Les routes infinies…
J’aime, j’aime ces routes
infinies, qui vous emmène vers un ailleurs si loin à l’horizon, qu’il en
devient indéterminé, presque improbable. Des heures de ligne droite, comme un
trait dans le temps, un trait sur le monde, des routes de terres vierges,
désertiques, comme il n’en existe plus dans notre ancien monde, dans notre
vieille Europe. Des routes où les véhicules qui se croisent se font un petit
appel de phares, non pas pour signaler un radar sournois, non, simplement pour
se dire bonjour, se signaler comme un autre être humain amical, car,
curieusement, les zones désertiques rendent les hommes plus proches…
J’aime ces routes qui sont comme
des doigts tendus entre des villes lointaines, ces routes dont on ne s’échappe
pas, sinon pour se perdre à jamais. Quand on les parcourt, se réveille en moi
comme une sensation de pionnier, de découvreur. Avancer à jamais dans un
paysage qui ne change pas, ou alors imperceptiblement, avancer infiniment et
finalement se retrouver dans un ailleurs souvent étrangement semblable.
Beaucoup n’aiment pas, ne comprennent pas, préfèrent l’avion à cette lenteur,
moi non. Je ne me lasse pas, je deviendrais presque collectionneur si j’en
avais l’âme, de ces droites tracées sur notre globe…
Ma collection était finalement
limitée… Une belle route dans le Quebec et le Maine, à travers les forêts, dans
l’Est des USA, la route 50 dans le Nevada, la 91 dans l’Utah, je crois, la
route Damas- Bagdad, déserte et droite, il y a longtemps, maintenant sûrement
mal famée. Les grands espace de l’Amérique du Sud, en Argentine, au Chili ont
grandement enrichi ma collection ! La nationale 141 en Argentine, d’autres
dans l’altiplano, la panaméricaine au Chili qui s’étire dans l’Atacama… J’arrête
de collectionner, je me contente d’apprécier et de rêver, de rêver longtemps
sur ces rubans d’asphalte qui étirent le temps…
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