25 mars 2026

Oran- Tlemcen- Ain Sefra

 




    Notre voyage commence et déjà nous sommes dans le pays, immergés et ravis ! Nous avons quitté Alger et fait la connaissance de Faysel, notre chauffeur et guide qui va nous accompagner dans notre périple. Nous nous sommes tout de suite sentis en pleine confiance avec lui. Charmant, amical, c’est un passionné de son pays, plein de connaissances et d’anecdotes qui nous font paraître courts même les longs trajets en voiture.

    Nous avons fait étape à Oran, une grande et belle ville, riche de son passé tumultueux : Cité et place forte espagnole, il en reste murailles, forteresse et églises, d’une courte occupation ottomane avant celle française qui a laissé bâtiments administratifs, maisons et infrastructure routière. Bref, de quoi visiter et nous laisser emporter par la faconde du guide local Abdel, un ami de Faysel. Grâce à eux, on ne devrait plus rien ignorer de l’histoire de la ville, mais il est difficile de retenir ne serait-ce qu’une partie de cette avalanche d’informations. Car on visite, on découvre, puis on va manger, boire un café ensemble et la discussion continue, s’élargit, on échange des points de vue, on refait le monde, on voit l’actualité un peu différemment. C’est vraiment intéressant.



Certaines choses sont encore fermées, les fêtes de l’Aïd se prolongent en petites vacances en familles, du coup on va manger chez le turc du coin qui, lui, en profite pour faire des affaires ! On parle de Camus, l’oranais, Abdel lui a composé des circuits touristiques dédiés, de Pouillon, un architecte français qui a construit toute une infrastructure touristique, genre Le Corbusier, dans les années 70. On va visiter une de ses réalisations au bord de la plage « Les Andalouses » à une vingtaine de km d’Oran. Une belle journée, malgré notre hôtel qui fut neuf il y a peu mais qui se néglige déjà.




Pour aller à Tlemcen on choisit les routes buissonnières, plus lentes mais bien plus jolies que l’autoroute. On longe un moment la côte avec des passages dignes de la Corse, avant de plonger dans une grande plaine agricole. Tlemcen est aussi une ville au passé riche.


Là c’est la culture ottomane qui domine : Le magnifique palais El Mechouar qui ressemble à l’Alhambra de Grenade en bien plus modeste, une grande et vieille mosquée au très beau demi-minaret…


Mais cette fois, le guide local, non seulement ne nous a pas passionnés, mais nous a embrouillé l’histoire et très vite lassés… On s’en serait bien passé, mais c’est une sorte d’entente, ou de contrat avec les agences qui font travailler des guides locaux. J’espère que les suivants seront des copains de Faysel, je crois que ce serait un gage de qualité et de bonne entente.













    Ensuite cap vers le sud, sur Ain Sefra une ville connue pour sa palmeraie. C’est une oasis dans ce début de désert. Pour y aller on traverse les deux branches de l’Atlas algérien séparées par un haut plateau semi désertique voué à l’élevage de moutons et de chèvres. La route est assez longue, avec d’immenses lignes droites. La deux fois deux voies se rétrécit souvent, le vent s’obstine à cacher le goudron sous un lit de sable, il doit préférer les pistes immémoriales à ces tristes rubans gris. Faysel nous raconte ses voyageurs, ses rencontres, on lui parle un peu des nôtres, de nos voyages… La route se raccourcit au gré de nos échanges. A Ain Sefra, le Sud Hôtel nous accueille, tout simple, tout sympa. On mange dans le seul endroit ouvert, un petit estancot aux tables bancales et à l’hygiène douteuse pour un prix dérisoire. L’agence va se frotter les mains d’avoir des clients comme nous, on ne lui coûte pas cher !



On va voir des gravures rupestres sur une paroi rocheuse située juste après une jolie palmeraie, à une dizaine de km d’Ain Sefra. Un endroit peu connu, il ne figure sur aucun guide, mais aux belles gravures de divers animaux. Des graffitis plus récents ont donné lieu à une savoureuse anecdote de Faysel. Je vous la raconterai dans une bribe. Ensuite nous sommes allés au cirque Ain Ouarka, un site volcanique magnifique dont il reste le lac de cratère aux eaux tièdes et salées, des résurgences de sources chaudes soufrées et surtout un cirque de roches aux couleurs étonnantes. 




    On s’y promène en toute liberté avec les quelques algériens qui profitent de la beauté du lieu.


Enfin retour près de la ville, pour visiter, Faysel y tenait, un hôtel réhabilité construit par Pouillon en 1972. La restauration est magnifique, c’est un lieu, juste au pied des dunes qui mérite une halte.

Un couscous sur le toit de notre hôtel où est aménagée une tente berbère finit dignement cette belle journée. L’Algérie profonde, celle du sud et des confins du désert nous plaît encore davantage que celle des villes. On y retrouve le même accueil, la même gentillesse générale, et quel paysage ! Pour les amoureux du désert que nous sommes je pense que nous allons être comblés.






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