15 avril 2025

Kyoto le retour

 


    He, oui ! Nous sommes de nouveau à Kyoto ! Après la petite étape rafraîchissante et très satisfaisante de Matsue, nous avons replongé dans la grande et ô combien belle, métropole de Kyoto. Les méandres de notre programmation sont pourtant le fruit d’une longue réflexion, et, finalement, nous suivons notre road-book patiemment élaboré, avec un grand plaisir. Il alterne les incontournables et les échappées dans des lieux moins fréquentés, les sites où se presse la foule et d’autres où nous sommes tranquilles. Mais toujours le Japon nous plaît. C’est un pays complexe et magnifique. Au bout de trois semaines de voyage nous commençons à y prendre nos marques. Il n’est pas encore question de communication, mais seulement de savoir se débrouiller sans trop de difficultés pour voyager, se déplacer, manger, se repérer … Ce n’est pas si simple ! Il y aurait tant à dire que mon blog risquerait de tourner à l’essai philosophique et je risquerais de perdre mes quelques lecteurs assidus ! A Kyoto par exemple, nous maîtrisons maintenant la gare, les voyages en train, en métro, mais le bus urbain reste un grand mystère… Notre hôtel était un peu trop loin de tout, erreur de casting, et desservi par un arrêt de bus. Simple non ? Sauf que cet arrêt était triple, avec le même nom, avec des bus différents et pas dans le même sens ! Maps, notre précieux allié, y perdait son américain, les plans japonais sont du chinois pour nous, on ne sait dans quel sens les lire et les japonais, certes serviables et plutôt coopératifs, n’ont quand même pas le temps d’attendre qu’un téléphone capricieux leur traduise les questions stupides des outremers comme ils appellent les non-japonais. Pour eux c’est simple et logique. Un autre exemple : Les guides nous disent que dans telle ville il faut goûter telle spécialité, dans tel restaurant, ne pas rater telle chose… Oui, mais ! Quand on passe devant les devantures, quand elles existent, la très élégante écriture japonaise ne nous apprend pas grand-chose de ce qui se cuisine à l’intérieur ! Alors, faute de passer une éternité à décrypter chaque signe, on va à celui qui présente des images, ou même des représentations en volume de ce que l’on peut nous servir…  C’est en général plus commun, mais on comprend !

    Donc Kyoto, un court retour ! En un jour et demi très actif, nous avons visité ce qu’il nous restait à voir des plus beaux temples et jardins de cette capitale historique. Il s’agissait de lieux assez excentrés ou que l’on n’avait pas pu voir lors de notre premier séjour. En arrivant de Matsue, et un peu trop au pas de course, le Kinkaku-Ji, le pavillon d’or, magnifique temple, au milieu d’un magnifique parc mais… au milieu d’une foule dense, canalisée. Le flot humain se ritualise en lente procession, ponctuée par les inévitables arrêts selfies… Il faut prendre sur soi pour que la promenade ne devienne chemin de croix et la beauté du lieu anecdotique. Le lendemain, nous visitons trois temples ou sanctuaires : D’abord le très beau To-ji, avec une pagode à cinq étages, puis bien plus loin, à une demi-heure de train le Fushimi Inari, un vaste ensemble célèbre par ses milliers de torii. C’est impressionnant et beau, au milieu de la forêt. Nous sommes le matin, il pleut, mais il y a déjà beaucoup, beaucoup de monde. Il faut dire que c’est dimanche, les japonais se baladent en famille. Et le dernier, que je conseille à tous ceux qui voudraient visiter un jour cette ville, c’est le Gaido-Ji ! Celui-là, son accès est tellement compliqué, tellement loin de tout, que l’on s’y retrouve presque seuls. Il faut aller au bout d’un métro, après être revenu presque au centre- ville, marcher, payer relativement cher, et enfin on découvre, au pied des collines, caché dans la forêt, un bel ensemble : Des bâtiments style maison de thé, un jardin secret, une pagode très belle et un musée surprenant ici, avec de belles œuvres, classiques, des statues de Bouddha, ou des interprétations modernes de belle facture. Un endroit où l’on peut respirer tranquille !

Nous quittons Kyoto, cette fois définitivement, pour une courte étape au lac Biwa, très proche, et ensuite nous attaquons les « Alpes japonaises » avec de grandes interrogations sur la façon d’accéder aux hébergements que nous avons réservés. Pas de train, c’est sûr, peut-être des bus ? On verra ! Et on vous racontera quand on en sera partis, car pas d’internet non plus, apparemment !


































