent une grande partie de son charme, toutes ces eaux dans lesquelles se mirent les grandes façades … Et puis l’escapade vers la Carélie, a été comme une bouffée d’air pur, une plongée dans la nature , le point d’orgue de cette belle balade. 

Bribes…


De forêt et d’eau

J’aime ces lieux étranges qui hésitent entre deux réalités, ces mondes qui entremêlent les éléments, qui ne décident pas vraiment ce qu’ils sont. La Carélie est de ceux là, une terre de forêt et d’eau, de vert et de bleu en été, de vert et de blanc, l’hiver. La terre  joue avec le lac un jeu de séduction et de pouvoir égrenant ses îles et ses îlots, courbes et labyrinthes ; l’eau s’y insinue, s’y love, vient caresser la forêt que se mire en d’infinis reflets. La parade amoureuse ne s’éternise pas. Le froid jette sur l’un et l’autre sa cape de glace et soude pour un temps d’hiver le couple d’amants mutins.

L’homme a investi ces terres hostiles et attirantes à la fois. Elles étaient belles et prodigues, quand le soleil ne s’y couche que pour se reposer un instant de sa folle course, ingrates et dures quand il disparaît dans d’autres mondes, ne laissant qu’entrevoir sa lueur comme un espoir dans la nuit. Les hommes ont dansé avec l’eau et la forêt, une danse de conquête et de survie, des vies de peine et de labeur. Pour vaincre la peur, ils ont bâti des églises de bois, hautes et belles, pour se tenir droits, ils se sont accotés  à un dieu, mais au fond du cœur ils savent que leurs vrais maîtres sont le ciel, l’eau et la forêt. Dans les jours sombres et froids, au rythme lent des prières, se balancent,  les fichus des femmes devant l’iconostase, et  les crêtes des grands pins sous les rafales de vent du nord. Dans les jours sombres et froids, quand l’isba s’emmitoufle et que fume le poêle, quand rôde le loup et les vieilles légendes, les sifflets chasseurs de mauvais esprits reprennent vie auprès de l’icône révérée.

Dans ces lieux étranges où s’interpénètrent les réalités, l’homme vit sa force et sa faiblesse, il s’aide de toutes ses croyances pour écarter la peur du loup qui rôde toujours.

Terre de forêt et d’eau, la Carélie l’est encore et toujours, mais l’homme s’est trouvé d’autres refuges que les belles églises en bois souvent désertées. Comme partout, on le voit souvent prosterné, scrutant désespérément un écran tout puissant, omnipotent, omniscient.

18 août 2019

St Pétersbourg 1



Nous voilà au cœur de notre voyage, Saint Pétersbourg où nous sommes arrivés vendredi matin. A peine débarqués du train de nuit qui nous avait amenés de Vladimir, et qui a une fois de plus démontré mon incapacité à dormir dans les transports, nous avons fait un grand tour de ville en voiture. Histoire de nous offrir un aperçu de tout ce qu’il y avait à voir et à parcourir !

Et depuis, notre charmante guide, Marina, s’est évertuée à nous montrer les innombrables richesses du lieu…Il y a eu, devinez-quoi ? Mais oui, vous avez gagné ! Des églises ! Baroques, décorées à profusion de fresques, d’icônes, de mosaïques, St Sauveur du sang versé par exemple, aux bulbes multicolores sertis de mosaïques et dont l’intérieur n’est qu’une immense mosaïque, Notre dame de Kazan, très révérée, je ne sais pas exactement pourquoi, d’autres encore. Il y a eu aussi des palais, celui de Peterhof, situé à une vingtaine de kilomètres de la ville. Nous y sommes allés en voiture, pour y être tôt et, parait-il éviter la foule, ce qui s’est révélé un leurre total, et revenus en hydroglisseur sur la Neva. Un palais magnifique, un peu à l’image de Versailles
que Pierre le Grand a voulu imiter en faisant bâtir ce palais. Des intérieurs immenses et somptueux et des jardins ornés de multiples fontaines et jets d’eau. Malgré la foule, la visite a été un vrai plaisir. A l’intérieur notre groupe de deux, si j’ose employer ce terme, s’est intercalé facilement entre d’autres groupes beaucoup plus importants ! Nous n’avons jamais eu à patienter, car nous avons eu là une démonstration de l’efficacité soviétique à canaliser et diriger les foules ! De salle en salle, le passage est minuté, autorisé, puis bloqué par des gardiennes à l’autorité incontestée. Chez nous cela s’appelle « vitesse régulée » pour éviter les embouteillages ou les pics de pollution sur les autoroutes. Ils ont appliqué la même technique aux flux de touristes et cela marche aussi !
Donc on a flâné longuement de manière contrôlée dans ce magnifique palais. Marina en a profité pour nous faire réviser une fois de plus la litanie des tsars et tsarines constructeurs. De Pierre le Grand, l’illustre fondateur de la ville à Catherine la non moins Grande en passant par les intermédiaires… Nom de nom ! Il faudra que je révise encore ! Mais je ne veux pas vous faire un cours d’histoire russe ici, pour ceux que cela intéresse ils trouveront certainement très facilement les renseignements ailleurs ! 
Et puis, il y a eu l’Ermitage.