11 avril 2025

Katamatsu- Naoshima-Iya-Hiroshima

 

Takamatsu

    Je vous ai laissé au sortir du château d’Himeji, avec Françoise en piteux état. Depuis, il y a du mieux, ses éraflures superficielles cicatrisent, et son œil est clair, avec une paupière inférieure un peu déformée… J’espère que l’amélioration va se poursuivre, mais cela risque d’être assez long ! Sinon tout va bien et nous avons fait une belle étape à Takamatsu, une ville peu touristique, capitale de l’île de Shikoku, et qui possède pourtant du charme et des choses à visiter … Temple et jardin, bien entendu ! Mais son intérêt principal, pour nous, était d’être une base pour visiter la vallée de l’Iya et l’île de Naoshima. Nous voulions faire une excursion d’une journée dans cette vallée, belle, et où il y a des curiosités à voir, différentes de ce que nous connaissions. Mais le Japon, n’est pas l’Amérique du Sud où l’on trouve toujours une agence capable de vous faire faire ce que vous voulez, ici, l’offre de service est maigre. Donc pas d’excursion, mais une incursion en train sur un site de la vallée. Elle nous a offert l’occasion d’emprunter le fameux pont de liane de Kazurabachi … Si, si, il est très célèbre !

C’est un pont éphémère que les villageois reconstruisaient périodiquement, il est constitué de cordes tressées en liane de glycine et pouvait être coupé rapidement en cas d’intrusion. Bon, aujourd’hui, il est renforcé pour résister au poids des nombreux touristes qui viennent tester leur sensibilité au vertige en regardant à travers les planches espacées du plancher, la jolie rivière verte couler en contre bas.

Ce fut quand même une belle journée de campagne, par grand beau temps.


    Et puis Naoshima …une petite île où nous nous sommes rendus en ferry depuis Takamatsu. C’est une île d’art. Disons qu’elle a acquis une récente vocation artistique depuis que la fondation Benesse y a établi le Chichu Art Muséum et investi d’autres lieux, des anciennes maisons de pêcheurs réhabilitées et maintenant dédiées à l’exposition d’une œuvre. L’île par elle-même est très jolie, maisons anciennes, belle végétation…

Quant au musée c’est une œuvre d’art par lui-même. Tout est en lumière naturelle, diffusée par de savants jeux d’ouvertures, des plafonds suspendus, le tout en béton ciré. J’ai trouvé l’ensemble un peu labyrinthique et trop bétonné, mais Françoise a beaucoup apprécié. Quant aux œuvres exposées, il y a quelques Nymphéas de Monet, et surtout une surprenante et magnifique sphère de pierre, trônant en haut d’une majestueux escalier. La salle immense est construite pour et autour de cette œuvre, qui évolue au fil du jour au gré des ombres et des lumières.

Une autre salle nous propose une immersion dans un bain de lumière et des effets d’optique… Etrange et surprenant ! 

C’est après la lecture d’un roman « La barque de Masao » qu’est venue l’envie de visiter ce musée, et nous ne l’avons pas regretté ! Malheureusement, vous n’aurez aucune photo car interdiction stricte de photographier.

Ensuite cap sur Hiroshima. 


Nous avons quitté à regret notre hôtel, le Rihga Zest, qui était vraiment très bien et avons gagné en deux trains, dont le Shinkansen au nez pointu et aplati, la ville d’Hiroshima. Nous avons jeté un œil sur le dôme de la bombe, mais l’exercice mémoriel ne nous intéresse guère…Ce n’est peut-être pas bien, mais je ne me sens pas concerné… Le musée préfectoral, vanté par les guides était fermé, dommage, nous avons visité … son jardin en compensation ! Et devinez ? Mais oui, il était magnifique ! Le soir nous avons pu assister à un spectacle de Kagura.
Un art très codifié entre danse et théâtre, avec de magnifiques costumes, des percussions lancinantes et un récitatif heureusement très concis. Le spectacle est court, tant mieux, car il devient vite lassant ! La lenteur, l’extrême rigueur des gestes et des déplacements, la symbolique sous-jacente, toute cette formalité dans l’expression, nous reste assez hermétique. Et puis nous sommes allés sur l’île de Itsukushima, plus connue grâce au temple de Miyajima, avec le fameux torii flottant sur l’eau.

Vous avez certainement déjà vu cette image, hé bien vous la reverrez car nous aussi on l’a prise ! Il pleuvait, nous avons quand même pris la télécabine et le téléphérique pour nous hisser près du sommet, mais nous avons renoncé à l’ascension du Mont Misen. La vue sur la mer intérieure était bouchée par de gros nuages, nous sommes redescendus, et une pluie orageuse a éclaté dès que nous sommes rentrés à l’abri dans le ferry ! Bon timing ! Françoise a ainsi eu le temps de se battre avec la laverie automatique de l’hôtel, de la comprendre, de l’apprivoiser et d’en retirer une lessive séchée !




Après Hiroshima nous allons à Matsue, une ville où personne ne va, située sur la côte en face de la Corée. Mais elle a l’air intéressante, on y trouvera certainement un temple et un jardin à visiter, de quoi compléter la collection de goshuin de Françoise, qui commence à s’étoffer !