 En deux fois. La première visite, une longue matinée consacrée au « vieil »  Ermitage, au palais royal. C’est là encore un immense et magnifique palais, d’abord un palais et ensuite un musée. 

Des salles et des salles, dorées, décorées, illuminées avec des plafonds à des hauteurs insoupçonnables et par ci par là, quelques Léonard de Vinci, un ou deux Caravage, un Goya qui s’égare… 

Quelques grands maîtres de la peinture italienne de la Renaissance et puis des classiques du XVIIème siècle. 









  Aujourd’hui, deuxième visite, cette fois uniquement consacrée à l’aile nouvelle du musée de l’Ermitage, le bâtiment de l’Etat Major, très bien réhabilitée, et où l’on a pu admirer des impressionnistes français, Manet est bien représenté, des Matisse, échappés de l’exposition Tchoutkine ou à demeure, des Picasso, Pissaro, Gauguin, quelques beaux Kandinski, enfin le fleuron de la peinture contemporaine. Une belle, très belle exposition !



Donc les églises, les palais, les musées, ah ! oui, j’allais oublier, il y a LA ville ! Découverte au fil de nos balades à pied, en bus ou en bateau. Pour nous, elle s’articule autour de la Perspective Nevski, une immense avenue qui la traverse. Animée, bruyante, cosmopolite, elle vit 24 heures sur 24. Des flots de véhicules, de piétons arpentent ses huit voies et ses larges trottoirs. Des orchestres jouent, des saltimbanques grimés quémandent, font de la retape pour un tour en bateau ou un magasin. 

Des vitrines de luxe attirent les touristes. Des voitures de police orchestrent ce ballet géant et veillent au bon respect des feux. L’immense majorité des automobilistes s’arrêtent scrupuleusement  aux passages piétons, qu’ils soient ou non équipés de feux. Il vaut d’ailleurs mieux pour eux qu’ils le soient car sinon, ils ont peine à trouver une brèche dans l’incessant défilé de marcheurs qui sans aucun remord bloque les files de voitures. Mais parfois, certains se lancent des défis et font ronfler leurs puissants moteurs jusqu’au feu suivant. Des motos surtout se lancent ainsi dans de brèves courses folles.
 La Nevski, c’est tout un monde ! Et puis, derrière, il y a les rivières et les canaux, tous bordés de belles façades, des parcs et des rues calmes où des hôtels feutrés occupent de riches arrière-cours. C’est une ville magnifique, d’une homogénéité incomparable. Pierre le 1er, le Grand, l’a voulu ainsi. Elle est née de son rêve et de son ambition de donner à la Russie une capitale digne de la grandeur du pays. Sa fille Elisabeth a prolongé son œuvre et Catherine II,  (La Grande) l’a finalisée. La ville, détruite à plusieurs reprises a toujours été reconstruite à l’identique… ou presque ! C’est une de leur grande spécialité !
 En fait très peu de bâtiments sont vraiment d’époque, mais c’est tout comme ! En tout cas, telle quelle, nous on l’a aimée et admirée.

Il nous reste encore une journée pour finir de la découvrir, encore un palais, sans doute une ou deux églises inexplorées, je crois qu’il nous manque Saint Isaac, inconcevable, n’est ce pas, avant notre escapade en Carélie… Nous y reviendrons, juste pour y dormir avant de nous envoler pour la France...

Aurons-nous le temps de terminer le blog avant notre retour ? Peut-être pas, mais vous aurez le mot de la fin, n’en doutez pas…




16 août 2019

L’Anneau d’or



Nous avons quitté Moscou, sans avoir le temps de l’appréhender vraiment. Deux jours et demi, pour une telle ville, c’est franchement trop court, même en s’usant les jambes jusqu’aux genoux ! Donc, mercredi on est partis en voiture (avec chauffeur…) pour faire un tour rapide de quelques villes de l’anneau d’or. Rapide, bien sûr, le voyage est court, je me répète… L’Anneau d’Or, je mets des majuscules pour faire beau, sont des villes à l’est de Moscou, qui ont servi de résidences princières et qui sont situées près de rivières. Les princes de l’époque y ont surtout fait bâtir des églises, monastères, couvents avec éventuellement une partie de résidence fortifiée, le kremlin.

Donc nous avons surtout arpenté des édifices religieux, admiré des icônes, des fresques la plupart assez récentes car tout a été restauré à maintes reprises. On s’aperçoit d’une nette différence de perception avec la France. Ici, les édifices sont vivants, ils évoluent, brûlent, renaissent, différents, agrandis, revisités. Les icônes ne sont pas les originales mais cela n’importe pas c’est la représentation, la signification qui compte et non pas une valeur historique ou attribuée par la notoriété. L’ancienneté n’a pas de valeur en soi, c’est simplement la preuve d’une grande continuité dans la dévotion apportée à un saint, à un personnage, voire à un lieu pour ce qu’il a représenté dans l’histoire. 

Bon, donc Sergueï Posad, haut lieu de dévotion, un beau monastère fortifié avec sept églises, plus des bâtiments conventuels fut le premier d’une assez longue série de notre bain de religion. La guide qui nous a pilotés de main de maître parmi les nombreux groupes    (Comme nous a plaisanté notre chauffeur, voyez-vous ici on trouve toutes les nationalités, un car de français, un autre d’allemands, deux ou trois d’italiens et … tous les autres de chinois !) donc, cette guide faisait elle-même partie de la congrégation en tant que laïc et a tenté de pimenter son discours essentiellement religieux de quelques blagues en français pour faire passer l’hostie. Puis, dans l’après-midi et le lendemain matin, Souzdal. Là, coup de cœur ! 

Une balade en bateau, nous a fait découvrir le long d’une charmante petite rivière encore toute ébouriffée de végétation sauvage, quelques uns des innombrables édifices religieux de cette petite ville. Je crois qu’il y a vingt sept églises, quatre monastères ou couvents, un kremlin… Et en plus un beau musée de plein air avec des reconstitutions d’isbas traditionnelles et … de deux églises en bois, on ne pouvait quand même pas passer à travers ! Elles étaient très jolies, nous ont beaucoup rappelé, en un peu plus simples, celles en bois debout de Norvège. 

Ce musée, nous l’avons visité seuls, le soir de notre arrivée, puis, de nouveau, le lendemain, avec la guide que l’on nous avait attribuée. Loquace, celle-ci connaissait pléthore de proverbes et citations français et nous a, une fois de plus, ressassé les dynasties des tsars et leurs successions chaotiques pour ne pas dire criminelles, au cours de la visite de quelques unes des églises du village. Mais nous avons passé vraiment, un très agréable  moment dans ce village. 

Ensuite, notre chauffeur nous a récupéré et en route pour Vladimir, la capitale locale, où une nouvelle guide nous accueille pour nous faire visiter la ville, dont le point essentiel est bien entendu l’église, qui est et c’est important la plus ancienne de la région ! Ancienne par sa fondation au XIIème siècle, car elle a été, comme toutes ses consœurs, incendiée par les Tatars, les Mongols, les Polonais ou les Suédois, (Qu’est ce qu’ils ont eu comme ennemis, ces pauvres russes tout au long de leur histoire !) et rebâties à moultes reprises. 

A Vladimir, après cette ô combien intéressante visite, nous avons eu un long temps mort, avant de prendre le train de nuit qui nous a emmené à Saint- Petersburg. Quatre heures à tuer le temps dans une ville de province sans grand charme. Une galerie marchande qui ne nous inspire pas vraiment, boire un café, une bière et puis… Et puis c’est tout juste si l’on n’a pas visité une nouvelle église, comme ça, en flânant, l’air de rien…Mais non, on a résisté à la religiosité ambiante et on a attendu… Car, comme chacun le sait, attendre fait partie du voyage !

Alors, vous aussi, vous attendrez, un peu, beaucoup, passionnément… pour voir la suite de notre périple et bien sûr le clou du voyage, presque le bouquet final : St Petersburg ! C’est pour bientôt…